MUSIQUE

PANORAMAS #18

Rencontre avec Boris Brejcha

Boris Brejcha

Boris Brejcha

Désolée, on est pas très présentables on vient du camping ! Et toi tu viens d’où ?

Je viens de chez moi ! De Frankfurt. J’étais en train de me relaxer à la maison. Là j’ai eu environ 3 heures de vol pour venir ici.

Tu as crée la high-Tech Minimal, comment tu peux définir ce style ? C’est un mélange de quoi ?

Quand je fais de la musique, je fais beaucoup de styles de musique. Je fais juste ce qui me vient à l’esprit. J’ai beaucoup de sons et de mélodies. Biensûr j’ai beaucoup de sons techno, de sons minimal. Mais je pense que c’est mieux de faire comme un nouveau genre : la High-Tech Minimal parce que chaque son c’est comme une aventure

Qu’est-ce que ça fait d’avoir crée un nouveau style de musique ?

A vrai dire je n’y ai pas vraiment beaucoup pensé… J’étais juste en train de le faire et c’est tout ! Mais je pense que je suis le seul à faire ce style. Personne ne l’a vraiment repris. Je veux dire, j’écoute beaucoup ce que font les autres Djs, producteurs… et ils ne font qu’une partie de ce que je fais, et ils restent dans le même style. Moi avec la hightech-minimal c’est beaucoup plus varié.

Quelles ont été tes inspirations, tes influences pour arriver à ce style ?

La plupart de mes inspirations viennent de voyages, de réunions entre amis ou d’aller au studio avec des amis… ouais différentes choses ! Mais ça peut être aussi… enfin je n’ai pas vraiment besoin de beaucoup d’inspiration. Je peux être à la maison pendant deux semaines, pas sortir et juste faire ma musique comme ça.

Du coup tu préfères être chez toi à créer tes sons ou être sur scène devant tes fans ?

C’est différent mais je suis producteur donc biensûr je préfère être dans mon studio et juste faire de la musique mais être Dj sur scène est une chose plus folle. J’aime être sur scène et voir comment les gens réagissent à ma musique. C’est vraiment drôle. Mais ouais quand j’aime composer, je vais juste dans le studio et ça vient, je joue avec les beats, j’essaye de trouver une mélodie et ouais, ça vient. J’ai une collaboration à venir mais c’est tout, je suis plus focalisé sur le développement de mon propre label. J’ai beaucoup de travail à faire car j’ai un show spécial à la fin de l’année.

Tu peux nous parler de tes futures dates ?

Pour le moment c’est ce soir Panoramas, demain Amsterdam puis je retourne en France à ? ? ?, un autre festival. Et la semaine prochaine… euh je sais pas (il se tourne vers sa copine) : qu’est-ce que j’ai la semaine prochaine ?

Tu appréhendes ce soir ? Toi qui étais déjà venu à Panoramas il y a deux ans.

Ouais il y a deux ans c’était la première fois, c’était vraiment cool. Et puis cette année contrairement à la dernière fois, c’est sur la scène principale donc c’est génial en plus je suis le dernier Dj donc j’espère que les gens resteront jusqu’à la fin (rires). En tout cas, je suis vraiment excité !


Rencontre avec Point Point

Point Point

Point Point

Vous êtes 4, qu’est-ce qui vous a poussé à faire de la musique ensemble ?

On a envie de dire l’amitié déjà. On était potes avant de faire du son. On s’est rencontrés via la musique mais avant de faire de la musique ensemble on était potes. C’est devenu naturel de faire du son ensemble en fait.

Pourquoi Point Point ?

On cherchait le nom le plus débile en fait. Y’a une petite histoire derrière, une histoire de tatouage. On voulait se faire tous le même tatouage, avant même de faire de la musique ensemble, juste pour sceller notre amitié. On est vraaaaaiment POTES. Et Nicolas qu’est pas trop tatouage, il a fallu négocier quelque chose et c’est resté sur deux points. Au début Nicolas voulais juste se faire un point, mais c’est trop discret ça sert à rien du coup voilà deux points et on a appelé ça Point Point. C’est naze hein ?

Apparemment vous voyagez beaucoup, vous composez où ?

Depuis le début du mois de mars on a enfin notre propre studio à nous à Paris. C’est l’occasion de se retrouver, avant on squattait un peu chez les potes qui avaient eux-mêmes leurs studios. Sinon on bosse beaucoup en solo chez nous et après on regroupe nos idées. C’est ça qui est cool. C’est vrai que là maintenant, ça nous permet d’avoir cet endroit à nous, de se retrouver, chacun a sa clé. Même quand y’en a un qu’est à droite, l’autre qu’est à gauche, on bosse chez nous ça revient au même. Le mec il bosse un truc il l’envoie à tout le monde, tout le monde donne son avis, c’est un échange comme ça. Pour bosser on a pas besoin de matériel en particulier.

Vous avez des styles assez variés, comment vous pourriez définir ce que vous faites ?

On peut pas surtout. C’est pas pour vous poser une colle à dire ça mais à chaque fois on nous demande quel est notre style, notre vibe, et je crois que c’est la plus grande colle qu’on nous pose. On arrive pas à définir quoi. Le seul truc, on s’dit qu’on fait un peu de la musique, on fait de la musique que nos parents ou que notre famille peut écouter. C’est un peu ça l’idée. Chacun de nous vient d’une scène un peu différente et du coup ça se mélange quoi. Sous Point Point en tout cas, si nos parents peuvent écouter notre musique en faisant la cuisine c’est bon signe. En fait on fait de la musique pour les vieux mais pour les jeunes aussi quoi. On fait surtout de la musique pour nous mais quand ça plait aux darons et quand ça plaît à ta petite sœur t’es content.

Une expérience (une date ?…) plus marquante que les autres ?

A chaque fois on s’amuse beaucoup. Sinon la chose la plus marquante c’est le commencement, c’est la sortie du morceau « Life in grey ». On s’attendait pas du tout à ce que les gens réagissent comme ça. On sort un morceau sur un soundcloud qu’a zéro followers, et on arrive à 1 500 000 écoutes. On le met juste sur notre facebook perso, même pas de fanpage, quedal, t’façon fanpage y’aurait eu zéro fan.L’effet que ça fait c’est tu te dis « pourquoi ? ». Y’a pas d’explication. Ce qui a fait que ça a marché c’est qu’on l’a fait sans vouloir que ça marche. On l’a fait juste sans réfléchir et au final quand tu fais les choses spontanément ça finit par prendre son sens. Y’avait pas de calcul quoi. Ca fait réfléchir sur les autres projets aussi. Ca permet d’avoir plus de spontanéité d’avoir un exemple comme ça, ça montre qu’il y a pas besoin de se prendre la tête.

Vous qui êtes inspirés chacun par des styles différents, est-ce que vous êtes inspirés par des artistes en particulier ?

Même si on la volonté d’avoir notre son à nous, on est obligés d’avoir des inspirations. On vient chacun de scènes différentes. Du coup on s’échange des sons, comme on a des influences différentes (hip-hop, rock, underground électronique). Pour le prochain EP, on a eu des références comme Monkey B, toute la scène post-dubstep anglaise en fait.

En parlant d’artistes, est-ce que ce soir y’a quelqu’un que vous admirez en particulier ?

Tchami. C’est la famille un peu. C’est un soutien depuis le début. Il a eu l’occasion de voir la naissance du projet, de Point Point, et nous on a vu la naissance du sien. C’est un pote de longue date. On se connaissait avant même qu’il y ai Point Point et avant même qu’il y ai Tchami. C’est ça qui est cool.

Du coup vous appréhendez le public breton ce soir ?

Non, on nous a dit souvent que du bien sur le public breton. Les bretons ils déchirent dur. Les normands aussi donc ça devrait aller.

Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour la suite ?

Réussir à payer nos loyers (rires). Nan mais on a un Ep qui sort bientôt, pour juin, enfin avant l’été quoi, on va essayer. Il est à 90 % fini, il manque plus que la finalisation et puis on vient de lancer le label donc ce que vous pouvez nous souhaiter c’est la réussite du label.


Rencontre avec Superpoze

Superpoze

Superpoze

Avant d’aller à Panoramas, on était au Carnaval de Caen, c’est quelque chose que tu dois bien connaître toi qui est caennais ?

Biensûr, biensûr j’étais étudiant à la fac de Caen donc je connais très bien.

Peux-tu nous parler de ta vie étudiante, avant de faire de la musique ?

J’étais en fac d’histoire à Caen, et j’faisais de la musique en même temps. Et puis j’ai fini par faire que de la musique !

Avec le succès, qu’est-ce que tu préfères dans ton « métier » ?

C’est un ensemble. J’ai du plaisir à m’enfermer et à faire un album et à aller faire des concerts, des collaborations, à jouer dans des groupes, à juste faire de la musique.

En parlant de collaborations, est-ce que t’en a à venir ?

Là je suis en train de travailler sur des collaborations, je les annoncerait quand elles seront finies mais ouais l’année dernière j’ai sorti un Ep avec un ami qui s’appelle Stwo, un Ep avec un projet que j’ai qui s’appelle Kuage et là je travaille sur d’autres collaborations, voilà !

En ce moment tu lâches plein de nouveaux sons sur ta fanpage facebook, pourquoi petit à petit plutôt que tout ton nouvel album d’un coup ?

Avant de sortir l’album je fais écouter des petits extraits, car l’album sort là, le 6 avril, Opening. Je donne un aperçu à mes fans !

On révise avec tes sons et ça marche !

(Rires). Ah ça c’est cool. Ca aide à la concentration ! C’est une bonne nouvelle.

Comment tu vois la différence entre le live et chez toi (pour le nouvel album) ?

Bein en fait j’ai composé cet album sans penser au live, j’voulais vraiment faire l’album et ensuite j’ai eu plusieurs réflexions sur comment le jouer, qu’est-ce qui m’intéressait de jouer. J’ai eu un peu deux envies, d’un côté faire un live électronique, vraiment solo avec machines car l’album s’y prêtait et en même temps il se prêtait à quelque chose de plus acoustique, presque piano, instruments… et pour l’instant j’ai pas développé cette partie là ; je suis encore en train de travailler sur la partie électronique et c’est un truc que j’aimerais développer, je sais pas si ça se fera mais voilà ! Mais en tout cas j’ai pas composé l’album pour le live au début. Là, dans les sets qui vont venir ça va être complètement différent tous les soirs parce que je suis en train justement d’expérimenter mes nouveaux morceaux en live, et de trouver des arrangements qui paraissent intéressants.

C’était comment ce soir ?

Le public breton est super. C’était cool. Ca a été une bonne première expérience. Ca permet de voir ce qui me plaît, ce qui me plaît moins. C’est LA première date. Ca permet de prendre beaucoup de recul sur ce qu’est intéressant. Quand tu travailles tout seul t’as pas de public et là ça permet de voir ce qui a du sens ou pas en live, et de modifier ça, de renforcer les points intéressants… Faut provoquer l’échange en fait.

Qu’est-ce qui t’attend prochainement ?

Bein là l’album sort, je part en tournée, je travaille sur des collaborations…plein de choses voilà !

Une longue tournée ?

Pour l’instant j’ai une vingtaine de dates avant l’été dont le 5 Mai à Paris à la Maroquinerie et je jouerais à Caen même si c’est pas encore annoncé.

En parlant de Caen, tu vois toujours ton pote Fakear avec toute cette médiatisation autour de vous ?

On est des potes, on fait de la musique ensemble et je dirais qu’on s’est vachement rapprochés ces derniers temps. On échange beaucoup sur nos musiques. On a un vrai passé commun, on s’est construit ensemble et on a découvert la musique électronique ensemble mais aujourd’hui on fait des musiques très différentes et c’est ça qu’est bien.

Auteur·rice

21 ans. Passionnée de cinéma et étudiante en Audiovisuel. Rédactrice cinéma et musique à Maze.

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