CINÉMAFestival de Cannes

Le come back de Mel Gibson – Blood Father de Jean-François Richet

Après Mesrine : L’instinct de mort, Jean-François Richet revient avec Blood Father pour la dernière soirée du Festival de Cannes. Mais contrairement à Train to Busan quelques jours plus tôt, cette “séance de minuit” n’avait pour seule attraction que le retour de Mel Gibson dans un rôle principal. 

Blood Father a tout l’air d’avoir été pensé intégralement pour Mel Gibson. Le film a pour vocation de remettre sur les rails sa carrière, quelque peu égarée dans des seconds rôles douteux (Expendables 3, Machete Kills). Des références évidentes sont faites à son interprète à travers Mad Max (le désert, la voiture, le fusil) et sa propre vie. Dès l’une des premières scènes, son personnage, face caméra et en gros plan, raconte son passé d’alcoolique et violent, ce qui renvoie directement aux anciens dérapages de l’acteur.

C’est donc un retour aux sources de l’image mythique de Mel Gibson que Blood Father tente de réanimer. Il faut bien avouer que cette projection nous a procuré un  plaisir non feint à le revoir brutal, faire des échappées sur les routes ou tirer sur ses ennemis en prenant une pause iconique. Mel Gibson nous prouve qu’à 60 ans, il n’a rien perdu de son charisme bestial.

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©WHY NOT PRODUCTIONS / WILD BUNCH

Mais passée cette satisfaction, le film n’en reste pas moins assez anecdotique. Dans un canevas typique de série B, il déroule son scénario balisé, totalement dénué de prise de risque et d’originalité. La mise en scène propre, mais quelconque, de Jean-François Richet ne parvient pas à insuffler une véritable tension au spectateur. Le film progresse tranquillement, mais sans réelle montée dramatique. L’évolution du personnage de Mel Gibson, en père qui doit sauver sa fille, ne semble pas pleinement aboutie, ou en tout cas pas assumée. La logique du personnage aurait dû faire terminer le film dans une violence plus rude.

Plus handicapant encore, le film n’est à aucun moment généreux avec son public. Les scènes d’actions sont réduites à leur minimum et leur réalisation ne parvient pas à transgresser le faible budget. Une courte course à moto et un combat étroit à l’arrière d’une voiture laissent un arrière goût de trop peu, et ne suffisent pas à enrayer les bâillements de la salle. Le potentiel de l’image iconique d’un Mel Gibson vieillissant n’est pas pleinement exploité.

La présence de ce Blood Father à Cannes est sans doute justifié par la seule volonté de réunir le duo de Mad Max avec George Miller. En soit le film, bien qu’honnête, ne sera certainement apprécié que lors d’un dimanche soir sur Tf1. Quant à Mel Gibson, espérons que cela suffise pour relancer sa carrière d’acteur et donner une plus grande visibilité à ses prochaines réalisations.

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