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Panoramas édition 2014

26 000 : record battu pour le festival de musique électronique Panoramas à Morlaix ! Cette année, c’était complet tous les soirs : pas étonnant avec une programmation pareille sur les trois jours. Et la cerise sur le gâteau : pas de pluie jusqu’à dimanche matin ! 

Depuis plusieurs années, Panoramas marque son territoire. En effet, il est maintenant devenu un festival réputé. C’est avec ses artistes de qualité qu’il a su séduire le public et faire venir du monde de tous les coins de la France (un camping plus que bondé…). De Kölsch à Mr Oizo en passant par Rone, Boys Noize, Bakermat, Amine Edge et Goldfish le vendredi soir, le festival a accueilli Parov Stelar, Bondax, Claptone, Pan Pot, Daniel Avery et bien d’autres artistes formidables le samedi. Klingande et Bakermat ont contribué à ce que les places du vendredi partent très vite, en accueillant un nouveau public, pas forcément admirateur des artistes qui ne sont pas dans le même genre. On a pu écouter des morceaux inédits du nouvel EP de Rone, du nouvel album de Danton Eeprom, tous deux du label Infiné (qui étaient déjà venus à Panoramas) mais aussi vibrer sur la techno de Boys Noize (qui était également présent en 2007), de Mr Oizo auquel on doit le tube Flat Beat sorti en 1999 (15 ans déjà…) et de Kölsch, qui a su attirer la foule le vendredi.

Parlons-en d’ailleurs, de Köslch, cet homme aux 4 noms de scène différents, à savoir Kölsch, Rune RK, Rune ou encore ENUR (à qui on doit le tube Calabria 2007). C’est le nom qu’il utilise pour le label Kompakt Records. Suivant les noms qu’il utilise, on ne retrouve pas du tout le même style de musique, et pour lui ça ne s’explique pas. Il aime tous les styles de musique et a même pu citer Jean Michel Jarre et d’autres Djs des années 80 l’ayant fasciné. Depuis 1995 (et même avant) celui-ci trouve son inspiration partout et juge tous les endroits où il mixe différemment, cela dit il n’en préfère pas un particulièrement. Après avoir été à Barcelone ou encore Miami, il revient d’une tournée au Royaume-Uni et se satisfait pleinement de l’accueil qu’il a reçu à Morlaix. On peut se réjouir : de prochaines collaborations sont à venir et Kölsch travaille déjà sur un nouvel album.

Panoramas #17

Panoramas #17 // Tous droits réservés

On peut dire que c’est une édition plus que réussie pour les Panoramas. On a vu le Club grandir (on y voyait avant les artistes moins connus), de par toutes les têtes d’affiches présentes cette année. 2014 accueillait même Acid Arab et Pfel de C2C le dimanche  au club Coatelan pour la clôture du festival. Et pour ce qui est de l’espace média, un accueil plus qu’agréable. Merci à Julie et Patricia.

Maze a eu la chance d’interviewer en toute intimité rien que pour vous Fakear et Danton Eeprom !

Fakear

FAKEAR

FAKEAR // Tous droits réservés

C’est un peu étrange de commencer par ça mais comment tu appréhendes le contact avec la scène et le public ce soir ? 

En fait le cadre est tellement différent à chaque fois que je me dis pas ouais, c’est lié à un certain truc genre Panoramas c’est typé électro, le Nordik c’est typé electro… En fait chaque date est tellement unique que j’ai appris à me dire que quand tu montes sur scène t’oublies pourquoi t’es là. Y’a un lien unique qui se construit avec le public à chaque fois et qui dépend pas du nom du festival ou de l’étiquette qui se pose. C’est un truc qui se fait (imitation de bruit d’explosion) d’un seul coup. Le festival, ce qu’il apporte en tant que festival, c’est l’âme que tu vas avoir pendant la soirée, mais le concert c’est quelque chose qui est super fort et super unique. Tous les concerts sont vraiment complètement uniques, complètement différents à chaque fois.

Comment tu défends le concept live en temps que Fakear, compositeur de musique électronique, que certains comparent au statut de DJ ? 

Pour moi le live c’est hyper important et ça fait partie du boulot musical qu’il y a derrière. Quand tu composes un morceau tu réfléchis aussi à comment est-ce que tu vas le faire partager aux gens et même si je respecte énormément le travail de tous ces Djs qui vont à la limite pousser des boutons et lancer des séquences sans trop se fouler, j’me dis que c’est quand même dommage parce qu’on peut offrir un truc aux gens en plus, en se donnant un peu plus et en s’impliquant plus dans sa propre musique pour la faire partager aux autres. Pour moi c’est essentiel en fait, je me suis jamais posé la question “Est-ce que j’en fais moins ou plus ?“. Pour moi, si je sais pas jouer mes morceaux, je les joue pas. Faut savoir les jouer quoi. Le live et le studio c’est hyper différent. La création c’est quelque chose qu’est beaucoup plus proche des bas instincts. C’est pervers la création en fait. Tu crées un truc et puis t’en es pas content jusqu’au moment où t’en crées un autre. En fait tu crées un truc, et ce truc tu vas pas savoir le juger jusqu’au moment où tu vas en créer un autre après. C’est hyper compulsif, moi je compose deux morceaux par semaine ou un truc comme ça enfin ça va super vite. A la fin du mois j’en ai 20, et puis j’en jette quasiment 18 au final. Le live c’est une démarche complètement à côté, complètement différente. C’est vraiment l’échange avec les gens, le public. En fait, c’est Théo qui compose et c’est Fakear qui joue.

Est-ce que tu essaies de varier tes sets au maximum ou parfois il t’arrive de refaire les mêmes ?

Ça peut être sensiblement la même chose mais par contre y aura toujours quelque chose en plus, y aura toujours de toute façon un titre qui va foutre le camp parce que j’en compose tout le temps. Là mon dernier set c’était y a une semaine, et ce soir ça va pas du tout être le même parce que j’ai tout repensé. Mon set il bouge énormément. C’est peut être mon défaut parce qu’au final c’est fatiguant de tout le temps de réaménager son truc. C’est cool pour les gens, mais pour moi c’est assez fatiguant parce que du coup j’ai pas de réflexes, j’dois être concentré ; surtout dans une date pareille où là je vais me retrouver devant autant de gens… J’vais pas réfléchir, j’vais juste vivre le truc. J’vais pouvoir me planter mais va falloir que je pense à des choses quand même, enfin ça va être compliqué, mais bon. De manière générale, ça bouge tout le temps.

L’électro c’est vaste, est-ce que tu peux attribuer un style spécifique à la musique que tu fais ? 

Nan. Nan, franchement je sais pas, j’en sais rien. Pour moi je fais de la musique électronique assez basique qui se rapproche de la pop. Ce que je fais, c’est complètement spontané et j’me dis le plus longtemps je ne définirai pas ma musique, mieux ce sera, plus honnête ce sera.

Est-ce que tu as d’abord recherché l’originalité à tout prix ou bien tu as simplement fait ce qu’il te plaisait et l’originalité s’est avérée être un plus ?

J’ai pas du tout fait ce qu’il me plaisait dès le début en fait. Au début je me suis vachement cherché et j’ai fait beaucoup de choses différentes. Je me suis vraiment heurté à des murs et je suis tombé par hasard sur ce qui me plaisait. Morning in Japan, mon premier morceau qui a lancé le truc, c’est celui que j’ai vraiment composé dans cet esprit là et c’était vraiment un hasard. Je l’ai composé par hasard et je me suis dit ouah j’me sens trop bien là dedans, c’est trop bien, c’est ça quoi. Mais ça vient d’une recette pop. Au départ quand je l’ai fait, j’ai fait le riff de guitare, j’ai fait la rythmique et je voulais chanter dessus avec ma voix parce qu’en fait j’arrivais pas à me trouver dans l’électro et j’me suis dit que finalement c’était peut-être de la pop donc j’ai retenté. Et en fait j’y arrivais pas, j’assumais pas ma voix donc j’ai pris une autre voix, je l’ai découpée en mille morceaux et j’ai fait ça ; mais c’est une recette pop : y’a une voix, une guitare, une basse, une batterie, comme un groupe quoi et du coup c’est une originalité qui vient d’un truc qu’est pas du tout original. Ce que je fais c’est spontané, c’est toujours comme ça et faut que ça continue d’être comme ça.

Sur scène, tu dis que tu es quelqu’un d’autre, est-ce que c’était un besoin d’avoir cet alter ego pour pouvoir t’exprimer en live ?

Ouais. Parce qu’en fait quand tu composes en studio enfin quand c’est Théo compose, il compose avec ses tripes et il compose des trucs complètement intimes. Tu composes de la musique parce que tu sais pas parler en fait, c’est une autre forme de langage. C’est super intimiste ce qu’il dit Théo dans ses compositions, du coup je peux pas les présenter en temps que Théo parce que je me chialerais dessus. Ça serait horrible, je pourrais pas, et de toute façon personne peut faire ça. Personne peut se pointer face à 500 personnes et être soi-même. T’as toujours une couverture et Fakear c’est complètement ça, c’est complètement une armure.

Toi qui a beaucoup évolué en si peu de temps, est-ce que tu comptes faire des sets à l’étranger ?

J’aimerais bien ouais. Après, là, au mois de mai je pars à la Réunion, c’est cool, j’vais partir en Irlande aussi mais y’a pas vraiment de tournée qui s’inscrit réellement, qui s’organise pour l’étranger. Pour l’instant c’est des petites dates ponctuelles à droite à gauche comme ça mais j’me dis que ça serait cool une tournée, genre partir longtemps et loin… Enfin pour l’instant ça en est là et ça va déjà tellement vite !

Est-ce qu’il y aurait quelqu’un avec qui t’aimerais bosser en studio ? Ou tu la joues plutôt solo ?

Là j’ai trouvé quelqu’un avec qui bosser en studio. C’est une nana qui chante avec moi, qui sera là ce soir et elle, elle a vraiment pigé le délire Fakear, elle a vraiment compris là où je voulais en venir, ce qu’était que mon univers et on a réussi à bien bosser ensemble. Après, j’ai eu vachement de mal à partager mon univers. Théo il dit des trucs super intimes et du coup faut que cette personne là puisse rentrer dans ton intimité et là en l’occurrence, cette fille qui chante avec moi c’est devenue une pote, parce qu’avant d’avoir fait les morceaux on a passé des aprems et des soirées à parler, parler, parler de nos visions de la vie etc. On s’entendait bien, c’est vraiment devenue une amie et du coup, là je peux lui partager quelque chose, je peux partager quelque chose de Théo avec elle. Collaborer avec Fakear ça voudrait dire connaître Théo d’abord.

Mais au fait, pourquoi Fakear ?

Parce qu’avant je faisais du rock. Parce qu’en fait, quand je me suis mis à l’électro, tous mes potes m’ont regardé chelou et m’ont dit “Mais mec c’est quoi cette fausse musique ? Qu’est-ce que tu fais avec… pas d’instrument ?“. Du coup c’est ça, je fais de la fausse musique avec ma fausse oreille. Fakear c’est “Fake ear” en fait.

Pour finir, est-ce qu’il y a un artiste que tu admires plus que les autres à Panoramas ? 

Admirer, je sais pas si c’est le bon terme. Ça serait plus toucher. Un artiste qui me touche plus que les autres, ce soir c’est Cashmere Cat et hier c’était Rone. Rone, c’est aussi le bonhomme me touche. Je le connais pas bien, j’ai juste eu l’occasion de lui parler quelques fois mais c’est vraiment un mec qui m’a scotché de sincérité et de naturel.

Danton Eeprom

DANTON EEPROM

DANTON EEPROM // Tous droits réservés

Danton Eeprom, ton nom de scène se réfère à l’informatique. Comment, de l’informatique qui était ta passion, tu en es arrivé à la musique ? Est-ce que ça a été un déclic ?

C’est intéressant parce que depuis très très jeune j’ai toujours dit qu’on pourrait faire de la musique avec les ordinateurs. J’étais pas du tout dans l’esprit d’acheter des synthétiseurs, enfin d’acheter du matériel dédié à la musique, je voulais absolument que ça passe par les ordinateurs, à une époque où on faisait pas encore grand chose avec les ordinateurs ; enfin y’avait des choses qu’on pouvait faire mais c’était quand même assez limité. L’évolution de la technologie m’a donné un petit peu raison parce que chaque année ça a progressé et aujourd’hui on est dans un monde où finalement y’a toujours des styles comme la pop, le rock, l’électronique, mais toute la musique est électronique au final. Elle passe forcément dans un ordinateur, que ce soit en musique piste, en bluetooth, en studio etc donc c’est assez intéressant et moi ça m’a toujours fasciné cette manière de travailler. Et la fascination continue aujourd’hui.

T’as débuté dans un groupe non ? Et t’as toujours eu cette envie d’ajouter ta touche électronique c’est ça ?

J’ai toujours aimé le travail de production. Dans mon groupe je jouais de la guitare, je chantais mais c’est moi qu’enregistrais les démos, les maquettes du groupe, qu’essayais d’apporter les rythmiques électroniques ou des sons de synthétiseurs en plus pour enrichir la production. J’ai toujours aimé cet aspect là des choses et chemin faisant je me suis retrouvé à travailler enfin à bidouiller un petit peu chez moi avec des appareils que j’avais utilisés pour le groupe et c’est comme ça que j’ai commencé à faire de la musique solo. Au départ c’était pour rire, mais finalement bidouiller avec les machines ça a pris le dessus sur le travail du groupe.

Tu t’es totalement redirigé vers un autre style de musique du coup ?

Ecoute oui, c’était un groupe de rock et j’en avais un petit peu marre de jouer dans des salles avec toujours les mêmes 15 potes, super cool les potes hein mais le rock en France à cette époque là c’était super compliqué, surtout en province, y’avait pas de scènes, y’avait pas d’encadrement… Ça va un petit peu mieux j’ai l’impression, en Bretagne y’a eu beaucoup de choses ces dernières années, y’a eu comme une sorte de pépinière de talents, y’a des artistes qui sont sortis et avec des structures pour les développer mais à l’époque moi ça n’existait pas et c’est vrai que ça m’a un petit peu découragé. Mais après ça a été très formateur, t’apprends la scène, t’apprends à occuper une scène, à oublier tes problèmes… Ça m’a apporté beaucoup de choses parce que beaucoup de gens dans la musique électronique ne connaissent que le studio et au final sur scène ils sont pas toujours à l’aise, ils savent pas comment occuper l’espace et les 7 ans que j’ai passés dans le groupe m’ont beaucoup aidé par rapport à ça et puis aujourd’hui j’intègre aussi de la guitare dans mes morceaux électroniques, de la batterie. J’ai toujours été tiraillé par la technologie pure (les ordinateurs, la synthèse) et l’énergie d’un trio basse batterie guitare parce que ça sonne, c’est vrai ; donc aujourd’hui sur mes disques électroniques y’a beaucoup d’instruments acoustiques. Dans mon groupe j’ai appris à jouer de la batterie, de la basse, de la guitare, à chanter donc finalement quand je suis en studio j’peux me créer mon mini groupe à moi tout seul et j’adore faire ça, c’est super cool.

Est-ce que tu penses appartenir à un style précis ?

Non pas du tout mais j’aime beaucoup de styles. A chaque fois que je fais un morceau dans tel style c’est un peu un hommage à ce que j’aime bien dans ce style là. Mes morceaux sont différents les uns des autres mais j’espère qu’on retrouve une continuité.

Ça serait quoi ta marque de fabrique alors ?

C’est intéressant ça. Euh quand tu fais un album tu inventes un dispositif pour créer et je pense qu’il faut s’y tenir. Là par exemple j’ai utilisé beaucoup d’iPads et les programmes que j’ai utilisé sur ces iPads ont créés une espèce de palette sonore en fait que j’allais utiliser partout. Donc ces iPads là ont été centraux à la création et au son final, mais y’a eu aussi le fait que je vais aller mettre des guitares, de la batterie acoustique, chanter… Y’a la voix qu’est un fil conducteur aussi, j’ai jamais mis autant de voix dans un album ! Mais c’est pas que je voulais en mettre particulièrement, ça s’est fait naturellement. Donc y’a pas mal de styles différents mais on retrouve toujours la même façon de faire. Ce qui veut pas dire que je vais faire la même chose pour le prochain ! J’ai envie de le faire assez vite là et je pense que je vais me diriger vers quelque chose de beaucoup plus organique, de beaucoup plus simple, beaucoup plus primaire et le faire en 3 semaine 1 mois bim bim bim pour avoir la spontanéité.

Cela veut dire que le dernier album n’était pas spontané ? Combien de temps as-tu mis à le réaliser ?

J’ai mis 2 ans. D’habitude je suis pas comme ça. Je suis plus à faire un morceau en 3 jours, et si le 4ème jour il est pas fini, y’a un problème, du coup je le jette et je recommence. Cette fois-ci j’ai bossé avec le directeur artistique d’Infiné et on a décidé d’aller au bout des morceaux, d’aller au bout des idées, d’épargner aucun détail, d’être vraiment exigeant. C’est une manière de faire que j’avais jamais expérimenté et qui est très intéressante. C’était parfois super dur mais au final le résultat j’en suis content parce qu’on est vraiment allés au bout des choses.

Tu peux nous parler de ton association avec Infiné ?

Quand ça s’est créé, j’avais confiance en l’équipe. Je savais pas trop ce que ça allait donner mais les gens avaient du pedigree, j’avais vraiment envie de me lancer dans cette aventure avec eux, d’en faire partie. Entre temps j’ai fait des tournées, j’ai fait d’autres choses avec d’autres labels mais après le label s’est développé, y’a eu plein d’artistes qui sont rentrés et je suis content qu’Infiné ait une bonne réputation, comme un label de qualité. Je suis vraiment content pour eux parce que c’était vraiment des passionnés à la base, ils se sont donnés beaucoup et ça a pas été facile tous les jours parce qu’un label indépendant c’est toujours difficile et voilà tous les deux on a évolué à notre manière et on s’est retrouvés.

Il y a Rone d’ailleurs du même label, est-ce que vous vous connaissez ?

Ouais je l’ai rencontré sur des dates Infiné et il est venu chez moi à Londres la dernière fois qu’il y est passé, et j’adore ce mec il est super cool. Et puis je suis super content parce qu’il y arrive aussi donc c’est génial, il a trouvé un écho en France et à l’étranger aussi d’ailleurs.

La carrière Infiné donne envie, t’y es déjà allé ?

La première fois que j’y allais c’était cette année, et c’était absolument génial. C’est vraiment un centre de vacances pour musiciens un peu tarés, tu vois le truc de fou. Tu vois des musiciens du monde entier qui jouent au volleyball l’après midi, d’autres à la piscine et puis le soir on a une sorte d’énorme chaîne hifi dans une carrière acoustique qui est super intéressante. C’est génial, c’est un terrain d’expérimentation et les artistes sont accueillis vraiment de manière exceptionnelle. Une fois qu’on a goûté à ça… Enfin moi j’y retournerais en tout cas.

Pour revenir à l’album, y’a un thème qui revient souvent, c’est l’apparence. D’où ça te vient ?

C’est pas à moi que ça vient, c’est à la société. “Il faut croire que c’est la société…“. Donc ouais l’apparence est devenue centrale à toute chose quitte à cannibaliser d’autres domaines qui sont plus intéressants et c’est vraiment un choix de thème par rapport à un ressenti de la société que j’ai aujourd’hui. C’est quelque chose qui me fascine, que j’aime bien étudier parce que c’est super intéressant. Mais la mode c’est un danger aussi parce qu’il y a beaucoup de nanas qui voient des canons de la mode qui sont complètement fausses, qui sont retouchées sur photoshop et qui essaient de se conformer à ces canons en devenant anorexiques… Enfin on est arrivés à des extrêmes assez incroyables quoi. C’est pas du tout que j’attache une importance particulière à ces choses là, mais c’était vraiment pour moi la manière d’amener le focus sur un sujet de société qui me paraît important ; et faut arrêter la passivité, faut arrêter d’accepter de se faire bombarder de publicités, de prendre ça pour la réalité, de rien dire et de juste se conformer. Il faut que les gens aient une réflexion par rapport à eux mêmes. L’apparence c’est un thème qui fait un petit peu fil conducteur sur mon album c’est vrai, sur les paroles etc. Du coup j’en profite pour raconter des histoires, par exemple l’histoire de ce mec de trente ans qui tombe amoureux d’une nana qu’a surement seize ans, mais il le sait pas au départ, qui s’habille en American Apparel, les fringues d’aérobic, mais qui n’en sont pas en fait, les fringues d’aérobic pour aller en boîte enfin y’a plein de paradoxes comme ça que je trouve assez intéressants et c’est la société dans laquelle on vit quoi.

Est-ce qu’il y a un titre que tu préfères dans ton album, un titre dont tu es plus fier que les autres ?

Alors je la préfère pas mais ça serait Never Ask, Never Tell. C’est un morceau qui me tenait à cœur, qu’est personnel et d’ailleurs quand je devais retravailler dessus c’était un petit peu angoissant. C’est dur de retourner dans cette ambiance là, dans ces souvenirs là… Enfin j’ai vraiment pas fait semblant sur cet album. C’est vraiment un album qui m’est proche. Au premier abord, on pourrait croire que ça part dans tous les sens mais pas du tout.

Et pour finir, plutôt scène ou plutôt être en studio, toi qui est minutieux ?

Honnêtement, j’aime beaucoup le studio. Si je pouvais rester toute ma vie en studio avec mes machines je le ferais MAIS sur scène on se nourrit vraiment de l’énergie des gens. Y’a l’adrénaline, et tout ce qu’on reçoit du public c’est incroyable. Quand j’y vais, j’y vais pour tout donner. L’alchimie sur scène ça marche pas toujours, parfois la mayonnaise prend pas avec les gens, avec le lieu, toi t’es pas dans le truc… Mais par contre quand ça marche y’a rien qui surpasse ça. C’est vraiment magique. Ça vaut le coup d’essayer, de faire tout ce studio, et de faire tous ces kilomètres parfois pour aller quelque part parce que tu te dis je suis content de vivre et de faire ce que je fais.

Auteur·rice

21 ans. Passionnée de cinéma et étudiante en Audiovisuel. Rédactrice cinéma et musique à Maze.

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