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Rencontre avec Birdy Nam Nam à Rock en Seine

Birdy Nam Nam revient avec un nouvel album, le cinquième, Dance or Die, qui sera disponible le 16 septembre 2016. Programmé la nuit du vendredi au festival Rock en Seine qui se tenait dans le parc de Saint-Cloud fin août, ils ont accepté de se livrer quelques heures avant leur passage, afin de nous présenter leur nouvel album. Après le départ de DJ Pone en 2014, un des membres fondateurs du groupe, Birdy Nam Nam semble se remettre sur pied en beauté, offrant au festivalier un spectacle vibrant.

 

Ce nouvel album signifie beaucoup de changements, tout d’abord l’autoproduction avec la création d’un label nommé Zipette Island. Pourquoi ce choix ? Cela vous permet-il plus de liberté ?

Lil Mike  : C’est plus de liberté, mais aussi plus de travail. C’est un choix délibéré pour faire vivre une structure qui soit la nôtre et faire grandir quelque chose qui serve nos intérêts, et donc on ne serait pas exclu de la production. Ainsi on supprime des intermédiaires. On avait aussi envie de se retrouver à trois et c’était plus simple pour nous de toute manière. Puis ça nous permet d’exprimer ce qu’on a envie d’exprimer sans détour.

 

Vous vous sentiez obligés d’aller vers un style particulier dans les albums précédents qui étaient produits par d’autres, que ce soit Yuksek, Justice ou Para One ?

Lil Mike  : Non, on les avait choisi parce que justement c’était comme ça qu’on imaginait la musique qu’on avait envie de faire. Ca paraissait être une évidence, autant qu’il est apparu comme évident que je produise le dernier parce que j’avais travaillé dans ce sens là.

 

Au niveau de l’évolution du groupe, vous êtes passés par différents stades : le scratch aux concours du DMC, un période un peu plus dance, techno ensuite… Quelle serait votre ligne directrice pour ce nouvel album ?

Lil Mike  : La ligne directrice, c’est toujours qu’il y ait du groove, que ce soit dansant. Après on assume plus nos références, qu’elles soient hip-hop, funk, même eurodance, miami bass, RnB… Enfin il y a plein de trucs différents dans cet album. En fait, la vraie différence c’est qu’on n’a pas cherché à faire de morceaux hybrides, ni à inventer un nouveau style de musique à chaque fois. On a juste cherché à faire de bons morceaux, de bonnes chansons.

 

Et le public suit ces transformations ?

Lil Mike  : Je pense qu’il y a toujours des gens qui sont déçus, il y a des gens qui nous parlent d’Abbesses alors que c’est un truc qu’on a fait au siècle dernier quasiment ! Après chacun voit les choses à sa manière. Il y a des gens qui nous ont découvert avec le premier album à une époque où ils avaient l’âge d’être marqué par un style musical, du coup ça restera à vie quelque chose qu’ils reverront avec nostalgie. D’autres qui nous auront découvert sur le deuxième, le troisième ou le quatrième, et ils resteront plus marqués par ça. Nous on se reconnaît autour d’une énergie qui paraît être reconnus aux deux précédents albums.

 

Vous avez voyagé entre Paris et les États-Unis pour donner naissance à ce nouvel album. Comment se passe la création chez les Birdy Nam Nam ?

Lil Mike  : Écoute on en avait marre d’être à Paris, et on aime bien la Californie, il fait beau tout le temps (rires) ! On avait rencontré Elliphant avec qui on avait travaillé, il se trouve qu’elle était aux États-Unis à ce moment là. Nous on tournait le premier clip, on l’a enregistrée là-bas. Ensuite on a enregistré un autre artiste qui s’appelle Broderick (ndrl Broderick Batts) dont on a utilisé la voix sur un morceau. Après ça s’est fini à Paris. Mais faire de la musique ensoleillée au soleil, ça paraît plus logique qu’au mois de novembre à Paris.

 

L’apparition de voix d’autres artistes comme Elliphant, mais aussi Mai Lan et Dogg Master, créé un certain éclectisme dans Dance or Die, c’est le résultat d’une volonté de votre part ?

Lil Mike  : Ouais toujours, nous on a la sensation d’être des artistes éclectiques parce qu’on vient du hip hop, nos rencontres sont liés à ce mouvement et on en écoute encore beaucoup. Après notre culture est aussi hyper électronique. Du coup on avait envie de continuer à exprimer toutes ces références. En plus, on avait envie pour une fois d’expérimenter : de faire des chansons, chose qu’on avait vraiment jamais faite pour le coup.

 

Récemment, on vous entendait parler du fait que vous étiez souvent considéré sous l’aspect très technique de votre musique et pas assez sur l’aspect émotionnel, c’est ce que vous voulez transmettre désormais ?

Lil Mike  : C’est entre autres l’émotion, mais surtout que les gens écoutent cette musique sans envisager la manière dont elle a été faite. Peut être plus l’énergie que l’émotion, sur des morceaux qu’ils soient plutôt techno ou RnB. L’idée c’est que les gens ne cherchent pas à comprendre comment ça a été fait.

 

Vous transmettez également un univers, notamment grâce à vos clips. Qu’est-ce que vous cherchez à exprimer dans ces nouveaux clips qui dénotent des anciens clips en animation qu’on garde en tête comme celui de Parachute Endings  ?

Lil Mike  : Dernièrement on a sorti un clip jeu vidéo, qui est fait en partie avec de l’animation. Après on avait aussi un peu envie de sortir de ce truc là…

Crazy B  : Dans le premier clip (Can’t Do Me), on voulait montrer que le groupe était à trois, bien présent. Il y avait aussi une sorte de symbolique avec la traversée du désert, l’idée de continuer. Le deuxième (Dance or Die) est quand même plus dark, ambiance Tokyo puisque ce morceau avait cet esprit là aussi. Après faire de l’animation pour faire du psychédélique, comme pour Goin In aussi après, ça marchait bien à l’époque. Je pense que le premier, Parachute Endings, est mieux que Goin In au final. Puis c’est un univers… On ne voulait pas reproduire ça, ni essayer de ressembler à ce qu’on avait déjà fait. Justement, c’est plutôt la démarche inverse.

 

Ce soir vous jouez devant les festivaliers de Rock en Seine. Vous avez des rituels avant de monter sur scène, ou même pendant vos séances en studio ?

Lil Mike  : Avant de monter sur scène, on se fait une bise. Sinon pas vraiment, à part fumer des oinjs… enfin pour ma part ! (rires)

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