MUSIQUE

Rencontre avec un ex-hobo – Charlie Winston

Nous avons pu rencontrer Charlie Winston avant son concert du 12 juin dernier à La Sirène, scène musicale de La Rochelle. L’ambiance était détendue et calme, un parfait contraste avant le show plein d’énergie et de nuances que nous a offert le British adoré des Français. Charlie Winston présentait donc à son public son petit dernier, l’album Curio City.

Ce n’est pas la première fois que tu joues à La Rochelle, quel lien as-tu avec ce public en particulier ?

Et bien je pense que ça a commencé avec les Francofolies en 2009, c’était la première fois que j’y venais et on m’a dit que j’étais le premier artiste voire même le seul à ne pas être français. C’était un peu bizarre, je ne sais pas pourquoi on m’a programmé, peut-être parce que les français sont fous de musique. C’est à partir de ce moment que j’ai noué cette relation avec ce public. J’aime aussi particulièrement les huîtres, je pourrais y revenir rien que pour ça ! Sinon, je suis revenu aux Francofolies après, en fait je suis venu plusieurs fois, notamment pour voir jouer mon ami Daby Touré. Cette année j’ai découvert La Sirène, qui est une superbe salle, j’y ai même fait une résidence. C’est une ville magnifique en tous cas.

Appréhendes tu de présenter ce soir votre nouvel album, qui est assez différent de ce que tu as réalisé précédemment ?

Non pas vraiment, je me sens en confiance avec cet album, j’ai pris mon temps et oui il est différent mais dans la manière dont je voulais qu’il le soit. Je ne voulais pas répéter ce que j’avais fait. J’appréhende plus si les gens disent que je fais encore la même chose, que j’essaie de faire un Hobo II. C’est ma plus grande peur. Mais je me sens très fier de ce nouvel album parce qu’il est complètement différent. Être un artiste c’est explorer des territoires inconnus et je pense atteindre mon but en explorant des choses nouvelles et être inspiré.

Quelle a été ton inspiration pour Curio City ?

J’ai écouté beaucoup de James Blake et la bande-originale de Drive et de Blade Runner… J’ai aussi écouté Lorde et Alt-J. Mon road-trip de deux mois à travers le Royaume-Uni a été aussi une vraie inspiration. Le disco punk était vraiment une inspiration aussi, comme les sons de M83. Il y a beaucoup plus de choses mais je n’arrive pas à me souvenir de plus !

Tu as produit votre dernier album : qu’est ce que cela a changé dans ta manière de travailler ?

En fait, j’ai co-produit, enfin produit d’une certaine manière Hobo et après Mark Plati est arrivé à la fin et a co-produit avec moi, mais j’avais fait la majeure partie du travail au début. J’ai vu ça comme un jeu de refaire la même chose. Néanmoins, la différence est que j’avais mon propre studio dans ma maison donc c’était juste moi et une autre personne dans ce studio pour le processus complet. J’ai adoré fermer la porte de mon studio et ne pas laisser le monde entrer. Je pense que c’était juste très simple d’enregistrer cet album : je n’avais qu’à entrer dans ce studio avec Jeff mon ingénieur son et je jouais juste comme je voulais mes chansons. Je pouvais commencer par le piano puis essayer la guitare ou mettre de côté la guitare et le piano et voire la batterie. Je pouvais faire toutes ces choses moi même : jouer de la basse, de la guitare ou du piano. J’ai cette habilité de pouvoir jouer de différents instruments. Jeff était en train de travailler sur le côté technique avec des arrangements simples et c’était une superbe expérience. C’est bien d’avoir des musiciens mais tu sais mais ils viennent pour jouer trois heures de leur instrument. Là je pouvais jouer dix minutes de chaque instrument et changer constamment, ce n’était pas un problème.

Tu as aussi produit l’album Géant de Saule. Qu’est ce qui te pousse à t’engager dans la carrière d’autres artistes ?

Je ne pense pas vouloir être juste un chanteur dans ma vie, et je ne suis pas sûr de vouloir faire ça après Curio City. Je pourrais m’arrêter après cet opus. J’aime l’idée de produire et je suis plus heureux en tant que producteur. Cela signifie que je peux rester chez moi, je suis prêt à avoir une vie plus simple. Produire, c’est aussi s’engager dans l’univers d’autres personnes. Ce que j’aime quand je travaille avec Saule c’est qu’il possède son propre univers et que je peux aller à l’intérieur et en tirer de l’inspiration. C’est la même chose avec Malo, un artiste de Caen que j’ai produis récemment, il a son univers. J’aime travailler avec les gens, c’est vraiment excitant ce pouvoir pour moi d’aider à réaliser les vues d’autres artistes. J’ai vraiment envie de faire plus de choses comme ça. Enfin, j’aurais toujours ma musique, j’enregistrerai sans doute d’autres titres mais je ne veux pas me focaliser dessus.

Tu as aussi travaillé pour le film A lullaby for Pi, peut-on en déduire que le cinéma t’attire beaucoup ?

Oui beaucoup, c’est l’autre domaine dans lequel je travaille actuellement. Je viens de terminer l’écriture d’une histoire pour un film que je vais envoyer bientôt à un « script writer » qui contient 32 scènes. J’ai aussi écrit une petite histoire que je voudrais transformer en un court-métrage. Je viens aussi de terminer la réalisation de mon clip pour le nouveau single Truth. Je pense que c’est vraiment la prochaine étape.

J’allais te demander tes prochains projets mais je suppose que tu viens de répondre à ma question…

Je suis devenu récemment impliqué avec Avaaz, un site mondialisé qui permet aux gens de s’impliquer pour des sujets comme le changement climatique, sauver les abeilles… Il va y avoir avec le sommet du G8 une énorme marche à Paris en novembre. Ça c’est la grosse partie. Je veux aider à stopper le gaspillage du plastique mondial, c’est juste fou de voir que nous sommes en train de détruire lentement notre planète. En fait, j’ai envie de faire tout ce que je peux pour aider ! J’aimerai aussi ouvrir un café « sugar free » au Royaume-Uni, parce que on peut manger beaucoup de bonnes choses sans sucre, qui est notre poison moderne ! Il est partout où on pose notre regard. C’est une vraie drogue ! J’ai arrêté et ça a été très dur, il y a des effets secondaire, on a l’impression de ne jamais avoir assez mangé alors que le sucre n’est pas de la vraie nourriture. Toutes les compagnies alimentaires le savent. J’ai aussi envie de mettre en place un festival respectueux de l’environnement qui ne serait pas situé en campagne mais en pleine ville.

Auteur·rice

Julia Coutant
Étudiante àSciences Po Lille.

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