LITTÉRATURE

Bac de Français : Nos conseils

Le mois de Juin est arrivé et avec lui se profilent les examens de fin d’année. Si l’on pense évidemment aux Troisièmes qui affrontent les épreuves du Brevet des collèges et surtout aux Terminales qui doivent faire face à l’angoisse du Baccalauréat, n’oublions pas cependant les classes de Premières générales et technologiques qui se préparent aux épreuves anticipées du bac et parmi celles-ci, l’écrit et l’oral de Français.

Cette année, l’écrit se déroulera le Mercredi 18 Juin et les oraux sont, eux, fixés par les recteurs de chaque académie. Ainsi, le temps vous est compté, alors que vous soyez du genre anxieux maladif ou démesurément confiant, cet article ne peut que vous être utile.


Rappel : Déroulement des épreuves

Vous venez d’apprendre dans cet article que vous aviez des épreuves de Français en fin d’année, votre professeur exerce sur vous d’étranges pouvoirs soporifiques, ou plus simplement vous ne vous êtes jamais demandés comment se déroulaient véritablement ces épreuves ? Petit récapitulatif.

Les EAF (Épreuves Anticipées de Français) du bac concernent toutes les Premières générales et technologiques. Elles se composent d’une partie écrite de quatre heures et d’une partie orale de 50 minutes au total (30 minutes de préparation et 20 minutes d’oral).

L’épreuve écrite : Un ensemble de texte (un corpus) vous est présenté. L’épreuve se déroule ensuite en deux parties : une ou deux questions sur l’ensemble des textes (notée sur 6 pour les séries technologiques et sur 4 pour les séries générales) puis un travail d’écriture au choix entre le commentaire d’un des textes, la dissertation ou le sujet d’invention (noté sur 14 en technologiques et sur 16 en générales).

L’épreuve orale : Elle est constituée d’une partie exposé (10 minutes, sur 10 points) et d’une partie entretien (10 minutes, sur 10). L’exposé porte sur l’un des textes que vous avez étudiés en classe. Une problématique vous est donnée et vous devrez y répondre en suivant un plan organisé. Durant l’entretien, l’examinateur vous pose des questions plus générales sur l’objet d’étude du texte étudié, en s’appuyant sur vos lectures intégrales, cursives ou personnelles.


Un peu de méthodologie

Vous trouverez ci-dessous, les conseils essentiels pour gagner des points à l’écrit comme à l’oral.

La (Les) question(s) sur le corpus

D’abord il est impératif de lire plusieurs fois l’ensemble des textes et d’être attentif à la consigne. La clé du succès : une bonne compréhension des textes et de la question. Demandez-vous :
Qu’est-ce qui rapproche ces textes ? (thème, genre, époque…)
Qu’attend-on de moi ?
Ensuite, relevez dans chacun des textes des citations, associez-y un procédé littéraire et une interprétation. À partir de cette analyse au brouillon, construisez un plan équilibré (2 à 3 parties) en veillant à utiliser, dans chaque partie, des citations provenant de différents textes. N’oubliez pas de présenter le corpus dans votre introduction et de conclure l’exercice par une ou deux phrases bilan.
Enfin, votre réponse se doit d’être concise. Évitez le superflu, l’idéal étant de passer entre 45 minutes et 1 heures à cette partie pour un travail d’une page recto-verso maximum.

Le plus : Lors de l’analyse des textes au brouillon, utilisez un tableau à trois colonnes : citation, procédé, interprétation, pour chaque texte.

Le commentaire

Relisez plusieurs fois le texte à commenter et dégagez une première impression/sensation. Procédez alors à une analyse linéaire du texte en relevant dans un tableau les citations importantes, associées à des procédés et leur interprétation. À partir de la colonne interprétation, dégagez les grandes idées du texte, qui deviendront vos parties.
Construisez alors un plan. Chaque partie doit contenir des sous-parties avec au minimum un exemple tiré du texte dans chacune d’elles. On n’oublie surtout pas une introduction avec présentation de l’auteur, du contexte, de l’œuvre et de l’extrait, suivie de l’annonce de votre axe de lecture, qui peut être formulé sous forme de question ou d’affirmation et est le fil rouge de votre devoir. Il explique au correcteur l’angle sous lequel vous avez appréhendé le texte.
Pour finir annoncez votre plan. Dans la conclusion, dressez le bilan de votre étude, sans apporter d’idée nouvelle et, si et seulement si vous êtes sûrs de sa pertinence, proposez une ouverture (un autre texte du même auteur, un texte sur le même thème, de la même époque…).

Le plus : Au début de chaque grande partie, annoncez l’idée générale et présentez vos sous-parties (au moins deux par partie). À la fin de votre grande partie, faites une ou deux phrases qui serviront de bilan à la partie que vous achevez et de transition avec la prochaine.

La dissertation

Analysez très précisément la consigne : au brouillon, recopiez-la, trouvez les mots clé et n’oubliez pas d’être attentif aux tournures et adverbes restrictifs (seulement, n’est que…). Reformulez la question posée et assurez-vous ainsi de l’avoir bien comprise. Réfléchissez ensuite aux différents aspects de la question et tentez de dresser un plan approprié, pas forcément le traditionnel “thèse-antithèse-synthèse” qui ne se prête pas à tous les sujets. Le bon plan est celui qui prend en considération tous les aspects de la consigne.
Trouvez ensuite les exemples pour illustrer vos idées en vous rappelant que tout exemple (œuvre ou citation) doit être justifié et développé. N’oubliez surtout pas d’utiliser les textes du corpus .
L’introduction doit comporter une phrase d’accroche, l’explication et la reformulation du sujet sous forme d’une ou plusieurs questions et enfin l’annonce claire de votre plan. Le développement se construit en parties et sous-parties avec au minimum un exemple par sous-partie. La conclusion sert de bilan et vous pouvez y insérer, si elle est judicieuse, une ouverture.

Le plus : Choisissez des exemples variés. Tout exemple clairement justifié et intégré au développement de façon pertinente est bon. Ne vous restreignez donc pas aux œuvres “scolaires”, utilisez tout votre répertoire littéraire ET artistique.

Le sujet d’invention

Le consigne doit être aussi bien analysée que celle d’une dissertation. Puis regroupez vos idées au brouillon et construisez votre devoir de façon rigoureuse comme vous le feriez pour tout autre exercice. Une fois que la ligne de votre devoir est bien claire dans votre esprit et sur votre brouillon lancez-vous dans la rédaction en tenant en compte : la présentation spécifique du genre qui vous est demandé (lettre, article, dialogue…), l’époque, le registre, le niveau de langue, etc. qui vous sont imposés.
Le sujet d’invention ne doit pas être un sujet “par défaut”. Au contraire, il exige des qualités de rédaction mais également une importante culture littéraire et artistique puisque vous avez l’obligation d’intégrer dans votre travail des références culturelles. Enfin, ne signez en aucun cas votre travail de votre vrai nom.

Le plus : Développez, comme pour la dissertation, vos références, qui ne doivent pas être réduites à des titres d’œuvre obscurs mentionnés au hasard de votre copie. Prouvez que vous avez mené une réelle réflexion.

L’oral : la préparation

Même s’il s’agit d’un texte étudié et révisé, prenez le temps de relire le texte sur lequel vous êtes interrogés. Ensuite, après avoir pris connaissance de la question et des éléments importants relevés en classe (si toutefois vous en gardez quelques souvenirs), construisez un plan équilibré qui répond de façon pertinente à la question posée. Vous ne pourrez pas toujours réutiliser le plan proposé par votre professeur, mais surtout gardez votre calme, vous avez suffisamment de ressources pour vous adaptez. Gardez du temps pour trouvez les grandes lignes de votre introduction (auteur, contexte, replacer l’extrait dans l’œuvre) et de votre conclusion (bilan et ouverture sur un autre texte, du même objet d’étude). Utilisez environ 5 à 10 minutes de votre temps de préparation pour préparer l’entretien en listant au brouillon, les autres textes de l’objet d’étude auquel appartient votre extrait, les caractéristiques de son mouvement littéraire, des informations complémentaires sur l’auteur ou son œuvre…

Le plus : soignez particulièrement votre ouverture, qui est obligatoire et mène à votre entretien. L’examinateur va s’appuyer sur cette ouverture pour débuter la deuxième partie de l’épreuve, essayez donc de l’orienter vers les points que vous maîtrisez.

L’oral : 20 minutes pour briller

Il est temps. Oubliez votre stress, vous avez 20 minutes pour convaincre. Pour l’exposé, veillez à avoir une introduction et une conclusion concises et gardez la majorité des 10 minutes imparties pour le développement. N’oubliez pas de lire le texte, avec l’intonation, s’il-vous-plaît, à la fin de votre introduction. Suivez ensuite le plan que vous avez élaboré au brouillon, en veillant à utiliser des citations de l’ensemble du texte. Essayez de paraître à l’aise (même et surtout si ce n’est pas le cas) et ne restez pas les yeux rivés sur vos feuilles.
Pour l’entretien, répondez le plus précisément possible aux questions de l’examinateur tout en faisant l’effort, lorsque c’est nécessaire, de développer vos réponses en argumentant. Mobilisez l’ensemble de vos connaissances, les œuvres vues en cours et vos lectures et activités personnelles.
Durant toute la durée de l’épreuve, veillez à parlez assez fort pour être entendu, articulez et maîtrisez autant que vous le pouvez les petits tics de langage qui collent à la peau.

Le plus : Souriez.


10 règles d’or à appliquer le jour-J

Voici pour conclure les dix règles d’or à observer en toutes circonstances, à l’écrit et à l’oral.

1. Bien gérer son temps. Gardez toujours quelques minutes pour revenir sur votre travail, le relire et le perfectionner.

2. Veiller à l’orthographe, la grammaire, la syntaxe. Rappelez-vous qu’il s’agit du baccalauréat de Français, tout de même, et imaginez l’indignation du correcteur devant le massacre de la langue de Molière.

3. Faire des phrases courtes et simples. Désolée de vous l’annoncer si violemment mais vous n’êtes pas Proust. Laissez donc de côté les phrases alambiquées qui pourraient vite perdre votre correcteur ou examinateur.

4. Développer ses exemples. Souvenez-vous qu’il vaut mieux quelques exemples approfondis qu’un catalogue de noms sans signification à vos oreilles.

5. Utiliser ses propres connaissances. Employez les références dont vous êtes capables de parler, ainsi, ne vous servez jamais, à l’écrit comme à l’oral, d’un texte ou d’une œuvre dont vous ne connaissez que le nom.

6. Organiser sa pensée. Veillez à ce que votre plan suive une progression rigoureuse et employez des connecteurs logiques.

7. Varier le vocabulaire. Évitez autant que possible les répétitions. Utilisez les pronoms, les synonymes, les périphrases, les termes génériques… Réduisez autant que possible l’utilisation des tournures et verbes “passe-partout” tels “être”, “avoir”, “il y a”, “on remarque que”…

8. Utilisez un vocabulaire précis. Qu’est ce qu’une épreuve de Français sans la notion de procédés littéraires ? Faites-vous des fiches de révision sur les figures de style et apprenez leur nom et définition.

9. Respecter la consigne. Le seul moyen d’éviter le hors sujet fatal est d’analyser consciencieusement la question posée, toujours.

10. Avoir confiance. Gardez à l’esprit que vous avez eu toute une année pour vous préparer à ce jour à travers les cours, les entraînements, les lectures… Toutes les conditions sont donc réunies pour votre réussite.
Par conséquent, respirez, mettez-vous au yoga ou à la sophrologie et surtout réservez-vous des créneaux pour sortir votre nez de Voltaire, Verlaine ou Valéry.
Et puis, maintenant que vous avez lu cet article, qui peut vous arrêter ?

Bonne chance à tous !

Auteur·rice

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