Le choc Eurockéen remue encore Belfort

Cette année les Eurockéennes de Belfort nous ont offert à tous trois jours de pur bonheur musical, mais pas uniquement, car l’on sait tous qu’un bon festival ne se résume pas à sa programmation. Nous vous offrons ici le récit du choc eurockéen qui émoustille encore nos cœurs !

Jour 1 : Plus vite que la musique, le festival démarre en trombe

Après quelques minutes de navette, dans une ambiance déjà très festive, nous arrivons à l’entrée des Eurockéennes. C’est boisé, mignon, frais. La file est longue, mais les festivaliers avancent très vite. Une fois passée la sécurité, un grand espace s’offre à nous. Des stands de burgers d’un côté, une tente aux couleurs de Heineken, les toilettes (toujours bondés), et les scènes où se produiront ce soir des artistes que l’on adore. L’attente est à son comble.

L’air est frais, mais le soleil est au rendez-vous. Sur la plage, de l’électro-pop entraînante… Breakbot arrive. Nous nous faufilons pour être au premier rang. Au loin, on entend la fin d’une chanson des Insus (tristesse de ne pas posséder le don d’ubiquité). Qu’importe ! Nous sommes à quelques mètres de Breakbot, qui commence avec une chanson qui nous met tout de suite dans l’ambiance. La foule n’est pas trop compacte, on peut même étendre les bras pour danser. Et on danse à corps perdu ! Pour finir, Baby I’m Yours ! C’est l’été, la musique est bonne (discrète référence à Goldman et à la génération de nos parents), les Eurockéennes commencent bien.

Breakbot ©L'Épiphanographe
Breakbot ©L’Épiphanographe

Autre ambiance à la Greenroom. Le bedonnant Nathaniel Rateliff, accompagné des Nightsweats fait son show. Chapeau, grosse barbe et musique folk. « I love you. You are wonderful people », (“je vous aime, vous êtes des gens magnifiques”) répète-t-il avec emphase. Un sourire, et c’est la chanson Howling at Nothing qui s’élève dans les airs. Des accents de soul, un soupçon de folk et tout le monde ondule au gré de la mélodie. Tout en s’abreuvant de bière, le groupe rit, fait une drôle de danse de leprechaun et nous emporte, l’espace d’un instant, dans un road-trip, une cabane dans les bois, une fête de village.

Au même moment, sur la plage, Darius arrive, sourire aux lèvres. Et la musique s’élève. De l’electro posée, chaude, vibrante. Les lumières accompagnent le son, la foule suit avec bonheur. Hot Hands, Espoir, Maliblue, tant de chansons que les spectateurs, hypnotisés, suivent en chœur. Quant à nous, pelotonner au milieu de la foule, on suit, amoureux du son.

1h30. La fatigue commence à venir. Mais le clou du spectacle arrive. Vite, se presser vers la grande scène pour être devant, au plus près des barrières. On y est. Le spectacle peut commencer. Mr Oizo arrive. Pas de doute, la French Touch est encore dans le coup. Un son puissant. Unisson dans le public.Tout le monde bouge, se serre, apprécie. Il fait chaud. Une pluie bienfaisante se répand sur nos têtes pour nous soulager. Nous sommes dans un autre monde, le temps d’un concert.

Jour 2 : La soirée épique aux artistes tant attendus

La pluie (fine) continue de tomber et dépose un peu de rosée sur le nez des campeurs à leur réveil. Le temps est certes moyen, le camping un peu humide, mais ce n’est pas ça qui découragera les festivaliers. D’ailleurs, tout le monde s’accorde sur le fait que des Eurock sans pluie ne sont pas de vraies Eurock. Le nombre de tentes semble doubler dans l’après-midi, et la promiscuité avec les voisins renforce la convivialité et réchauffe les cœurs humides. En début de soirée, une belle éclaircie promet que les concerts se feront au sec, quoiqu’un peu dans la boue ! Génial !

Arrivés sur le site, direction la grande scène pour voir Beck. Rock, pop, groove réunis pour un concert incroyable. Son retour à Belfort était attendu depuis 1995, et il a ce soir-là conquit à nouveau la foule, en chantant entres autres “I’m a loser baby, so why don’t you kill me” (“je suis un loser baby alors pourquoi tu ne me tues pas”) (paroles de Loser, extrait de l’album Mellow Gold, sorti l’an dernier). Loin d’être un loser donc, Beck a assuré un concert de qualité, nous a fait rêver avec Dreams, et ne sait pas trop fait attendre avec I Won’t Be Long avant de nous faire hurler avec Sexx Laws.

Beck ©Christian Ballard/EyeLive Photography
Beck ©Christian Ballard/EyeLive Photography

Ensuite il fait presque nuit lorsque Lou Doillon gravit la scène de la Greenroom. À peine le temps d’entendre le lançinant Where To Start (extrait de l’album Lay Low, sorti en novembre dernier) que nous nous dirigeons vers La Plage pour gratter les meilleures places pour Air. Assister à un tel concert, d’un groupe aussi fabuleux que celui-là et les pieds enfouis dans le sable, on ne pouvait imaginer moment plus parfait… Et quel moment ! Au milieu de la foule, les festivaliers chantent et dansent comme des fous sur Sexy Boy, La femme d’argent, et d’autres sons de Moon Safari, leur album incontournable. A côté de nous, la joie se répand au rythme de ses chansons, tandis qu’un festivalier remue sa boîte à rythme en cadence au bonheur de ses voisins dansants. Plus loin, et au même moment Louise Attaque rock fort. Le samedi eurockéen atteint son climax, tous les festivaliers rentrent en osmose.

Plus tard, Vince Staples, le Californien qui fréquentait les mecs d’Odd Future à ses débuts ambiance La Plage tout autrement, avec sa vibe hip-hop. Après l’harmonie cool, Vince ramène son rap quelque peu énervé, son flow ultra technique et t’encanaille gangsta sur Norf Norf et Señorita.

À 1h, déjà bien satisfait de ce samedi, nous courrons rejoindre la Grande Scène pour assister à un des concerts les plus attendus de cette journée : Disclosure ! Moment electro de dingo, tout le monde dansent et planent. Difficile de rattérir après de telles émotions, heureusement la soirée continue au camping, c’est l’heure de l’apéro.

Jour 3 : Dernier jour, l’ultime euphorie

Réveillé cette fois-ci par la chaleur, le camping s’est déjà bien vidé au matin. C’est le dernier jour et l’on sent déjà une pointe de nostalgie, on regrette ses voisins partis, on se remémore les concerts des deux derniers jours. Cependant tout cela donne plus que jamais l’envie de profiter au maximum de ce dernier jour (d’ailleurs peut-être celui à la prog la plus blindée). Un sieste, une bière en main pour supporter la chaleur et c’est reparti !

Action Bronson est un des premiers à accueillir les festivaliers du dimanche. Il est tôt, le fat ginger from NY (le gros bonhomme roux de New York) attise les premières braises de la soirée et nous incite à la folie avec Actin Crazy. Celui qui mettra définitivement le feu au poudre attend que ses reufs et reuss se ramènent devant la Grande Scène. A 19h30, Nekfeu et sa team débarquent, bondissant comme des kangourous, rugissant comme des lions ! Un joyeux bazar commence alors. L’ambiance est incroyable tant Le Fennek et sa team parviennent à entraîner la foule. Au programme, siphon et pogo sur Tempête, délire sur Ma dope, chant général sur beaucoup de sons dont J’aurais pas dû, J’irais jusqu’au bout, extraits de Destins Liés, nouvel album du $-Crew, présents également. Un beau moment de partage qui finit en beauté sur On verra bien, les MC plongent dans la foule. Bref, ce qu’il fallait de fédérateur avant le match France-Islande…

Nekfeu et sa team (1995, $-Crew) ©Clémence Thiard
Nekfeu et sa team (1995, $-Crew) ©Clémence Thiard

Justement en attendant Tame Impala, le match est diffusé sur les grands écrans de chaque côté de la Grande Scène. 1, 2, 3 et 4-0 ! Les bleus nous régalent de 4 beaux buts avant même la mi-temps. La foule euphorique chante “popolopopopo” avant d’accueillir le groupe australien de génie. Ceux-ci nous régalent de leur pop psyché, acidulée et sucrée, planante et puissante. Il semble alors qu’un univers nouveau nous enveloppe tout au long de cette heure et demie de concert magique. On entre en transe au son de Let it Happen, The Less I Know The Better, et d’autres encore… Les confettis et paillettes qui inondent à plusieurs reprises le ciel ne font qu’ajouter un peu plus de magie à l’instant. Des souvenirs plein les mirettes !

À la fin de la soirée, s’enchaînent M83 et Ratatat, pour clôturer ses trois jours de musique, de partage, de bonheur, d’émotions fortes, de danse et de chant… La liste est encore longue et pourrait s’allonger de mots tous aussi positifs les uns que les autres. Ce qui est sûr c’est qu’une fois encore les Eurockéennes de Belfort ont assurées. On peut décidément compter sur eux pour réunir chaque année des artistes talentueux, dans un cadre toujours aussi chiadé, avec des stands de qualité, en plus de la quasi garantie que les choses se passeront toujours dans la bonne humeur (et ce peut importe le temps). Cette année, comme les précédentes nous avons pu savourer une musique aussi différente et variée que le sont ses festivaliers ! Nous reviendrons !

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