Lors du premier week-end du mois d’août, je me suis rendue pour Maze à la 3ème édition du festival de Ronquières, dans la province du Brabant Wallon, en Belgique. Pour cette 3ème année, les organisateurs avaient misé sur le succès grandissant de leur festival, pour inviter des artistes très populaires tels que James Blunt, ou encore Woodkid pour ne citer que les têtes d’affiche.
Pour la première fois, le festival a été sold-out en accueillant durant ses deux jours d’ouverture 30 000 festivaliers.
Ronquières, c’est un cadre atypique. Il faut parcourir une certaine distance sur une route quasi déserte avant d’atteindre ce fameux ascenseur à bateau qui fait la fierté de la région. Et en dessous de cette masse incroyable de béton, on trouve les deux scènes du festival, subtilement nommées scène bâbord et scène tribord.
Mais assez de détails pratiques. Si je me suis rendue là-bas (en la charmante compagnie d’Antoine, photographe improvisé pour le week-end) c’est pour une et une seule chose : me manger de la musique en pleine face. Et je n’ai pas été déçue !
Samedi 2 août
Le premier concert étant à 14h, nous avons pris la route à 12h histoire d’y être une heure à l’avance. Arrivés sur place, on se présente au guichet Presse histoire d’avoir notre laissé passer (il faut savoir que nos billets électroniques nous ont été envoyés moins de 24h avant le début du festival, mais passons là-dessus). On se faufile par l’entrée des journalistes et on arrive dans ces immenses champs reconvertis en salle de concert en plein air pour l’occasion. En avançant encore un peu, on se retrouve devant les barrières de la scène, derrières lesquelles se situent l’espace Presse. Je ne vous cache pas que j’ai pris un malin plaisir à exhiber mon bracelet sous le nez des gardes pour qu’ils me laissent accéder aux backstages. Ça n’a pas été évident au début de se faire accepter comme membre Presse à part entière mais au final, tout le monde nous reconnaissait.
14h arrive et Robbing Millions débarque sur la scène tribord. Ce jeune groupe bruxellois a donné le ton en offrant une prestation endiablée. Les cinq jeunes hommes présents sur scène ont prouvé qu’ils ne venaient pas de cette planète, qu’ils étaient des OVNI mais que c’est bon parfois d’entendre une musique totalement barrée et hors des limites. Leur prestation m’a étonnée. J’ai retrouvé toutes les sonorités que l’on entendait sur l’album. Rien n’était laissé au hasard, entre chaque chanson, le chanteur s’adressait directement aux quelques dizaines de personnes présentes. Je pense sincèrement qu’ils méritaient de passer à une heure plus tardive de la journée, histoire d’avoir un plus grand public.
Une petite heure plus tard, changement de scène, changement de groupe. C’est Yellowstraps qui prend la relève. Il y avait déjà plus de monde que pour les précédents, mais tous ces gens étaient simplement assis sur le sol. Car c’est ce que les Yellowstraps ont apporté durant leur temps de passage : de la simplicité, du calme, de la tranquillité. On aurait presque cru que leurs sonorités étaient liées aux bruits de la nature. C’était une parenthèse agréable à vivre, mais il faut tout de même se demander si leurs chansons pourront éternellement rester dans cette veine ou s’ils auraient raison de passer à autre chose.
15h30 sonne et dépose a tribord l’excellent Yodelice. Conscient de ses atouts, il a littéralement charmé tout le public et l’a fait danser durant la totalité de son show. Après coup, personne n’a pu critiquer sa prestation, son pari était donc réussi. Ses chansons ultra dynamiques transportées par des basses surpuissantes ont réveillé les âmes de tous les festivaliers qui doutaient encore de l’efficacité du Ronquières Festival. En discutant un peu avec le public, on s’aperçoit que très peu connaissaient Yodelice mais qu’ils ont été ravis de le découvrir et qu’ils n’hésiteront pas a écouter sa musique. Les titres présentés étaient un mélange de tous ses albums. Il n’a pas seulement défendu son dernier album Square Eyes, mais a aussi rappelé que ses anciennes chansons étaient tout aussi pleines de sens et de groove.
Après une pause café amplement méritée (déjà deux heures d’écoute acharnée, on pouvait se permettre un moment de détente), une voix envoûtante a attiré mon oreille. À bâbord toute, j’ai découvert qu’Hollysiz avait installé ses quartiers et qu’elle communiquait déjà avec son public. On a appris durant ses intermèdes, entre autres, que Ronquières était son dernier festival de l’été. Elle ne voulait par, par conséquent, nous décevoir. En diffusant toute son énergie et sa joie de vivre, elle a rallié les plus réticents a sa cause. La blondinette survitaminée n’a pas faibli une seule seconde et nous a offert une palette de chansons pour le moi111ns étonnantes. Il s’agissait bien sûr du contenu de son dernier album My Name Is… Même si son style n’est pas encore défini (on va de la pop au rock en passant par du blues et autres) cela ne l’a pas empêchée d’assumer chacun de ses titres et de partager son amour de la musique avec ces milliers de gens présents devant elle.
Pour plaire a un maximum de gens, les programmateurs ont été malins et ont invité la coqueluche des filles en ce moment, j’ai nommé Bastian Baker. On ne va pas tergiverser très longtemps. Son dernier album était relativement pauvre, sans chansons très transcendantes. Un peu commercial, loveur, charmeur, tristounet. Enfin un album qui a été composé lors de longues nuits de désarroi post-rupture douloureuse. Vous l’aurez compris ce n’est pas ce qui me plait. Mais j’ai tout de même voulu juger cette prestation scénique sans avoir d’a-priori. C’était une très bonne idée. Le concert de BB, c’était un moment inoubliable. Outre les paroles gnangnans, il faut admettre qu’il sait chauffer une salle, qu’il sait faire hurler des jeunes filles rien qu’en remettant en place une mèche de cheveux. Il avait de la prestance, une voix sincère, un sourire ravageur. Et malgré mes réticences j’ai compris pourquoi il avait autant de succès. Il ne s’agit pas la d’un grand poète, juste d’un mec qui tourne depuis plusieurs années avec son groupe et qui ne fait que s’amuser sur scène et qui communique son plaisir à toutes ces personnes venues le voir. La nature l’a fait d’une beauté non négligeable. Et alors ? Il n’en joue pas. A travers sa prestation, j’ai compris que sa plus grande valeur était le partage. Et je tenais à saluer cette sincérité très appréciable.
Après le bonheur communicatif du jeune suisse, j’ai fait face à un tout autre style. Venu tout droit d’Angleterre, le groupe BirdPen a démontré que le rock anglais avait sa place partout dans le monde. Entre les chansons moroses de On/Off/Safety/Danger et le rationalisme de celles tirées de l’EP Global Lows, le trio a contenté tous les amateurs de rock présents cet après-midi là. Il y avait très très peu d’interaction avec le public. Était-ce dû au barrage de la langue ou au tempérament introverti de David Penney ? Il y avait probablement un peu des deux, même si je pencherais pour la timidité du chanteur. En effet lors de l’édition 2013 du Ronquières Festival, il était déjà présent, mais cette fois là avec son groupe Archive, nettement plus connu, et il était déjà fermé au contact avec la foule. En revanche, tout ce qu’il ne communiquait pas aux spectateurs allait directement aux deux autres membres du groupe. Il y avait une cohésion incroyable entre eux, comme si 3 frères découvraient qu’ils jouaient merveilleusement bien de la guitare et de la batterie et qu’ils se mettaient a délirer… devant 10 000 personnes.
Aux alentours de 19h30, Julien Doré a investi la scène. Déjà présent lors de l’édition 2012 du festival, il a beaucoup évolué depuis. Ce n’est plus le chanteur sombre qui regardait ses chaussures. Aujourd’hui il est communicatif, jovial, joyeux, souriant. Il a présenté les titres de son dernier album Løve. Tous très aboutis avec un texte ET une mélodie recherchée, leur interprète ne s’est pas gardé de les sublimer un peu plus en live. Bien entendu, il a également chanté ses tubes comme Kiss Me Forever ou Les Limites, ce qui a eu pour effet de faire chanter la foule à tue-tête sans se soucier du reste. Mais en plus des chansons, il faut admettre que Julien Doré a nettement amélioré sa présence scénique. Il a même été jusqu’à traverser l’entièreté de la foule pour grimper aux barreaux de fer qui constituait la régie. Et après cette tempête, il est remonté sur scène auprès de ses musiciens pour dire au revoir à la foule en interprétant sa chanson Corbeau Blanc. Dans cette chanson, un « ce soir je vous quitte » lancinant laisse une sensation de tristesse mêlée au bonheur procuré par l’instant magique qu’il nous a fait vivre.
Peut-être était-ce à cause de l’euphorie que Julien Doré m’avait procurée, mais je n’ai pas du tout adhéré a l’artiste suivant. Il s’agissait du groupe de rock belge Admiral Freebee. Je sais que dans ce pays, leur réputation n’est plus a faire et que leur public ne les lâchera jamais, mais je n’ai pas ressenti d’émotions spéciales, je n’ai pas été transcendée. Pour tout dire si je n’avais pas su que ce groupe était un groupe de rock, je ne l’aurais pas deviné. Par moment j’avais même l’impression d’entendre de la country ou de la folk. Les commentaires entre les morceaux étaient en Néerlandais, ce que je trouvais peu judicieux pour un festival dans la partie francophone. (Même si tout bon citoyen se doit d’être bilingue…) Bref, ce n’était pas ma tasse de thé mais j’ai bien vu que j’étais l’une des seules à le penser puisque le public – relativement âgé il faut le dire – appréciait le concert et reprenait plusieurs chansons avec le groupe.
Quand la nuit avait totalement englouti le plan incliné, un des groupes les plus attendus du week-end a déboulé sur scène. Puggy, trio incontournable de la scène belge, a fait sonner quelques notes au synthé avant d’entamer son titre Move On sous un éclairage violet (censé rappeler la pochette de leur dernier album To Win The World). À travers des paroles optimistes et des sonorités qui appellent a la danse, ils ont réussi a embarquer le public, dès la première chanson, dans leur conquête du monde. Entre tous ces nouveaux titres, nous avons aussi eu droit à des classiques de leur premier album Something That You Might Like comme Goddess Gladys ou When You Know. Cette dernière chanson a d’ailleurs laissé place a un énorme duel chanteur/public à qui fera la vocalise la plus impressionnante. J’étais placée en hauteur par rapport à la foule et je voyais nettement qu’aucun pied ne restait bien longtemps en contact avec le sol, tellement l’engouement et la folie s’était emparées des spectateurs. Tout le monde chantait, dansait, hurlait les paroles impossibles à ne pas oublier. C’était très certainement le meilleur concert des deux jours. Ils assurent, il ne faut pas en douter une seule seconde.
En continuant dans la veine « ta musique me donne la bougeotte mais j’adore ça » la programmation a fait que sur la scène tribord débutait le concert du mythique groupe américain The Dandy Warhols. C’était certainement un des noms les plus prestigieux du festival et pourtant, ils étaient ceux qui se prenaient le moins la tête. Autant sur scène qu’en coulisses, ils avaient le sourire et, il faut l’avouer, une sacrée dose de folie. Complètement ailleurs, ils ont plongé le plan incliné dans une ambiance à mi chemin entre le bizarre et l’agréable. Comme si tous les sons produits sonnaient étrangement à nos oreilles mais qu’en fin de compte on n’en voulait toujours plus. Les gardiens des clés de la Monkey House ont su nous prouver que leurs chansons restent et resteront indémodables.
Ce n’est qu’à minuit que l’on s’est totalement rendu compte du nombre affolant de gens présents sur le site. Ils étaient tous réunis devant la grande scène Tribord pour acclamer Woodkid. Ce n’était pas un simple concert. Tout était pensé pour que les larmes coulent à flots et que les poils se dressent peu importe la météo. Le montage video en arrière plan qui nous offre les clés du monde de Woodkid, les deux percussionnistes solennels et droits comme deux soldats, les cuivristes transpirant la froideur, et bien sûr l’incontournable Yoann Lemoine qui se transforme en enfant des bois durant ses prestations scéniques. Tout y était. Sa voix était, note pour note, la même que sur l’album Golden Age. L’énergie déployée pour défendre ses chansons, souvent très mélancoliques, n’était jamais perdue. Elle ne faisait qu’atteindre un peu plus les coeurs des spectateurs a chaque minute écoulée. On n’écoutait pas Woodkid, on ne le regardait pas non plus. On vivait sa musique. Le temps s’est arrêté, il n’a pas fléchi sous la puissance de la musicalité qui s’offrait a nous. Personne ne pouvait dévier son regard, tout le monde le fixait, lui. Les gens pleuraient sans comprendre pourquoi, ou se serraient dans les bras à cause d’une émotion vive ravivée par l’une ou l’autre chanson. Yoann nous a raconté l’histoire de sa vie tout au long de ce concert, et il fait désormais partie de chacune des vies de chacune des personnes présentes cette nuit là.
Dimanche 3 août
Le réveil était difficile. Logés dans une maison à quelques centaines de mètres à peine du site, nous avons avalé notre énième tasse de café noir avant de reprendre la route, chargés d’ordinateur, de portables, d’appareil photo et de câbles en tout genre.
Arrivés sur place nous nous rendons compte que l’horaire initial avait été décalé de 40 minutes, nous avons donc perdu tout le début du concert de Ron Pope, le célèbre chanteur New Yorkais. Il est entre autres connu pour être l’interprète du titre A Drop In The Ocean, énorme succès international il y a 6 ans. Comme il était le premier de la journée, il n’y avait que très peu de personnes qui assistaient à son concert, mais celles présentes ont totalement apprécié la douceur de la voix de Ron, ce ton chaleureux dans chacune de ses notes et sa convivialité. J’ai eu la chance, par la suite, de pouvoir poser quelques questions à ce merveilleux chanteur. Si vous souhaitez lire cette interview, cliquez ICI !
Le groupe suivant était une belle découverte. Feel est un groupe belge qui ne tourne que depuis un an mais qui se débrouille excessivement bien. Leur style est déjà très affirmé, ils défendent un rock alternatif classique mais juste. J’ai très clairement ressenti les influences de Led Zeppelin dans leurs morceaux. Ils m’ont aussi fait penser a un autre jeune groupe du moment, Oh Dear Vegas, ils surfent sur les mêmes sonorités. Une chose m’a beaucoup marquée pendant leur prestation. Outre la voix sensuelle du chanteur et guitariste, je tenais à saluer les énormes capacités du batteur. Il menait chaque chanson. Toute l’énergie reçue par le public provenait de ses coups puissants et de ses cris stridents. Il était le moteur des deux autres et méritait cette mention spéciale.
Peu après la fin du concert de Feel, un avis de tempête a été déclaré et les milliers de festivaliers présents se sont abrités sous l’ascenseur à bateau. Mais quand ils ont entendu que School Is Cool s’installait sur scène, ils sont tous sortis de nulle part et ont accouru a tribord. Cela a donné une arrivée spectaculaire que le groupe a filmé depuis sa scène (la video est disponible sur leur page Facebook). Pour être honnête, au début je ne comprenais pas ce que ce groupe, relativement connu en Belgique pour être le collectif psychédélique far, venait faire dans un festival qui tente de se donner des accents pop-rock. Puis je me suis souvenu que lors de l’édition 2013, la prestation du groupe La Femme avait conquis absolument tous les festivaliers. Cette combinaison rock/OVNI/pop fait les affaires des organisateurs, ils ont eu raison de réitérer. Les choix capillaires des membres de SIC sont discutables mais la qualité de leurs chansons en revanche est indiscutable. On avait à faire à un groupe de new wave qui n’a visiblement pas vécu a la bonne époque. Leur musique oscille entre Taxi Girl et Depeche Mode, tout est très frais et accessible à quiconque tend l’oreille.
À l’heure du goûter c’est David Lemaître qui a régalé Ronquières. Ce chanteur bolivien a installé une ambiance très feutrée, intimiste. C’était comme un show case privé, tout était silencieux, le ciel était gris mais les yeux des spectateurs brillaient devant cet artiste aux multiples facettes. Un peu électro, un peu pop. Son style n’était pas défini sur scène mais il a su envouter toute l’assemblée. On a même eu droit à une reprise louange de Dorian, initialement interprétée par Agnès Obel. Il était visiblement très attendu, je n’entendais que son nom dans les conversations. Il n’a déçu personne, il a été a la hauteur des attentes énoncées.
En bonne accréditée, j’avais préparé ce festival en écoutant quasiment toute la musique de chaque artiste et groupe du week end. Certains m’avaient plu, d’autres non. C’était le cas de Intergalactic Lovers. Je trouvais la voix de la chanteuse nasillarde et sans grand intérêt, les chansons étaient plates. Je me suis rendue compte, grâce à leur prestation scénique, qu’il y a parfois un gouffre entre une version CD et une version live. En effet, la jeune brunette qui ne m’avait guère impressionnée a la première écoute m’a tout simplement bluffée. Tous les arrangements ont pris un sens sur scène, la voix qui ne me plaisait pas au début s’est avérée très agréable a entendre. Lara Chedraoui prenait un plaisir enfantin à partager sa musique. Elle avait l’allure d’une petite fille qui s’émerveille en découvrant la pluie. Elle était peut-être un peu trop introvertie mais c’est évident que ça évoluera avec le temps.
Peu de temps a séparé l’espace de la terre ferme. Le concert de Cats On Trees a débuté sur la scène secondaire aux alentours de 17h30. Le duo a chanté presque tout son album et quelques reprises, dont une très remarquée de Mad World le tube de Tears Of Fears. (Cette chanson a plus de 30 ans, ça fait mal.) Pour tout dire, j’ai trouvé le concert un peu mou et sans grand intérêt musical. Cela fait plusieurs mois que l’on entend plus que Sirens Calling sur les ondes, qu’on voit ce groupe dans tous les festivals branchés. Grand bien leur fasse d’avoir acquis cette notoriété, mais Ronquieres était peut-être le festival de trop.
Retour sur la scène tribord mais surtout retour de la pluie. Une flotte monumentale – mais en Belgique c’est la routine – a trempé toutes les personnes présentes. Pour tenter de ramener le soleil c’est Ben L’Oncle Soul et tout son groupe de choristes et de saxophonistes qui sont montés sur scène. Tout est dans son nom. Le Soulman était tout simplement génial. La scène, la musique, la communion avec le public, tout ça c’est fait pour lui. Il a réussi a remonter le temps. Tout le monde s’est retrouvé 50 ans plus tôt, dans les États-Unis afro-américains qui ont énormément influencé sa musique. Tout était a faire à ce moment là, et il l’a accompli sur scène. Il a réconcilié les amoureux de la langue française avec les jazzman en interprétant plusieurs titres soul dans la langue de Molière. C’était un peu dommage de n’avoir qu’un seul album à juger j’aurais aimé avoir plus de morceaux a écouter. Vivement la sortie de son prochain album pour revivre un show grandiose comme celui de ce début de soirée.
A 20h c’est Suarez qui a investi la scène sur laquelle ils avaient déjà joué l’année précédente lors de l’édition 2013 du festival (qui plus est quasiment à la même heure). C’est un groupe à la renommée nationale. Ils font tous les festivals, tous les événements, toutes les émissions télévisées (le chanteur a d’ailleurs été jury a The Voice Belgique durant 2 saisons). Ils ont enflammé l’assemblée (et ses hormones avec) en reprenant leurs tubes comme On S’en Fout, Prends-Moi, ou Un Souffle De Délire. Le groupe belgo-malgache n’a plus à prouver son talent. Même si les textes ne sont pas d’une grande intelligence, le mélange des cultures fait que tout est appréciable. Chaque spectateur s’est surpris a connaître au moins deux ou trois chansons par cœur. Mention spéciale à la jeune fille que Marc a appelé sur scène juste parce qu’elle portait une combinaison verte en latex. Elle n’a pas eu peur de se ridiculiser en chantant au coté de Suarez.
Ce dimanche était décidément la journée des classiques belges puisqu’un peu avant 21h c’est Hooverphonic qui nous a ébloui. Depuis plus de 20 ans ils font la fierté des belges. Les chanteuses changent mais la qualité de la musique reste identique, elle est excellente. Apres Liesje Sadonius, Kyoko Bartsoen, Esther Lybeert et Geike Arnaert c’est Noemie Wolfs qui a repris la place tant convoitée de chanteuse du groupe dans le courant de l’année 2010. Ce joli petit minois a défendu les titres qu’elle a elle-même enregistré avec Alex Callier et Raymond Geerts. Pas question de reprendre les anciennes générations du groupe. Elle a donc interprété les chansons de l’album The Night Before et Reflection. J’ai entendu beaucoup de gens dirent qu’ils étaient déçus de la prestation, que le groupe ne les avait pas fait danser. Mais il ne s’agit là que de critiques injustifiées. C’est impossible de danser sur ce genre de trip hop, il faut au contraire apprécier en silence si l’on ne connait pas ou chanter quand les titres sont connus. Pour ma part, le professionnalisme des deux piliers du groupe a fait la différence par rapport à tous les artistes que l’on a pu voir défiler.
Au dernier moment, Gaetan Roussel a annulé sa présence au festival à cause d’une blessure à la jambe. C’est donc le groupe My Little Cheap Dictaphone (MLCD) qui a repris au pied levé sa place. Ils font partie de la scène montante belge. Ils ont reçu plusieurs récompenses dont un Octave de la Musique. Encore une fois, ils ont mis à l’honneur le rock qui trouve de plus en plus sa place dans le plat pays. Leur prestation a posé une ambiance feutrée et cosy dans la nuit noire de Ronquières. Le chanteur, redboy, très charismatique, a su envoûter tout le public. Le concert a duré un peu plus d’une heure et s’est fini sur leur titre far Fire.
Pour clôturer le festival ce n’est autre que James Blunt qui a été appelé. Déguisé en astronaute, son premier titre était un piano voix très intimiste, Face The Sun, il nous a livré toute sa sensibilité en une seule chanson. Après avoir ouvert son cœur à son public, il a décollé et nous a tous emmené avec lui. Sur place il nous a dit que nous étions beaux, il nous a chanté ses plus grands tubes et a présenté plusieurs chansons de son dernier album Moon Landing. Selon moi, la meilleure chanson était Postcards. Au ukulélé, tout simplement, avec le sourire, tout simplement. J’ai réellement apprécié ce concert, comme tous les festivaliers d’ailleurs puisque James Blunt a été ovationné pendant son show et après.
Ce qu’il faut retenir du Ronquieres Festival c’est une ambiance très sincère, une programmation qui commence a se forger un style bien précis et des concerts dans l’ensemble très réussis. Petit bémol tout de même. Nous avons mis plus de 3 mois a obtenir cette accréditation. Nous avons eu le sentiment de ne pas être traité comme un média à part entière. Notre âge nous a fait perdre notre crédibilité sans doute. Et sans organisation claire, nous n’avons pas pu prendre rendez-vous avec les artistes pour d’éventuelles interviews. Hormis ça, le reste nous a plu. On espère y retourner l’année prochaine, et les années suivantes !















