CINÉMA

Triste épilogue que celui du Hobbit

Les fans attendent cela depuis des années. Les affiches du Hobbit sont placardées de partout en France. Impossible de passer à côté du dernier opus. Alors, qu’est-ce que cela vaut ?

Smaug s’est bel et bien réveillé. Et du mauvais pied. Dans une scène d’ouverture impressionnante, le dragon embrase l’écran et affronte Bard, promut défenseur de Lac-Ville. De l’action, des effets spéciaux incroyables, on est directement dedans. So what ? Le dernier épisode serait-il le meilleur de tous ? Nous tiendrait-il en haleine jusqu’à la dernière image ? Pourrait-il enfin mettre tout le monde d’accord et éviter les longues discussions houleuses et les moments gênants de tirage de cheveux ? Non, non et non.

Il faut être honnête, à moins d’un film exceptionnel, Le Hobbit décevra toujours par rapport à la trilogie du Seigneur des anneaux. On y est attachés, on adore l’univers, l’adaptation était parfaitement réussie. Et quand on voit Le Hobbit, on constate à quel point l’art de se réinventer est compliqué. Jackson se sert de l’univers du Seigneur des anneaux, mais n’invente rien de neuf. On commence à la connaître la Comté depuis 5 films, on veut quelque chose en plus ! On veut rêver, on veut être transporté. Mais pendant 2h20 on reste cantonné à son siège.

Pour autant, ce n’est pas un mauvais film. Il est efficace. Les scènes d’actions fonctionnent bien, il y a du rythme, les créatures fantaisistes sont au rendez-vous. Mais cela pourrait être tellement mieux que ce banal blockbuster. Les personnages n’ont aucune histoire, aucune personnalité. Même Bilbon, d’habitude si attachant, est relégué à un vulgaire second rôle. A côté de cela, l’histoire d’amour interraciale entre une elfe et un nain n’est pas la source d’émotion que l’on pouvait espérer. Au final, quelques bribes d’amour assez écoeurantes coupent le rythme de la bataille. Imaginez un regard à la Amour, Gloire et Beauté entre deux orques… conceptuel.
Et puis il y a la bataille. A ce jeu là, Jackson excelle. Il filme comme personne les combats. A gauche, à droite, entre deux personnages, le rythme s’intensifie et le souffle s’accélère. Même si cela n’épargne pas quelques moments d’un ridicule nocif au film… Mention spéciale à Legolas qui réinvente Matrix.

Le Hobbit n’est pas totalement raté non plus. Il est plutôt efficace dans les scènes d’actions, mais il est décevant dans les attentes qu’on en a. Le Retour du Roi était un pur chef d’oeuvre. Il y avait tout dedans. De l’émotion, de l’action, une magnifique adaptation. Et si Jackson essaye d’imiter sa célèbre saga, ça ne reste qu’un pâle exercice de mimétisme. Dommage. Et dommage, surtout, de dire au revoir à Tolkien de cette triste manière. Mais même si c’est un peu nul, on reste jusqu’au bout, jusqu’à la dernière parole de Last Goodbye, chantée en générique de fin. Parce qu’on a pas vraiment envie de les laisser là.

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