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Ce qu’il faut faut retenir de l’intervention de François Hollande

Après l’annonce du remaniement larvé depuis les élections régionales de 2015, le président de la République s’est exprimé à la télévision ce jeudi 11 février pour expliquer ses choix, à quinze mois de l’élection présidentielle.

Un référendum local sur le dossier Notre-Dame-des-Landes

C’est un boulet enchaîné aux pieds du Président depuis son arrivée au pouvoir, notamment avec les ministres écologistes de son premier gouvernement. Avec le retour de ces mêmes écologistes, dont la patronne d’Europe Écologie-Les Verts Emmanuelle Cosse, la question semble tranchée : un référendum local doit avoir lieu « d’ici octobre prochain », date à laquelle les travaux doivent débuter. « Si la population refuse ce projet, l’État en tirera toutes les conséquences », a déclaré François Hollande. Encore une façon de faire la synthèse dans un gouvernement où se côtoient les écologistes, et l’ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault, également ancien maire de Nantes, « très attaché à ce projet » selon les mots mêmes du chef de l’État.

Jean-Yves Le Drian reste en place

« La première des priorités, c’est la protection des Français. […] Vous avez pu remarquer que les ministres en charge de la sécurité n’ont pas changé, et ont même été renforcés ». Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, élu début janvier à la présidence de la région Bretagne, reste donc bien en place, malgré l’interdiction de principe édictée par François Hollande en début de quinquennat, de cumuler une fonction ministérielle et la présidence d’un exécutif local. Jean-Yves Le Drian avait, durant la campagne régionale fin 2015, indiqué qu’il resterait à son poste « tant que le président de la République le jugera nécessaire ». L’exception risque donc de durer jusqu’en 2017.

La révision de la Constitution passera par le Parlement

La victoire étriquée du gouvernement à l’Assemblée Nationale sur le texte incluant l’état d’urgence et la déchéance de nationalité dans la Constitution n’a pas échaudé le Président, qui reste « confiant » pour voir passer cette réforme au Parlement, avec une majorité des 3/5e. Le référendum n’est donc pas à l’ordre du jour, même si la situation peut changer, puisque le texte doit encore passer au Sénat, où il sera très vraisemblablement modifié, avant de revenir à l’Assemblée nationale.

« Emmanuel Macron n’est pas un personnage classique dans la vie politique  »

François Hollande a également pris quelques minutes pour défendre son ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, qui a déclaré simultanément au vote à l’Assemblée de la révision constitutionnelle, qu’il ne pensait pas « qu’on traite le mal en l’expulsant de la communauté nationale ». Une sortie qui avait particulièrement irrité Manuel Valls. Mais François Hollande a maintenu son soutien à son protégé, le plaçant même, si ce n’est au-dessus, en dehors de la mêlée par cette phrase : « Emmanuel Macron n’est pas un personnage classique dans la vie politique  ». Un poulain pour 2017 ?

Sur la primaire de la gauche

Sur 2017 justement, David Pujadas et Gilles Bouleau ne sont pas passés à côté de l’évidente question sur la présidentielle, et plus particulièrement sur la primaire de la Gauche. « Les partis ont le droit de s’organiser comme ils le souhaitent. Mais moi ce que j’ai à faire, c’est diriger le pays. […] Je prendrai ma décision quand le temps sera venu. Ce temps n’est pas encore venu », a déclaré le président de la République, qui compte bien être président « jusqu’au bout ».

« Vous pensez que nous sommes obsédés par la candidature », à l’élection présidentielle a-t-il continué. « Je ne suis pas dans le calcul », a conclu François Hollande. Il n’y pense donc pas en se rasant. En tous cas pas encore.

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