Rencontre avec Clément Bazin : “Le steel-drum ne m’a jamais lâché”

Instrumentiste de Woodkid, moitié de Hijacked, Clément Bazin est un homme plein de projets. En solo, il dévoile son nouvel EP, le rythmé et mélodieux Return to Forever sorti chez Nowadays Records. A cette occasion, nous l’avons rencontré. Il nous a parlé de sa passion pour le steel-drum (percussion mélodique originaire des Caraïbes), de ses nombreux projets et de son nouvel EP. 

Tu as commencé la musique en jouant du steel-drum. Un choix d’instrument original ?

J’ai commencé cet instrument assez jeune, vers 12 ans. J’étais aux journées portes ouvertes d’une association qui s’appelle Calypsociation où il y avait des orchestres avec des steel-drum. C’est une association qui existe encore et qui fait la promotion de cet instrument. Je suis tombé là-dessus et ça m’a complètement sidéré. Je me suis inscrit très vite et j’ai commencé à en jouer dans une école de musique. J’ai fait ça pendant des années en apprenant en autodidacte et au contact d’autres musiciens.

C’est seulement après, vers 18 ans, que je me suis inscrit dans une école de jazz puis une école de musique cubaine pour apprendre plus techniquement ce que c’était que l’arrangement, l’harmonie,. En bref, pour formaliser ce que j’avais appris en autodidacte. Encore aujourd’hui, j’en joue beaucoup et je vais encore à des festivals de steel band. Le steel-drum ne m’a jamais lâché.

Comment s’est effectué ton passage vers une musique plus électronique ?

Au début, je me disais que je serais instrumentiste et musicien de groupe et d’orchestre. Dans mon école de jazz, on apprenait aussi l’improvisation et l’harmonie jazz. J’ai fait que ça pendant vraiment longtemps. Au fur et à mesure que je me suis intéressé à la production en home studio, à la manière avec laquelle tu pouvais faire de la musique dans ton coin sans être avec un groupe ou avoir à programmer des répétitions. Et surtout, je voulais écrire de la musique. Ça s’est donc fait progressivement. En plus, en tant que musicien, il y a toujours des sons que tu adores. Si tu te mets à acheter un ordinateur et un logiciel pour faire de la musique, rapidement il y a des sons que tu vas chercher à reproduire, à étoffer. C’est ce que j’ai fait au début avec des sonorités du hip-hop ou de la musique électronique anglaise que j’adorais. J’ai essayé de reproduire ça et au fur et à mesure je me suis mis à produire mes propres sons.

Comment construis-tu et composes-tu un nouveau morceau ?

En général, je pars du clavier que ce soit pour créer une mélodie ou une suite d’accords. Mon steel-drum n’est jamais très loin. J’en ai assez joué et je n’ai donc pas besoin d’être forcément derrière pour savoir ce que je pourrais jouer dessus. Je l’ai vraiment intégré au fil des années. Souvent je travaille sur une petite séquence. C’est très proche du travail du beatmaking où tu travailles sur une petite boucle, où tu cherches la petite boucle en or. Ensuite, j’étoffe autour de cette petite base mélodique ou de suite d’accords.

Tu as été instrumentiste pour Woodkid et tu as un groupe, Hijacked, avec la chanteuse Jésabel Pourquoi cette volonté de multiplier les projets ?

J’aime faire plein de choses, c’est pour moi super intéressant. Ce que je fais avec mes steel-band c’est une musique instrumentale qui n’a rien à voir avec ce que je peux faire tout seul. Ce qu’on a monté avec Hijacked c’est encore autre chose parce qu’on écrit des chansons. C’est hyper intéressant pour moi en tant que musicien et producteur de me mettre à l’exercice de la chanson alors que c’est quelque chose que je ne faisais pas avant. Dans mon format plus électronique, même si on retrouve une structure qui pourrait s’apparenter au couplet / refrain, ça n’a rien à voir avec le fait d’écrire une chanson. C’est quelque chose que j’ai envie de continuer à faire. J’aime faire des choses différentes, ça enrichit chaque projet.

Tu as fait plusieurs premières parties de Fakear, une belle expérience j’imagine ?

C’était top ! On a enchaîné cinq dates. J’ai présenté beaucoup de morceaux du nouvel EP et quelques morceaux de mon ancien EP. On était deux à ouvrir le concert de Fakear, avec Douchka, un copain du label Nowadays. On a eu un super public et des salles bien remplies où le son résonnait avec qualité.

Accordes-tu une attention particulière à soigner ton live ?

Là c’était pas évident à mettre en place sur une première partie parce que c’était court. J’ai un passé d’instrumentiste dans des groupes donc pour moi c’est important qu’il se passe quelque chose sur scène, de proposer une véritable performance instrumentiste. Être engagé dans ce que tu fais, ce n’est pas juste faire un DJ set. J’essaye vraiment d’avoir un engagement musical, d’être investi dans le jeu avec mon steel-drum. Pour ce qui est du jeu de lumière, j’essaye de le développer parce que c’est très important. Ce n’est pas juste de l’habillage. La lumière ça dit tellement chose par rapport au ressenti, à l’émotion. En plus, quand t’es un artiste qu’on connaît moins, c’est un super guide la lumière. Ça transmet beaucoup de choses.

Crédit : Flavien Prioreau
Crédit : Flavien Prioreau

Tu sors ton nouvel EP,  Return to Forever

Return to forever est composé de sept morceaux. Il sera accompagné de clips sur lesquels on a commencé à travailler. C’est un peu la continuité de certains morceaux de mon précédent EP chez With Us Records. Il a un peu cette touche mais on y trouve aussi tout ce qui s’est passé pendant ces deux ans et demi, tout ce qui a pu m’influencer. J’ai pas fait un album de techno ou de minimale mais j’ai essayé de pousser ce que je faisais jusqu’à maintenant dans mon sillon.

Comment as-tu intégré la famille Nowadays Records ?

J’ai fait deux ans et demi de tournée avec Woodkid. On a fini la tournée il y a un an et je me suis remis à faire la musique parce que je n’avais pas eu le temps du tout pendant ces deux ans et demi de tournée. Je me suis mis à composer de façon boulimique plein de sons et une fois que j’avais aligné pas mal de morceaux je me suis dit qu’il fallait trouver un label pour avancer. Le label avec qui j’avais bossé avait déjà programmé plein de sorties du coup je me suis posé. Et Nowadays est arrivé très vite. C’est un label que je suivais depuis un bon bout de temps. J’ai toujours été un grand fan de hip hop et de beatmaking et c’était vraiment ça les débuts de Nowadays. Je les ai contactés par mail en leur envoyant ma musique. Ils m’ont répondu hyper rapidement. Je suis passé les voir au studio et on a bien accroché. Je suis super content d’avoir rejoint cette équipe. C’est un label bien installé et c’est une vraie petite famille. Ça c’est donc fait très simplement.

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