Mondial de l’Auto : esthétique et écologie ?

Le 3 octobre dernier, Maze était au Mondial de l’Automobile. Retour sur cette expérience pour dégager les tendances principales de ce  Mondial, qui sont scientifiquement calculées et représentent ce qui fera partie de notre quotidien prochainement. Nous aborderons également le grand cheval de bataille des constructeurs automobiles ces dernières années : l’éco-responsabilité avec les technologies électriques, hybrides, et hybrides rechargeables. Et inévitablement, la place que ces innovations laissent à notre bon vieux moteur thermique.

Première impression : Focus sur les carrosseries

En ce qui concerne l’esthétique pure des véhicules, toutes gammes confondues, la première chose qui frappe est l’absence presque totale de carrosseries blanches ou noires (exceptions : Tesla Model S noire, Volkswagen blanche). Cela peut s’expliquer par une sur-abondance sur le marché français actuel de ces coloris qui ne retiennent donc pas assez l’attention. De plus, le blanc a l’inconvénient (ou l’avantage, selon le modèle…) d’atténuer les formes de la voiture, absorbant trop les contrastes.

A la place, de nombreux constructeurs ont pris le parti de revenir au gris métallisé, ou carrément à un aluminium brut, sans peinture pour les plus avant-gardistes (quoique l’inox fut utilisé pour la célèbre Delorean DMC-12 en 1981…).

Concept Peugeot Exalt, petit bijou automobile à la carrosserie aux matières naturelles et innovantes suivant une démarche responsable.
Concept Peugeot Exalt, petit bijou automobile à la carrosserie aux matières naturelles et innovantes suivant une démarche responsable.

Le rouge marque également son retour cette année, et le bleu est véritablement une des couleurs favorites – sous des teintes très vives pour les modèles sportifs, ou qui tirent vers le gris pour les véhicules plus sages.

Le chrome est en régression également (sauf pour le marché Chinois qui en raffole). On lui préférera des éléments noir mat ou noir laqué, ou bien des rehauts de couleur vive qui tranchent avec le reste de la carrosserie – souvent du rouge ou du bleu, pour montrer qu’il s’agit d’une version spéciale de l’auto, s’il s’agit d’une déclinaison plus sportive, ou plus écologique.

Golf GTE, version hybride de la célèbre automobile.
Golf GTE, version hybride de la célèbre automobile.

Autre tendance prévisible, l’explosion des carrosseries bicolores (voire tricolores), ainsi que des bi-matières. Pour rompre avec l’esthétique actuelle, les constructeurs ont prévu de jouer davantage avec le contraste brillant/mat pour la voiture de demain, en profitant des caractéristiques propres de chaque matériau, en le mettant en valeur plutôt qu’en le dissimulant derrière une épaisse couche de peinture. Il reste à voir comment cette fantaisie est reçue sur le marché, dans la mesure où elle entraîne un surcoût (de 1500€ par exemple pour les Peugeot 208 GTi et 208 R, l’originalité se paye).

La 308 R bicolore - fantaisie qui vous sera facturée 1500 euros.
La 308 R bicolore – fantaisie qui vous sera facturée 1500 euros. Notez l’absence de chrome…

Quid des équipements et options technologiques ? Ecologie, éco-responsabilités, économies et plaisir de conduite ?

En ce qui concerne les équipements prisés cette année, nous observons la progression des écrans tactiles et découvrons les affichages tête haute – appellation propre à faire froncer les sourcils, mais qui signifie juste que l’écran est situé à hauteur des yeux, sur la console centrale ou même parfois entre les compteurs, derrière le volant, notamment pour les modèles haut de gamme. L’idée est de permettre au conducteur de jeter un œil à son GPS sans lâcher la route des yeux. En ce qui concerne ces véhicules, l’accent est porté sur la sécurité, avec des options telles que la caméra de recul, l’assistance au freinage (c’est à dire que devant un obstacle, la voiture va freiner toute seule si vous ne le faites pas à temps), et combinée au régulateur de vitesse intelligent, cela donne un système d’assistance en cas d’embouteillage : l’auto vous précédant est détectée, si elle freine votre voiture freinera, s’arrêtera le cas échéant, et repartira avec la voiture de devant jusqu’à atteindre la vitesse maximale que vous aurez sélectionnée avec le régulateur.

Ecologie, éco-responsabilités, économies et plaisir de conduite ?

Les constructeurs améliorent le rendement de leurs véhicules thermiques.

L’écologie est au centre des préoccupations des constructeurs automobiles dans leur ensemble. Globalement, les automobiles sont allégées : utilisation d’acier, mais également de carbone, magnésium, et puisque les matériaux bruts et naturels sont très en vogue ; la fibre de basalte est également utilisée.

L’aérodynamisme est encore et toujours amélioré, et certains constructeurs vont jusqu’à supprimer les rétroviseurs, et les remplacer par de simples caméras (Volkswagen XL1 et Concept-Car XL Sport). Pour d’autres modèles, c’est la calandre, ou les jantes qui se ferment afin de limiter la résistance à l’air (Concept Cars Citroën C4 Cactus Airflow,Renault Eolab). Les engins sont souvent au ras du sol. (Mais pourront-ils passer nos chers dos d’âne?)

Le fameux XL Sport,  890 kg, et équipé d'un moteur de moto Ducati
Le fameux Concept Car XL Sport, 890 kg, et équipé d’un moteur de moto Ducati

Combinés à ces efforts, les moteurs sont étudiés pour consommer toujours moins, et rejeter moins de CO² – ce qui est rendu presque obligatoire par les malus toujours croissants pour les moteurs thermiques. Par exemple, pour un véhicule émettant entre 156 et 175 grammes de CO² par kilomètre (cela concerne les berlines relativement haut de gamme, pour vous donner une idée, certaines versions des 308CC, DS5, Audi A4 et au-dessus), le malus qui était de 1500€ en 2013 est passé à 2200€ cette année.

Ce phénomène d’augmentation de malus concerne toutes les voitures thermiques consommant plus de 130 grammes de CO² par kiomètre, et c’est ce qui pousse tous les constructeurs à se démener pour que leurs véhicules passent sous la barre fatidique des 130 g/km. Exemple amusant, la DS3 émet 129 grammes de CO²/km.

 

Une solution écologique alternative?

Une technologie électrique qui piétine

Le gouvernement français prévoit un bonus de 3700€ pour tout achat d’un véhicule électrique, auquel s’ajoutera éventuellement une prime de 6300€ si en plus d’habiter dans une zone urbaine agissant contre la pollution, vous vous débarrassez de votre ancienne voiture diesel de plus de 13 ans.

Pour autant, les autos purement électriques peinent à séduire les conducteurs pour la simple raison qu’il s’agit en général de petites citadines. (D’accord, il existe la marque Tesla qui produit des sportives electriques, comme la Model S, qui propose une vitesse maximale de 200 km/h, mais d’une part il vous faudra débourser entre 50 000 et 100 000€, et d’autre part pour recharger votre autonomie de 500 km en moins de 4 jours, il faut que vous puissiez bénéficier d’une installation électrique particulière ou que vous ayez accès à une station de chargement spéciale – à oublier si vous habitez loin des grandes villes.) Ces citadines, elles, manquent de puissance, d’autonomie, et demandent un temps de chargement assez contraignant (Je ne peux m’ôter de la tête le souvenir de mon père qui avait testé une Nissan Leaf, qui était venu la charger deux heures pendant son déjeuner, qui était reparti avec pour aller travailler [à 50km de là] et qui était revenu au bout de 40 minutes “Je n”avais pas assez d’autonomie pour y arriver…” Peu pratique, donc.) La technologie électrique est donc bien adaptée à des parisiens qui ne quittent jamais la capitale autrement qu’en train, pour le reste…

BMW i3, citadine électrique aux portes antagonistes.
BMW i3, citadine électrique aux portes antagonistes.

L’hybride !

L’hybride, bien sûr, l’hybride, qui permet de n’émettre aucun polluant et de ne consommer aucune goutte de carburant lorsqu’elle est en mode électrique, et recharge ses batteries en continu, notamment lorsque vous ralentissez (roues libres, frein moteur). Cela demande un peu de savoir-faire, mais le but du jeu est évidemment d’avoir recours à son moteur thermique le moins de temps possible. Cependant, ce moteur thermique est là – et il vous permettra toujours de rouler même si vos batteries sont vides.

Dans le cas des hybrides rechargeables (comme la A3 e-tron, par exemple), vous pouvez recharger vos batteries directement sur secteur, ce qui permet d’allonger (un peu) le temps où votre voiture fonctionnera en mode électrique.

Bien cachée, la prise de rechargement de l'A3 e-tron...
Bien cachée, la prise de rechargement de l’A3 e-tron…

Point qu’il est utile de noter, en appuyant à fond sur le champignon vous déclenchez le fonctionnement combiné du moteur hybride et du moteur thermique, ce qui vous colle littéralement au siège – mais qui consomme à mort, pour le coup. C’est d’ailleurs ça, l’astuce chez les hybrides : deux moteurs rendent également la voiture plus lourde, ce qui implique un effort plus conséquent à fournir pour faire avancer tout ça, et entraîne une surconsommation…

Il faut noter également que les augmentations du coût de l’électricité, remettront possiblement en question, et ce dans un futur proche, l’avantage économique de ces automobiles.

En ce qui concerne les bonus, pour les hybrides non-rechargeables, il va baisser (il devrait passer de 2000 à 1500€) tandis que les hybrides rechargeables bénéficient d’un “superbonus” au même titre que les véhicules électriques, de 4000€, auquel s’ajoutera éventuellement 2500€. Cela afin de pousser les usagers à choisir la technologie qui aura le moins recours à son moteur thermique.

Les constructeurs automobiles orientent de plus en plus leurs gammes vers l’écologie, en tâchant de conserver le côté sportif des autos, le plaisir de la conduite et des habitacles soignés.

En un mot, la performance pour un conducteur responsable.

Vous pouvez retrouver l’intégralité des photos de Maze sur le Flickr.

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