Les éclats électroniques de Faroe

Guitariste des groupes caennais Concrete Knives et SAmBA De La mUERTE, Corentin Ollivier joue en solo avec son projet Faroe. Il vient tout juste de dévoiler Words, un premier EP bercé de mélodies électroniques intimes et envoûtantes.

Originaire d’Angers, ce jeune prodige de 26 ans a commencé sa carrière musicale au sein du groupe The Dancers. Au moment où cette aventure angevine s’arrête, il rejoint l’équipe caennaise des Concrete Knives, puis quelques années après celle des excellents SAmBA De La mUERTE.

On y retrouve l’élégance électronique d’un SAmBA De La mUERTE, explorée ici plus en profondeur, plus précise. On perçoit aussi l’atmosphère downtempo et cosmique d’un SOHN ou d’un James Blake, ici plus sereine, sans jamais tomber dans la lourdeur. Au gré des cinq titres de son premier EP, Words, les différentes textures musicales se mêlent avec beauté à la voix hypnotisante et limpide de Corentin, alliant suavité et une rythmique, parfois plus énergique, parsemée de percussions. Introspectif, cet album plonge dans l’intimité d’une construction de soi, d’un corps fragmenté à recomposer.

Gracieux, l’EP s’ouvre sur A Lot Better Now, instant de délicatesse électronique. On y découvre une voix puissante et limpide, des chœurs qui lui répondent au loin. Son synthé vaporeux et délicat enlace avec une tendresse presque céleste ses boucles vocales aériennes, offrant une entrée en matière pleine de douceur. La délicatesse gagne en puissance, le rythme en intensité. L’épique Heal déploie sa course cadencée de claquements impétueux.

Avec Feel the need Faroe joue sur la fragmentation du rythme. Avec adresse, il allie des passages voluptueux, bercés par un piano envoûtant, à des coupures plus rythmées où se percute son phrasé hip-hop.

Si la boite à rythme et le clavier ont pris de l’importance dans le projet Faroe, Corentin n’oublie pas sa guitare dont les sonorités saillantes se font entendre, particulièrement sur Quiet.  Sur ce morceau, il nous entraîne au cœur de boucles électroniques  harmonieuses percées de silence et de douceur. Quiet progresse doucement et s’achève sur une course cavalante qui nous transporte jusqu’à celle de Blast, ultime morceau de l’EP. L’impétueuse course se poursuit avec une amorce totalement hypnotique. Les samples envoûtants se mêlent à la voix profonde et ensorcelante du chaman Corentin. Avec finesse, il continue à manier l’art du contraste en coupant ses envolées vocales avec des sonorités plus rugueuses et épaisses. Dans ce final, il installe un jeu d’ombre et de lumière musical. La construction de soi qui se déploie dans tout l’EP, gagne ici en consistance, en maturité. Un sentiment de plénitude s’observe à l’horizon, sur le rivage. Blast finit par exploser et offre un final qui nous emporte dans les abîmes, laissant émerger les puissantes îles Faroe.

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