The Divine Comedy : il était une fois Foreverland…

Neil Hannon, le petit génie de la pop orchestrale est enfin de retour avec son onzième album, le magique Foreverland.

Suivez Neil Hannon si vous l’acceptez, il vous prendra par la main et vous emmènera tout droit à Foreverland, ce lieu mythique dont l’accès est parsemé d’embûches. Le déplacement vaut pourtant le coup, car au bout du tunnel se trouve un petit coin de paradis où les soucis s’évanouissent pour de bon et où l’on peut enfin se la couler douce.

Tout cela vous fait penser à un conte de fées ? C’est normal, c’est un peu ce à quoi ressemble la vie de Neil Hannon en ce moment. Lui interprète le prince tout en panache et Cathy Davey, sa compagne et chanteuse irlandaise, la jolie princesse. Tous deux semblent vivre d’amour et d’eau fraîche au milieu de leur charmante ménagerie au fin fond de la campagne irlandaise.

Alors que faire d’un album qui dégouline autant d’amour ? Avec un thème pareil, cela pourrait très vite tourner au mièvre, voire devenir carrément sirupeux. Et pourtant, et c’est là que Neil Hannon excelle, il arrive à prendre un sujet un peu suranné, s’en empare et le teinte de son humour redoutable et décidément très espiègle.

Avant de soupirer face à un tel étalage de bonheur conjugal, regardez-le faire le pitre dans les clips qui illustrent déjà plusieurs des morceaux de Foreverland.

Dès le titre qui ouvre l’album, Napoleon Complex, le ton est donné. Oui, Neil Hannon se rêve empereur mais c’est sûrement parce que sa petite taille le condamne à essayer à tout prix d’impressionner les autres. D’ailleurs ce n’est pas le seul moment où il s’amuse à mêler la grande histoire avec celle, plus triviale, de sa vie.

Ainsi, le titre Catherine The Great fait sûrement autant référence à l’impératrice russe qu’à la compagne du chanteur. C’est ce décalage étudié qui tout au long de l’album achève de convaincre l’auditeur que non seulement les chansons sont diablement entraînantes mais qu’elles sont aussi certainement plus profondes qu’elles n’en ont l’air. Et cela est sans compter la classe incroyable qui se dégage de titres comme To The Rescue ou encore I Joined the Foreign Legion, deux des plus beaux morceaux sur ce disque.

Au final, Foreverland, c’est un peu comme si l’on était invités à observer ce qu’il se passe vraiment après le fameux « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants », qui ne manque pas de terminer chaque conte de fée. Sans surprise, la réalité n’est pas toujours aussi rose que l’on veut bien nous faire croire, mais pour autant cela nous empêche pas d’aimer cet album un peu, beaucoup, à la folie. 

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