À quelques mois du coup d’envoi de la Coupe du Monde de football 2014, accueillie par le Brésil, tout ne semble pas être au point dans le pays hôte. Alors la procrastination adaptée à un événement majeur ça donne quoi ?
Le problème majeur qui se pose à l’heure actuelle est celui des stades. En effet alors que la FIFA, sainte-mère du football international, avait exigé du Brésil que les stades devant accueillir les matchs du mondial soient prêts au 1er janvier 2014, trois mois plus tard ce n’est toujours pas le cas. Seuls cinq stades sur les douze prévus ont vu leurs travaux s’achever. Le souci majeur étant que les infrastructures, livrées en retard, ne pourront pas subir les tests de sécurité indispensables à ce type d’événement et qui leur permettraient d’être homologuées.
L’exemple le plus marquant est celui du stade de São Paulo. Bien que capitale économique du pays, et ville-hôte devant accueillir le match d’ouverture Brésil-Croatie le 12 juin prochain, le stade n’y est pas prêt. Du coté de la FIFA et des passionnés du ballon rond on s’inquiète ; on se souvient que c’est ce même stade inachevé sur lequel une grue s’était effondrée le 27 novembre dernier entraînant la mort de deux ouvriers. Bien que les autorités compétentes aient assuré que la structure du stade n’avait pas été endommagée, on est en droit de se méfier lorsque l’on voit qu’il ne devrait être livré que le 15 avril. Soit deux mois à peine avant l’ouverture des festivités. Comment, alors, être sûrs que les tribunes présidentielles raviront leurs hôtes et que les petits-fours servis y seront à la hauteur ?
Mais les stades ne sont pas le seul souci soulevé par ce mondial brésilien. En effet les nombreux aménagements du territoire qui avaient été imaginés afin de permettre une circulation optimale des supporters du monde entier ont pour certains été abandonnés, pour d’autres reportés… à après le mondial. La modernisation et l’amélioration des routes et voies de communication brésiliennes ne sont donc pas pour demain. À l’image de l’aéroport de Fortaleza, ville-hôte qui doit accueillir six rencontres. Il était prévu d’y ajouter un terminal supplémentaire qui s’est transformé en tente géante. Ambiance tonnelle, mariage et apéro aux points de contrôle.
En même temps, on peut pardonner à un pays laissant vivre ses concitoyens dans des favelas d’avoir du mal à débourser plus de 250 millions d’Euros pour la construction d’UN stade qui ne servira qu’une paire de semaines avant de tomber dans l’oubli, d’accueillir des matchs mineurs ou bien encore des concerts de Johnny Hallyday comme notre ô combien majestueux Stade de France.
Aussi ne faut-il pas juger trop sévèrement le Brésil. Ils sont certes économes et vous transiterez dans des tentes, vous assiérez dans des stades pas assurés d’être des plus solides et ne pourrez profiter des transports en commun, mais ne ferait-on pas attention nous aussi à nos dépenses quand plus de 12 % de la population vit avec moins de 2$ par jour ? Et puis finalement, si les stades ne devaient pas être prêts à temps, ne serait-ce pas l’occasion pour joueurs et supporters d’entrer en communion en jouant sur la plage ?





