CINÉMA

Lucy – film d’action ou fable philosophique laborieuse ?

Luc Besson, heureux et fameux réalisateur du Cinquième Elément ou d’Arthur et les Minimoys, a remis ça en 2014 avec Lucy. Facteur qu’on lui connaissait déjà : il aime les femmes mystérieusement puissantes et les courses poursuites. Bingo. Cela résume parfaitement Lucy.

Lucy, incarnée par Scarlett Johansson, se fait malencontreusement enlever par une équipe de chinois qui sont à la tête d’un trafic de drogue. Une nouvelle substance a été découverte : le GHP-4, et elle s’avère très puissante. La drogue a été insérée dans l’abdomen de Lucy et trois autres malheureux. Ils vont alors servir de « mule » à leurs dépends et être envoyés aux quatre coins du monde avec de faux passeports. Imprévu fâcheux, le sachet de GHP-4 perce dans le ventre de Lucy, provoquant alors des mutations inattendues…En effet, la drogue ingérée par Lucy va en fait développer ses capacités intellectuelles. 10 %, puis 20 %, 30 %…

Pendant ce temps, Norman, joué par Morgan Freeman, offre un discours scientifico-philosophique, qui l’amène à lancer le genre de réplique : « Le temps est la preuve de l’existence de la matière »… Autant dire qu’il faut suivre. L’idée est la suivante : les humains n’utilisent en fait que 10 % de leur cerveau. Comme un nouveau téléphone dont on n’exploiterait pas toutes les possibilités et le professeur Norman nous invite à les découvrir.

Luc Besson revient donc à ses premiers amours en renouant avec la science fiction pour adulte. Et c’est tant mieux car il maîtrise clairement son sujet à plus de 70 %. Entre action, film futuriste et science-fiction, Lucy oscille donc entre réalité et imaginaire, ce qui a tendance à être un peu effrayant pour les spectateurs qui se torturent l’esprit, « et si ça arrivait ? ».

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Lucy – Luc Besson/Droits Réservés

Du retour aux sources à l’innovation 

La première scène du film, fait plus penser à Arte ou à Planète + qu’à un blockbuster, ce qui est intéressant et prête à sourire. Luc Besson rappelle ainsi que le nom de son héroïne est loin d’être anodin. Lucy, première de notre espèce. Lucy devient aussi l’humain et la chose la plus fascinante à regarder du film.

Dans sa manière de filmer, Luc Besson a utilisé plusieurs techniques assez originales qu’il a réussi à combiner. Les courses-poursuite et les changements de son héroïne sont rythmés par un décompte : le pourcentage de capacité que Lucy débloque au fur et à mesure. Pour cela, il utilise des cuts très brutaux : écran noir, le chiffre, et une nouvelle scène musclée peut reprendre de plus belle.

De plus, Luc Besson utilise les nouvelles technologies a bon escient avec une image de plus en plus graphique et plastique. Comme si les yeux de Lucy et sa capacité (supérieure à la nôtre) nous permettait de voir des choses beaucoup plus belles, plus vite et avec toujours plus de cascades, d’hommes envoyés au plafond par un petit doigt levé de Scarlett.

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Lucy – Luc Besson/Droits Réservés

Vous avez dit Scarlett ?

Scarlett Johansson, parlons-en. C’est davantage son film que celui de Luc Besson finalement. Les personnages secondaires sont très creux, d’ailleurs on ne s’en souvient déjà plus trop. Même Morgan Freeman, pourtant très doué, lui donne ici seulement la réplique. Impressionnante, mais pas novatrice, l’actrice joue son rôle à 100 % mais ne convainc pas plus que dans ses autres bons films (Her, dernièrement).

Le scénario, écrit lui aussi par le réalisateur, est intéressant dans la mesure où il y a très peu de rebondissements mais ça nous importe peu. Seule la finalité est attendue par le spectateur, et l’hyper simplicité de la narration paraît annexe. Et malheureusement, la fin est décevante. Bouquet final d’effet spéciaux et une formule de fin, un tantinet culpabilisante, qui tente d’élever ce bon film d’action vers un univers philosophique.

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