ART

MURAL, l’incontournable festival montréalais de street art

Après un hiver souvent long et très enneigé, la période estivale est toujours attendue de pied ferme à Montréal. Une arrivée des beaux jours qui est synonyme d’incontournables, entre terrasses ensoleillées et festivals. Parmi eux réside MURAL, festival international de street art qui signe cette année sa quatrième édition. Retour sur cet évènement désormais incontournable pour les curieux et les accros aux oeuvres de rue.

C’est au coeur même de la ville que prends place MURAL avec des installations, des muralistes en plein travail, des oeuvres plus petites ou immenses, des expositions et bien sûr des partys. Une journée ensoleillée semble alors parfaite pour déambuler sur le boulevard Saint-Laurent, devenu marché ouvert pour l’occasion. Tous les commerçants, les restaurants et les bars du boulevard participent à cet évènement qui célèbre le street art. Et déambulation semble être un terme approprié, tant il s’agit de découvrir toutes les oeuvres en cours ou déjà terminées. Bien que des visites guidées soient proposées, il semble plus excitant de découvrir les installations et les oeuvres des muralistes au fur et à mesure. La chaleur, les odeurs, les musiques… L’ambiance très animée du boulevard Saint-Laurent, d’habitude plus paisible, enveloppe les visiteurs pendant leurs découvertes.

Une sélection d’exception et des muralistes canadiens

Bien que des artistes de plusieurs pays soient présents, MURAL s’efforce aussi de mettre en avant des artistes canadiens et québécois. À l’exemple de Hsix qui mélange graffiti et photographie. Ou encore Five Eight, peintre et muraliste montréalais, qui se démarque par ses réalisations géographiques, composées de couleurs vives. Il y a aussi Miss Teri, artiste inspirée par les contes et Marie-Antoinette, également montréalaise. Il est difficile de choisir tant la sélection du MURAL est importante et surtout de qualité. Malgré tout, la visite sera ponctuée de quelques gros coups de coeurs.

Entre « fafinettes » et sex shop feutré

Parmi ces coups de coeur, il y la toulousaine Fafi avec ces « fafinettes ». L’artiste a commencé à se faire remarquer en 1994 avec ses personnages colorés, sexy et agressifs, utilisés afin de détourner les stéréotypes féminins. En 2007 elle prend un nouveau tournant et créer un monde imaginaire nommé The Carmine Vault dans lequel ses « fafinettes » vivent dans un univers peuplé de créatures. Un monde, qui contrairement à ce que laisserai croire le choix des couleurs, ne semble pas si rose…

Fafi, MURAL, 2016 Crédit photo : page facebook de Fafi

Fafi, MURAL, 2016
Crédit photo : page facebook de Fafi

MURAL propose des oeuvres sur les murs mais aussi dans plusieurs galeries. C’est à la Station 16, toujours sur le boulevard Saint-Laurent, que la découverte frappe encore, surprend, et interroge. Ce mélange d’émotions se retrouve avec l’exploration du travail de Lucy Sparrow, artiste britannique spécialisée dans la création d’objets en feutrine. L’exposition, réservée aux adultes, est trompeuse avant même l’entrée de la galerie. L’oeuvre en question est un sex shop entièrement feutré, avec pas moins de 5 000 objets crées en feutre. Une oeuvre impressionnante et troublante, dans laquelle se trouve des magazines, des DVD, des paquets de préservatifs et autres objets qui se trouvent habituellement dans les sex shops.

Lucy Sparrow, Studio 16, 2016. Crédit photo : Myriam Bernet

Lucy Sparrow, Studio 16, 2016.
Crédit photo : Myriam Bernet

Les sentiments face à cette oeuvre à taille réelle sont mélangés. L’effet de la feutrine apporte une dimension presque innocente à ces images pornographiques et porte à interrogations. Et ainsi, la découverte continue…

À l’année prochaine MURAL !

 

 

Auteur·rice

Amoureuse de photographie, curieuse, passionnée par l'infinité du monde de l'art et aussi très intriguée par la complexité du monde politique.

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