Musique en bref

abdalmalik1Abd Al Malik – Scarifications

Abd Al Malik est sans aucun doute le grand oublié de ce dernier trimestre musical. Son dernier album n’a pas bénéficié d’une couverture médiatique à la hauteur de son talent. Et il en a beaucoup, vraiment beaucoup. Scarifications, sorti en novembre 2015, est une pépite de sa discographie. Après s’être complu dans une maîtrise du slam indéniable, l’artiste revient à son premier amour, le rap. Néanmoins, dans un souci d’innover, de surprendre et de se surprendre lui-même, Abd Al Malik a fait le choix judicieux de confier la réalisation de son album au prince de l’électro Laurent Garnier. L’effervescence née de la symbiose entre deux talents opposés mais pourtant immenses, a donné un résultat plus que probant. Scarifications atteint un niveau de qualité qui jusqu’ici n’a que peu de fois été atteint par la planète rap ; Laurent Garnier et Abd Al Malik ont réussi à créer des instrus novatrices et magnifiques sans pour autant se servir de samples aux allures vintage. En ce qui concerne les textes, cela en devient presque lassant de dire à quel point l’artiste maîtrise la langue française et ses moindres détails. Chaque couplet, chaque chanson est une oeuvre d’art littéraire. La force de l’auteur est d’arriver à trouver les mots justes et percutants tant dans la simplicité que dans la complexité du Français. Nous saluons donc cet excellent album que nous conseillons à toutes les personnes qui souhaitent découvrir ou redécouvrir l’étendue du talent d’Abd Al Malik.

Sofia Touhami 

SAmBA De La mUERTE – ColorsSamba-De-La-Muerte

Après plusieurs EP, le projet caennais SAmBA De La mUERTE d’Adrien (ex-Concrete Knives) est de retour avec Colors, son premier album qui sortira le 18 mars sur le label Yotanka. Il vient de dévoiler le premier extrait éponyme de cet album qui s’annonce riche en couleurs musicales et en nouveautés. Pour la première fois, SAmBA De La mUERTE lâche avec courage la langue de Shakespeare pour retourner à celle de Molière. L’écriture se fait toujours aussi fine, poétique et travaillée, s’intégrant avec élégance à l’univers musical folktronica alliant frénésies jazzy, folk, pop et arrangements aériens.

Marie-Madeleine Remoleur

Recorders_02Recorders – Coast To Coast (sortie le 19 février)

Recorders, le groupe d’indie rock bruxellois, nous a présenté en ce début d’année un album très prometteur, qui vient asseoir le savoir-faire du collectif dont on ne peut maintenant plus douter. En effet, Coast To Coast réduit à néant toutes les craintes que le public aurait pu avoir quant au talent du groupe. Si leur premier album Above The Tide avait ravi les esprits de part sa fraîcheur et les nouveautés qu’il proposait, le second album ne fait que confirmer le talent de composition des musiciens. On décrit souvent la musique de Recorders comme de l’Indie Space Rock, ce qui est tout à fait légitime. Les nouveaux titres tels que Time is a Flat Circle ou Glitch donnent une impression d’errance entre deux mondes, de voyage à travers l’espace. Les rythmes plutôt jazzy sont soutenus par une voix grave, envoûtante, à la fois fragile et maîtrisée. Le tout porte l’étiquette rock car même si l’on plane en écoutant cet opus, on est avant tout porté par l’omniprésence de riffs et d’une batterie assez agressive. Mention spéciale au solo de guitare dans Summit qui fait une transition magistrale entre la volupté lyrique et la dureté des percussions.

Sofia Touhami

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