CINÉMA

Les poings contre les murs : un plongeon cinématographique dans l’univers carcéral

Deux ans après Perfect Sense, David Mackenzie réalise Les poings contre les murs, un drame britannique poignant tourné dans une vraie prison en Irlande. Vous connaissez sûrement Cook de la série Skins (Jack O’Connell), et bien le revoilà plus brillant que jamais dans le rôle principal du film. Un petit bijou.

Eric Love, 19 ans, est incarcéré dans une prison pour adultes. Délinquant violent, il a du mal à trouver sa place. De plus, il doit faire face aux paroles de son père, Neville Love, qui est déjà en prison depuis un long moment. Il apprend tout de même à se contrôler, mais doit faire face aux agressions physiques et morales des détenus, et des matons. On plonge ici dans un réalisme fou. C’est tellement puissant. S’ajoute à cela, un esthétisme étonnant. La relation père/fils qu’on trouve dans ce film est très ambiguë. Il est impossible de la cerner réellement. Eric a beaucoup à apprendre. Les poings contre les murs, c’est pas juste un film de mecs en taule, c’est beaucoup plus profond que ça. On nous met dans l’ambiance tout doucement, on en apprend tout du long petit à petit, mais jamais trop.

On a un jeu d’acteurs impressionnant. Personne ne s’attend à une telle violence, personne ne s’attend à une telle émotion. On a des scènes extraordinaires. Les films et séries en prison, on connaît, mais celui-ci est différent. Il n’est pas question d’évasion, ou de sujets déjà traités comme dans Prison Break ou bien Un prophète. On a quelque chose de nouveau. Ce Jack O’Connell est exceptionnel. Il fait passer quelque chose d’intense. C’est vraiment délicat de comprendre le personnage. “Starred Up” est le titre original du film britannique de Mackenzie. Cela signifie en fait, le fait de transférer un mineur dans une prison pour adultes, en raison de son degré de violence élevé. A savoir, qu’on ne sait même pas vraiment pourquoi ce Eric est incarcéré. Mais, la violence ne vient pas seulement des détenus, il y a aussi celles des chefs et des gardiens, qui n’hésitent pas à employer les grands moyens et ne voient aucun espoir dans ces hommes agressifs.

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Bien sûr, on ne peut pas passer à côté du déjà vu, le film ne se déroulant que dans le centre de détention. La loi du plus fort, les réunions pour aider à la réinsertion, etc., mais l’inédit c’est vraiment la relation père/fils, père joué par Ben Mendelsohn (qu’on a pu voir récemment dans Perfect Mothers ou bien The place beyond the Pines) aussi étrange que son fils avec des sautes d’humeur imprévisibles. Le suspense est là, leur relation est indescriptible et la parole n’est pas mise à l’honneur. On a une scène finale tellement forte qu’on sort de la salle bouleversé. Le réalisateur a aussi beaucoup accentué les détails et joué avec la lenteur pour faire contraste aux scènes de combat très brusques et rapides. Des plans sont vraiment brillants.

Les poings contre les murs est vraiment un film abouti, émouvant, puissant et étonnant. Vous serez surpris.

Auteur·rice

21 ans. Passionnée de cinéma et étudiante en Audiovisuel. Rédactrice cinéma et musique à Maze.

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