CINÉMA

American Sniper

A 84 ans, Clint Eastwood, revient avec son nouveau film American Sniper. A peine un mois après les attentats de Paris, sa sortie le 18 février a fait parler de lui. Après un Jersey Boys plus que moyen, le réalisateur nous raconte donc à l’écran l’histoire de Chris Kyle, le sniper le plus meurtrier de l’histoire militaire des Etats-Unis,  sous un œil on ne peut plus… américain. 

Chris Kyle, alias “la légende”, voulait devenir cow-boy, mais s’est engagé dans les Navy SEALs. Il est très rapidement devenu tireur d’élite hors pair, protégeant ses confrères en Irak. Peu à peu sa réputation lui vaut la mise à prix de sa tête pour 180 000 dollars. Mais même en danger, avec une famille inquiète, Chris retourne sur le front pour “servir son pays” et se rend compte qu’à la maison il n’est plus lui même.

American Sniper 2

22 & Indiana Pictures

Alors… Que dire ? Oui, parce que qu’on se le dise, c’est pas parce que c’est Clint Eastwood que c’est toujours bien. Non, ce film n’est clairement pas le film de l’année mais il faut dire qu’il a quand même fait plus d’un million d’entrées en France (malgré le fait que le nombre d’entrées ne désigne pas les chefs d’oeuvre, loin de là). Un Oscar pour le meilleur montage son, oui pourquoi pas, c’était peut-être histoire qu’il en reçoive un. En fait, ce film n’est pas spécialement plaisant, mais le fait est que ce n’est pas un mauvais film non plus, et ça c’est difficile à expliquer.

Par où commencer ? Tout d’abord, on a une compilation de clichés américains (la chasse, les bières, les cow-boys, la musique country, les gros nounours dans les fêtes foraines et j’en passe) et puis vient un patriotisme on ne peut plus glorifié, suivi d’une simplicité des faits. Presque tout est prévisible dans cette histoire. Le suspense ne fonctionne pas. Cependant, cela vient certainement du fait que c’est l’adaptation d’une autobiographie. C’est un récit de vie, et il n’y a pas de rebondissements phénoménaux que l’on ne peut prévoir. Cette cible, que Chris vise alors qu’elle est à 1900 mètres, c’est comme ça, on sait qu’il va la toucher. C’est ce qui fait que ce film est plus ennuyeux que captivant. Il manque cruellement de subtilité. Et c’est ça qui est dommage.

L’histoire de la guerre, on en sait peu. Tout se joue sur le comportement de notre acteur principal Bradley Cooper, sur ce qu’il ressent quand il rentre retrouver sa femme, sur son état d’esprit. Et oui, American Sniper est un biopic avant d’être un film de guerre. On remarquera que Clint Eastwood a choisi de ne pas montrer l’assassinat de Chris, survenu le 2 février 2013, bonne idée car cela ça n’aurait pas été plus efficace. Peut être que ce choix vient du fait que le procès ne s’est terminé que ce 24 février dernier seulement. D’ailleurs Eddie Ray Routh est condamné à la prison à perpétuité ; plait-il ou non, ce débat n’a rien à voir avec le film, tout comme notre point de vue sur le personnage de Chris Kyle et son nombre de victimes élevé à plus de 200.

Les points positifs dans tout ça (et oui ils existent), c’est le jeu d’acteur de Bradley Cooper, qui est vraiment bon. A noter que l’acteur a du prendre vingt kilos pour ce rôle : bluffant. Sienna Miller aussi a fait ses preuves, elle est plutôt convaincante dans le rôle de la femme de Chris. On a de belles scènes, tout de même, avec une mise en scène qui fonctionne. On a quand même une certaine intensité. Entre admiration et déception, American Sniper est très controversé cela dit, c’est un film qui se regarde aisément et qui est relativement réaliste dans ses scènes de guerre, c’est au moins une chose que l’on ne peut pas lui reprocher.

Auteur·rice

21 ans. Passionnée de cinéma et étudiante en Audiovisuel. Rédactrice cinéma et musique à Maze.

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