CINÉMAFestival de Cannes

Série B à paillettes – The Neon Demon de Nicolas Winding Refn

The Neon Demon est la troisième présence consécutive de Nicolas Winding Refn au festival de Cannes. Mais à chaque nouvelle tentative il semblerait que l’image à la fois sulfureuse et culte du danois s’effrite. Ce cru 2016 apparaît comme un nouveau clou planté à son cercueil.

Qu’on aime ou non son cinéma, force est de constater que Nicolas Winding Refn sait comment se servir d’une caméra. Toujours dans cette volonté de se rapprocher d’une perfection visuelle, ses plans sont composés au millimètre et éclairés minutieusement. Cette facilité déconcertante lui permet ici d’embrasser son sujet : la déshumanisation d’un être. Le monde de la mode est présenté comme froid et désincarné à l’extrême. Il faut bien reconnaître que dans un premier temps cela provoque un vrai sentiment d’étrangeté, voire de malaise. Preuve supplémentaire de son savoir faire, il arrive à accompagner visuellement le changement profond de son personnage principal, interprété par Elle Fanning. Présentée à l’origine comme un symbole de pureté et d’innocence, le film prend un malin plaisir à la souiller en l’extirpant de sa bulle de naïveté. Cette mutation démoniaque est aussi accentuée par une direction d’acteur maîtrisée.

Hélas, la nature du réalisateur ne tarde pas à refaire surface. Habitué aux éclats de violence, Nicolas Winding Refn donne l’impression de ne plus savoir faire sans. Ces scènes chocs, qu’elles soient violentes ou sexuelles (ou les deux, cf. la séquence de nécrophilie) n’apparaissent que comme une provocation puérile. On a la sensation que ce qui l’intéresse le plus désormais, c’est de choquer, de bousculer le spectateur par tous les moyens possible.

Finalement, The Neon Demon apparaît comme une série B de luxe, prétentieuse et auteurisée. L’expérience n’en est pas forcément déplaisante mais assez vaine. Le réalisateur de la trilogie Pusher est-il définitivement mort ?

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