CINÉMA

A chaque mois son thème : (le) baiser au cinéma

Février et sa fameuse Saint-Valentin semblaient être une bonne excuse pour parler d’amour, de sexe et de ce geste si souvent accompli devant la caméra : le baiser ! Amoureux comme amical, le baiser suppose le rapprochement des corps et le partage du cadre entre deux personnages, mais au-delà de ces personnages c’est aussi un grand moment pour tout acteur. Élégant, tendre, sauvage ou même gênant, le baiser se décline de diverses manières à l’écran et ces quelques textes chercheront à vous en donner un aperçu. 

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© 1983 – Bac Films – Furyo

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© 2004 – Metropolitan FilmExport – Birth

Le « moment baiser » au cinéma, c’est un peu ce moment d’explosion devant lequel je m’exalte un instant. Ce qui est sûr c’est qu’il y a un « avant » et un « après » baiser. Ce moment-là peut me faire passer de la plus grande impassibilité à une fébrilité extrême en une fraction de seconde. Pourvu que des lèvres s’effleurent, et l’esprit bascule ; alors le film change de dimension. L’image  « baiser » se substitue au dialogue en proposant elle-même un discours ; elle est l’image intense du film puisqu’elle peut canaliser à elle seule une multitude de sentiments en ne montrant qu’un geste, doux ou brutal. – Clémence Thiard

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Mon Roi – Studio Canal

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Mr Nobody – Pathé Distribution

Le souffle coupé, le corps crispé sur son siège. Le baiser sur écran nous transperce, il nous plonge tout entier dans l’intimité des personnages. Il est doux et innocent chez les deux jeunes adolescents Némo et Anna dans Mr Nobody, alors que ces deux-là cherchent à ralentir le temps afin de savourer encore un peu leur amour et remettre à plus tard l’heure de leur séparation. Mais il peut également être passionné comme dans la relation intense et destructrice qui unit Tony et Georgio dans Mon Roi de Maïween. – Alénice Legoux

Mulholland Drive - Universal Pictures

Mullholland Drive – Universal Pictures

Les Valseuses - Pathé Distribution

Les Valseuses – Pathé Distribution

Une caresse, un premier baiser, un énième, langoureux, vif ou discret, parfois même une main qui chatouille un collant ou qui défait une ceinture ; le cinéma, c’est souvent un lieu rêvé, fantasmé voire même romantique. Mais si les vrais fétichistes du cinéma, c’était les réalisateurs. Un film, un objet intriguant pour y réaliser ses plus gros fantasmes. Alors pourquoi pas sans prétention, à deux, mais entre deux femmes et pas n’importe lesquelles : Naomi Watts et Laura Harring ; un baiser avant de baiser. Et quitte à baiser, autant le faire à plusieurs. Comme le dit l’adage, plus on est de fous, plus on rit. Une règle qu’Isabelle Huppert n’oubliera pas de sitôt après une première fois à 4 dans Les Valseuses, avec Gérard Depardieu, Patrick Dewaere et Miou-Miou. Quant à nous, allons au cinéma, au moins pour un baiser. – Antoine Delcours

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Mullholland Drive – Universal Pictures

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La vie d’Adèle – Pathé Distribution

Le baiser au cinéma, ou comment porter la tension sexuelle à l’écran ? Le baiser c’est la traduction concrète et physique d’un sentiment psychologique et abstrait. Un geste, un mouvement qui nous échappe quand nous sommes pris dans un vertige de l’amour. Notre corps nous trahit et, lentement, nous plongeons paradoxalement dans l’âme de l’autre par le truchement de sa bouche. Le baiser est le symbole de l’incompréhensible tension de nos désirs. C’est à cette complexité psychologique que Lynch rend hommage dans Mullholland Drive. Si le geste sublime la pensée chez Lynch, il en est un tout autre rapport dans La Vie d’Adèle de Abdellatif Kechiche. En effet, cette œuvre fantasmagorique, le corps agit seul et annihile la pensée. Les corps se tirent et s’attirent, se font et se défont, s’enlacent et se lassent  dans le lent tourbillon de la vie. – Hugo Prevel

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Avatar – Copyright Twentieth Century Fox France

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Spider-man – Copyright Columbia TriStar Films

Le cinéma, comme tout art de la narration, est composé de codes, de passages obligés. Le baiser en est un bel exemple. Si ces codes perdurent et se consolident avec le temps, c’est bien parce qu’ils touchent à quelque chose de fondamental en nous. Pour le spectateur une relation amoureuse ne sera pas réellement fondée si elle n’est pas formalisée par une scène de baiser. Ce simple moment permet l’ancrage émotionnel du public envers l’histoire qui lui est raconté. Comme tout code narratif, on peut jouer avec, le transcender, lui donner un nouvel aspect. Que ce soit avec un visuel alternatif (à l’envers comme dans le Spiderman de Sam Raimi) ou à travers l’utilisation de technologie révolutionnaire (la performance capture pour Avatar de James Cameron) le symbolisme du baiser reste le même, celui de l’aboutissement de la relation amoureuse. – Nicolas Renaud

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Love – Wild Bunch Distribution

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Titanic – Twentieth Cenutry Fox France

Le baiser au cinéma… celui-ci peut prendre tellement de formes et d’aspects différents. Parfois c’est celui qu’on attend, parfois, c’est celui qu’on n’attend pas, et tous deux peuvent rendre des films « mythiques » (comme par exemple la scène au devant du ponton dans Titanic). Rappelons qu’auparavant les scènes de baisers n’étaient pas ce qu’elles sont maintenant. Elles étaient même longtemps interdites aux États-Unis (soumis à la censure du code Hays), et c’est aujourd’hui que l’on peut se rendre compte de cette évolution flagrante où les scènes de sexe prennent parfois une importance majeure (je pense ici à La vie d’Adèle d’Abdellatif Kechiche et à Love de Gaspar Noé). Le baiser au cinéma est devenu presque aussi fréquents que baiser au cinéma. Mais quoi qu’il en soit ces scènes sont toujours traitées de différentes façons, surprenante ou non, et c’est ce qui fait la magie du cinéma. – Noa Coupey

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Mulholland Drive, David Lynch © Universal Pictures

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Mulholland Drive, David Lynch © Universal Pictures

Dans Mulholland Drive, on se souviendra du baiser fiévreux et passionnée entre la blonde Naomi Watts et la brune Laura Elena Harring. A travers ce long échange hallucinée et ténébreux, David Lynch nous emmène aux bords de ce que le cinéma nous offre de plus hypnotique et mystérieux. Cette séquence trouve son écho dans la suite du film, Lynch représentant avec un certain génie l’Idéal caché au sein du pouvoir onirique des êtres humains. Les deux baisers fonctionnant en complémentarité et en diptyque composent un sombre et complexe tableau de la psyché humaine. Quand le surréalisme rencontre l’essence du désir, place donc à l’érotisme étalée et à la sensualité fantasmée. – Lisha Pu

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