CINÉMA

Carol, ode à l’amour

Carol a été dévoilé lors du dernier festival de Cannes en mai dernier. Sur la Croisette, le film a beaucoup fait parler. Les saisons passent et nous voilà en janvier. Carol se dévoile dans les salles obscures et s’impose comme un film lumineux.

Lumineux d’abord, grâce à sa réalisation. Todd Haynes livre un superbe tableau d’un peu moins de deux heures, feutré, élégant. On découvre un New-York des années 1950, austère et froid mais chaleureux grâce aux personnages. Chaque plan nous rapproche un peu plus des deux actrices, de leurs esprits, de leurs sentiments, de leur intimité. Si Carol est si lumineux, cela tient surtout à leurs prestations. Cate Blanchett est plus gracieuse que jamais. A chaque fois qu’elle porte à sa bouche une cigarette, elle pourrait devenir l’égérie d’une marque de tabac tant la classe et le désir sont résumés en un geste. Sa voix grave devient toute nuancée et sensuelle au contact de Rooney Mara. La jeune actrice livre une prestation toute en délicatesse d’une femme fragile lorsqu’elle est seule, forte lorsqu’elle est amoureuse. Le duo fonctionne à merveille et porte le film au 7ème ciel de l’émotion, de l’amour et du désir. Là où Carol est un bijou, c’est lorsque le film croise les genres. Il est tour à tour Thelma et LouiseKramer contre Kramer et La vie d’Adèle. Sans imiter aucun des trois, il semble s’inspirer de chacun. Carol est beau, Carol est fort, Carol tient toutes ses promesses. Cela n’a rien d’un film de bobo ou d’un conte érotique chic pour les pensionnaires du XVIe arrondissement de Paris. C’est un film sur l’amour, sur les femmes, sur l’amour entre les femmes, aussi. Allez-y.

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