CINÉMA

Rencontre avec Céline Sciamma

Après un Naissance des pieuvres remarqué, un Tomboy qui a connu un succès critique, public et même une polémique, Céline Sciamma revient avec son troisième long métrage Bande de filles, sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs à la dernière édition du Festival de Cannes. Traitant toujours de la jeunesse qui lui est chère et des adolescentes au frontières des genres et du trouble identitaire, Sciamma réussit pourtant avec habilité à se réinventer.  On suit le trajet de vie de Marième, 16 ans, jeune fille noire de banlieue, qui, à travers sa rencontre avec une bande de filles affranchies sera en quête de son identité, de sa place, d’une chambre à soi. Dans Bande de filles, la caméra de Sciamma s’affranchie et sa mise en scène s’affirme comme jamais ; toujours sur une riche bande originale signée de Para one, la cinéaste nous livre ici un magnifique portrait de jeunesse où le terme “exister” n’a jamais été aussi fort dans chaque plan. Rencontre.

Maze : Bonjour Céline, d’abord merci pour l’interview. Votre premier long métrage Naissance des pieuvres se passe dans une banlieue résidentielle, pavillonnaire ; dans Tomboy,  l’intrigue se déroule dans un quartier au milieu d’une forêt, un endroit très idyllique ; dans votre dernier film Bande de fillles, vous vous attaquez au quartier au sens le plus générique du terme, d’où vient ce désir de filmer les visages, les corps qui viennent de la périphérie, de la marge ?

Bon moi déjà je viens de la périphérie, j’ai grandi en banlieue, la banlieue où j’ai tourné mon premier film. Et ce n’est pas une raison suffisante mais dans tous les cas, ce sont des espaces que j’aime et que j’aime regarder, c’est une première chose, mais qui surtout ont du sens. Parce que le lien entre la périphérie et la marge, il n’est pas si compliqué à faire et que quand l’on est à la périphérie, il y a ce désir, surtout dans la périphérie de Paris, on est très très proche du centre. Dans Bande de filles, il y a la Tour Eiffel au loin dans beaucoup de plans et il y a cette idée un peu balzacienne de vouloir y être et de sentir que l’on est vraiment dans une zone frontière. Et que ce soit dans les personnages ou dans le milieu du film, il y a cette notion de la frontière, d’être dans le trouble, d’être entre deux âges, deux identités. Voila, la périphérie elle joue à plein comme scène de ces enjeux là.

Maze : Justement dans Bande de filles, il y a un certain désir de filmer le déterminisme social, comme au début quand Marième refuse catégoriquement le CAP que la conseillère d’orientation de son collège lui propose et que pendant tout le film, elle essayera d’échapper à un certain destin tout tracé, qui plane sur elle et sur les jeunes des banlieues.

Oui, cela dépasse le déterminisme social je crois, même si sur ce film là, il y a une dynamique plus forte du côté de la sociologie mais c’est aussi un présupposé du spectateur. L’ancrage est plus fort, oui, mais moi ce sont tous les déterminismes qui m’intéressent en fait : le déterminisme de genre, social, géographique et plus que les déterminismes, ce sont les assignations de place, et en même temps, le film fait toute la place aux gens qui ne l’ont jamais et quelque part il est dans un oubli du déterminisme, c’est l’endroit de son engagement. Mais il y a quelque chose de très fictionnel dans la question du déterminisme, quelque chose qui évoque le fatum des héroïnes et des héros qui me plait, c’est le dialogue entre ces grands axes dramaturgiques et puis la chronique du monde contemporain qui m’intéresse.

Maze : Y’a-t-il une volonté de réhabilitation de ces visages et ces corps manqués du cinéma ?

Je ne pense pas qu’il soit réhabilité car il n’a même pas été habilité (rires). Dans tous cas oui il y a l’idée qu’il existe une nécessité, dans tous les cas un geste fort à les regarder aujourd’hui en France parce qu’ils sont en France tout bonnement, pas parce qu’ils sont à réhabiliter, mais parce qu’ils sont des visages, nos visages. Et il y a un geste évidement politique et esthétique déterminant dans le projet, mais j’insiste sur ces deux termes et plutôt faire le petit film de la diversité où chacun pourrait prendre sa part, qui fait des grands succès, cela peut être Qu’est ce qu’on a fait au bon dieu par exemple, moi je veux un film exclusif, parce que la radicalité c’est ça, pour moi il n’y avait pas de visages plus intéressant à regarder que les leurs.

Maze : Vous parlez de politique, il se trouve que tous vos films sont très politiques, dès Naissance des pieuvres, il y avait la volonté de capter les frontières entre les genres, ce qui a été encore plus développé dans Tomboy, à travers le corps hybride. Et c’est toujours le cas avec votre dernier film et la métamorphose caméléonesque de Marieme/Vic.

Oui, c’est politique, tout à fait. Je pense que le cinéma représente ces politiques et Qu’est ce qu’on a fait au bon dieu, c’est très politique aussi par exemple mais cela ne veut pas dire que c’est engagé mais dans tous les cas il y a du politique qui s’en dégage, alors parfois c’est des impensés et parfois c’est pensé. Et moi j’assume la dynamique politique de mes films car pour moi, un film n’est pas une chose ou une autre, tous les films politiques sont du divertissement et moi je refuse la frontière qu’il y a entre l’idée qu’un film d’auteur, même dans la modestie de son budget, devrait être du côté purement de la chronique, de la justesse, de la sensibilité … oui il faut qu’il ait tout cela mais pour moi cela passe aussi par du spectacle, par de l’émotion, par de la tension dramatique, mobiliser tous les outils du cinéma pour créer l’expérience sensuelle, sensorielle et un trajet de pensée, aussi.

Maze : Comment avez-vous procédé pour capter cette énergie de groupe dans Bande de filles, qui était déjà présente dans Tomboy, c’est vraiment un film sur la « bande », d’où le titre d’ailleurs.

L’énergie de groupe, cela passe par plusieurs couches, d’abord il faut constituer le groupe, dans un casting assez fleuve et il fallait trouver des individualités très singulières et puis en même temps, prendre quatre filles entre lesquelles il y avait de l’alchimie, l’harmonie, de la circulation, ça c’était une première chose, une grosse étape. Et puis après, il y a les dispositifs de mise en scène, à la fois dans le choix du format aussi par exemple, le fait d’avoir tourné en Scope (ndlr : procédé de prise de vues qui consiste à anamorphoser l’image à la prise de vue pour donner une image panoramique à la projection), ce n’était pas tant l’envie d’un destin humain de banlieue mais plus pour pouvoir filmer quatre personnages en même temps, dans le même plan sans être très loin d’elle, de pouvoir faire des plans moyens à quatre, par exemple. Et puis après, c’est faire une part à l’improvisation, aussi, par exemple pour capter cette énergie, il y a quelques grandes scènes en elles qui sont des scènes improvisées, pas dans les enjeux mais dans la prise en charge de l’énergie entre elles. Et puis aussi dans la composition tout simplement, je crois que l’on confond parfois l’énergie avec le fait de suivre les gens qui vous embarquent, on est là avec une caméra à l’épaule on les suit mais l’énergie, c’est aussi la concentration, la composition de cadre, c’est aussi d’accepter les contrastes, moi je crois que l’énergie, elle se situe là dedans, dans le fait que l’on peut les voir dans une espèce de décharge collective et puis soudainement dormir ensemble et dormir ensemble ça raconte une énergie, aussi. Les laisser improviser puis soudainement les mettre dans des scènes qui sont très dialoguées … Et puis c’est l’énergie, entre nous aussi, je crois que c’est un film qui raconte le jeu des regards, qu’elles se laissent regarder et la circulation des choses entre nous.

Maze : Vous avez toujours travaillé avec Para one pour la bande originale de vos films, comment aviez-vous collaborés cette fois avec Bande de filles, avec dans le film, une musique qui revient fréquemment tout en ayant un instrument de plus à chaque fois ?

Oui plus, pas forcément un instrument, mais des arrangements en plus à chaque fois, on a fonctionné sur ce brief qui était un fantasme que j’avais dès l’écriture, d’avoir un thème, un thème de cinéma, une mélodie qui reviendrait comme ça au gré des étapes du film et du personnage et qui s’agrémentent, c’est un arrangement à chaque fois, un brief assez précis auquel il a répondu alors même qu’on montait le film donc voila, il y a une relation assez organique comme ça entre l’image, la composition et la musique. Avec l’idée aussi que le son à lui, est certes une musique très synthétique comme précédemment mais que l’on rajouterait de vrais instruments, pour la première fois il y a des guitares, des marines basses, du violon, des vraies cordes, là où dans Naissance des pieuvres tout était synthétique, c’est aussi une nouvelle étape dans l’incarnation de la musique.

Maze : Les bandes originales de Para one sont brillantes, précisément parce qu’elles ne constituent pas une musique de film, mais la musique du film.

Oui, je pense que c’est vraiment un dialogue entre nous qui est très riche. On s’est rencontré à l’école de cinéma, il est réalisateur, j’ai été scénariste de tous ses films, de ses clips aussi, enfin dès que l’on peut collaborer, on le fait, on s’accompagne dans la vie, c’est vrai du coup il y a quelque chose qui se passe de mot et des échos qui se mettent en place. Effectivement, c’est la musique du film et il ne fait la musique que de mes films, ce n’est pas un compositeur de BO, il pourrait très bien l’être d’ailleurs, mais beaucoup de choses sont très singulières … généralement quand même la composition de la musique vient qu’elle vient au bout de trois semaine de montage et c’est la première personne qui voit le film et du coup, parfois on rallonge l’image parce qu’il a créé un effet, un arrangement ce qui fait que nous, on s’adapte à la musique, parfois c’est l’inverse, du coup cela nous donne des idées de montage un peu au rythme que le film s’invente, donc je pense que c’est pour ça qu’il y a vraiment quelque chose de, oui, vraiment organique.

Maze : J’aimerai parler un peu de votre cinéphilie, son origine, sa naissance … y-a-t-il un film qui a fait surgir votre amour pour le cinéma ?

Il y a un film qui m’a fait comprendre ce que c’est la mise en scène, enfin dans tous les cas, c’est Les Parapluies de Cherbourg, la première fois que j’ai vu le metteur en scène derrière le film. Évidemment décisif puisque j’ai compris qu’il y avait un chef d’orchestre qui pensait, qu’il y avait des règles mais qu’il pouvait aussi les mettre à mal … enfin voila, j’ai vu l’auteur. Et donc ça c’est assez décisif. Et un autre film qui a aussi beaucoup compté, c’est La vie ne me fait pas peur de Noémie Lvovsky, justement sur l’énergie, sur le fait que c’est une femme cinéaste, que ça pouvait exister, qu’on pouvait comme ça, raconter des choses qui nous touchaient, avec une vraie signature, voila, ça fait deux films importants.

Maze : Le manque de femmes cinéastes dans le paysage cinématographique étant sidérant, je tenais à vous remercier d’exister en tant de cinéaste ; puisque savoir que vous existez et que vous êtes visibles rendent indirectement possible l’espoir de faire du cinéma pour les jeunes filles d’aujourd’hui.

Oui, en France, en plus depuis dix ans, il  y a une génération qui émerge et il y a beaucoup beaucoup de femmes cinéastes, voilà, c’est le signe des temps. Et c’est vrai que l’on a besoin de modèles, pas parce qu’ils sont irréprochables (rires) mais parce qu’ils existent, qu’ils sont visibles, oui. Pour moi, quand Jane Campion a eu la palme d’or, je me suis dis « ah tiens on peut monter les marches à Cannes sans être égérie d’Oréal, mais juste parce qu’on a fait un film et qu’on est le chef de ce film. » (rires)

Maze : Justement, Bande de filles a fait l’ouverture de La Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes cette année, c’est important pour le film d’être visible dans ce genre de festival ayant un tel rayonnement international, j’avais lu quelque part dans une interview où vous parlez de Cannes comme « le bout du tunnel pour un film »…

Oui, à la fois Cannes, c’est à la fois le bout du tunnel, le calendrier fait qu’il faut être prêt pour Cannes et que c’est une sorte de figure incontournable mais en même temps, c’est le début du tunnel d’après (rires) parce que c’est le moment ensuite où c’est le marathon qui commence. Ce qui compte c’est la sortie, ce qui compte c’est la rencontre avec le public … mais voila il faut un levier. Aujourd’hui il y a tellement de films qui sortent et Cannes c’est décisif dans la validation et l’exposition. Mais cela peut être aussi absolument destructeur dans cet exposition.

Maze : Vous aimez bien filmer la jeunesse …

Oui, mais j’arrête. (rires)

Maze : Envie de changement de thèmes ?

Je ne crois pas que le thème soit la jeunesse … je crois que la jeunesse c’est le bain du film, c’est le dispositif. Mais les thèmes je vais les garder je crois, mais c’est le contexte qui va changer. Parce que j’en ai envie, mais cela ne veut pas dire que je vais parler du troisième âge (rires), je peux parler d’une fille de vingt-cinq ans, ça restera la jeunesse, mais dans tous les cas l’adolescence comme terrain de jeu … je crois que pour moi, c’est fini … jusqu’à ce que je découvre que je ne peux pas faire autre choses peut être (rires) !

Maze : Bande de filles serait donc le film qui clôt votre triptyque sur l’adolescence ?

Oui, il y a un effet de trilogie, on en parle comme tel et c’est peut être l’opportunité pour moi de changer.

Maze : Peut être de changer format ? J’ai lu que vous aimeriez vous essayer aux séries.

Oui, j’aimerai beaucoup faire ça. J’essaye toujours, entre deux films, d’aller voir les chaines de télé, leur proposer des sujets, des concepts … je vais le faire à nouveau parce que cela m’intéresse, une forme longue, une forme feuilletonnante … mais ça m’intéresse aussi le transmédia, trouver de nouvelles formes de récits, de formats…

Maze : Les séries sont véritablement en train de devenir un nouveau terrain de jeu pour la création cinématographique, il n’y a qu’à voir le nombre de séries américaines, anglaises ou encore scandinaves de qualité qui fleurissent sur nos écrans. En France, nous avons notamment P’tit Quinquin de Bruno Dumont, produit par Arte et sélectionné dans les séances spéciales à la Quinzaine des réalisateur à la dernière édition de Cannes. La série ne devient plus si différente du cinéma dans la mesure où ce sont de plus en plus de longs films, élaborés et produits dans un geste cinématographique.

Ouais, absolument. Mais je ne pense pas ce soit maintenant, enfin, je pense que ça a toujours été le cas, après on vit de réalité américaine, anglo-saxonne, voir en Danemark, en Suède, mais En France, on a pratiqué et inventé le feuilleton, que ce soit en littérature avec Les mystère de paris, La comédie humaine et d’ailleurs J.J Abrams, Damon Lindelof, les mecs qui font Lost, ils se réclament de Balzac et … en France, c’est Pialat qui fait La maison des bois, disons qu’il y a une tradition de la télévision d’auteur, qui cycliquement comme ça se réinvente. Et je crois que sur la télévision d’auteur, il y a toujours eu la distance française, sur Arte, il y a Les garçons et les filles de mon âge qui donne Les Roseaux Sauvages, qui donne Travolta et moi dans les années quatre-vingt dix. Cela existe très fort en fait, c’est juste que la grande série populaire française, on ne l’a pas quoi, on l’attend. Mais il y a toujours eu des signatures d’auteur à la télévision qui s’incarnent dans la politique des chaînes. Et là, celui de Dumont, c’est un très bon film effectivement, sur la mini-série, parce que la France, cela fait quelques années qu’elle fait des tentatives à l’inverse de la mini-série, avec plusieurs saisons … il y a Les Revenants, Mafiosa sur un modèle américain alors même que la mini-série c’est la grande réussite … voila Carlos c’est une mini-série, P’tit Quinquin c’est une mini-série, Top of the lake aussi… on cherche des développements, comme au cinéma d’ailleurs mais c’est plus politique à la télévision, c’est celle des diffuseurs. Dans tous les cas, il y a des choses à faire à la télévision, comme il y a des choses à faire avec Canal Play ou encore avec les architectures du récit transmédia qui promettent aussi des choses formidables. Ça aussi, c’est une recherche des développeurs.

Maze : Auriez vous des conseils à donner aux jeunes cinéastes en herbe ?

Le seul conseil que je peux donner car on m’a souvent demandé « mais comment avez-vous fait ? » alors évidement, ça se transforme en chemin tout tracé une fois que c’est fait ! Le seul conseil que je peux donner alors oui je peux dire que j’ai fais la Fémis (ndlr : Fondation européenne des métiers de l’image et du son), alors voila je suis pur produit de l’école (rires), de la République, mais moi je recommande de faire feu de tout bois … oui tentez la Fémis mais si vous n’avez pas la Fémis, il ne faut pas s’arrêter là, il y a de super bon BTS en France, un bon stage sur un plateau équivaut à une école privée qu’on paie chère… il faut juste y aller quoi, aujourd’hui en plus on a les dispositifs du numérique … il faut travailler, il faut y croire, il faut rencontrer sa génération, il faut être collaboratif parce que le cinéma c’est ça. Et il faut voir des films … ne pas considérer qu’une voie est tracée mais que toutes les voies sont bonnes.

Maze : Pourtant, La Fémis est toujours considérée comme un temple …

Evidemment que c’est un temple, la Fémis, c’est génial, vous avez un laboratoire d’expérimentation pendant quatre ans, vous rencontrez votre génération, vous apprenez un métier, vous avez une forme de carte de visite de validation de l’institution donc évidemment c’est génial. (rires) Mais ce que je veux dire c’est que si vous n’avez pas la Fémis, cela ne veut pas dire que ce n’est pas pour vous. La Fémis, c’est génial … mais cela ne s’arrête pas là ! (rires) Et il y a un conseil aussi, c’est d’apprendre un métier qui vous permet de vivre, moi par exemple, je n’ai pas passé la Fémis en réalisation, je voulais devenir scénariste et me dire « ah je peux écrire Plus Belle la vie et … manger et du coup continuer à croire que je peux faire ce métier. »

Maze : D’ailleurs, il y a une certaine tendance en ce moment : celle des scénaristes qui sortent de la Fémis et qui réalisent plus de films que ceux du département réalisation…

Ce n’est pas que je sais pourquoi mais j’ai des hypothèses, c’est que, cela correspond à la fois à l’état de la production française, maintenant les guichets sont essentiellement scénariques alors qu’avant les courts métrages pouvaient constituer une carte de visite. Les scénaristes de la Fémis, quand ils sortent de l’école, ils ont un scénario d’un long métrage original qui coûtera zéro argent aux producteurs qui décideront de le soumettre à l’avance sur recette. Si un réalisateur veut survivre, il devra trouver des producteurs et donc des financements. Il y a un effet de sortie qui est en rapport avec l’économie et puis il y a aussi l’idée qu’en scénario à la Fémis, on apprend à écrire pendant quatre ans, avec toute la discipline solitaire, on est très peu exposé, là où les réalisateurs font quatre, cinq films et ils sortent un peu aussi exempt (rires) et c’est pour ça qu’ils doivent se mettre à écrire alors que nous, on a déjà écrit. Il ne s’agit pas d’une plus grande prédominance de talent chez les scénaristes de la Fémis, mais surtout l’apprentissage, et la réalité du monde à laquelle on se heurte quand on sort de l’école.

Maze : Dernière question. Vous faite la couverture du numéro de lancement de la revue Well Well Well qui vient de sortir, un projet autofinancé sur un site de crowdfunding. C’est politique ?

L’exercice de promotion ou de mise en avant de votre personne, pour moi il est secondaire après par contre, ne pas se cacher, c’est politique. Mais maintenant, je considère que ce n’est pas mon boulot (rires) mais que je peux l’accueillir.

Maze : Dans tous les cas, c’est formidable de rendre visible l’invisible. Merci beaucoup Céline pour l’interview !

Auteur·rice

"Ethique est esthétique." Paul Vecchiali

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