MUSIQUE

Ibrahim Maalouf, le musicien prolifique

En septembre dernier le très prolifique Ibrahim Maalouf sortait simultanément deux albums très différents, Red & Black Light et Kalthoum, en hommage aux femmes. Pourquoi ne pas profiter de la grisaille et du froid de février pour se replonger dans ces deux opus qui ont de quoi séduire un large public grâce à une diversité toujours mélodique ?

Dans l’album Red & Black light, Ibrahim Maalouf mêle son jazz à des sonorités presque électro, qui donnent à l’opus un son assez pop, parfois presque cosmique et moderne, en hommage « aux femmes d’aujourd’hui. » Même si le format est plutôt court avec seulement huit titres, ces derniers sont assez fournis en terme de sonorités. Elephant’s tooth captive avec des harmonies qui s’enchainent au fil des changements de rythme. Le titre suivant, éponyme de l’album, est juste envoûtant et hypnotique. Escape offre une ligne mélodique pour la trompette aux accents orientaux. Pour finir l’album, l’artiste nous livre même une reprise lancinante du titre Who run the world (girls) de Queen B. Même si on a des chouchous comme Essentielles, Improbable et Red & black light, tous les titres séduisent par les mélodies innovantes et éclectiques qui sur chaque fin quand le son explose, emportent celui ou celle qui écoute. En résumé ? Du bon, du très bon, accessible même à ceux qui pourraient être rebutés au premier abord par un album entièrement jazzy.

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Kalthoum quant à lui a été composé et réalisé en hommage à la grande cantatrice égyptienne Oum Kalthoum qui a bercé Ibrahim Maalouf. Cet album, qui traduit la chanson Alf Leila Wa Leila, s’inscrit dans un jazz plus traditionnel et offre de belles nuances. Chacun des titres met en valeur la trompette grâce à l’accompagnement délicat du piano, du saxophone et de la batterie. Le morceau Introduction inaugure l’album de manière très positive par un beau solo de piano avant que ce dernier ne soit rattrapé par le reste des instruments, entre puissance et délicatesse. Ouverture II propose à l’auditeur un morceau énergique avec un jeu d’entremêlement, presque de conversation, entre les instruments qui se répondent. Movement I est un titre quant à lui plus lancinant, lent avec une trompette en majesté. Movement II fonctionne grâce à son jeu de répétitions et de successions de phrases musicales presque espiègles. Chaque morceau propose donc un univers différent avec des variations perpétuelles de rythme, ce qui donne un rendu assez éclectique.

En définitive Ibrahim Maalouf, qui avait remporté une Victoire de la Musique en 2014, propose deux albums très différents qui peuvent plaire à des publics aux préférences musicales diverses. Néanmoins, le musicien montre encore une fois sa maîtrise artistique et son talent. A travers son approche originale et contemporaine, il permet un peu plus à chaque album de faire connaitre un savoir-faire peu connu par le plus grand nombre, pour notre plus grand plaisir.

Auteur·rice

Étudiante àSciences Po Lille.

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