SOCIÉTÉ

Pollution, quelles solutions ?

Le 12 mars dernier, le niveau maximal d’alerte à la pollution aux particules fines a été déclenché en Ile-de-France. Trois associations écologistes (l’ONG Respire, Ecologie sans frontière et Rassemblement pour la planète) ont porté plainte au pénal pour « mise en danger de la vie d’autrui ». Ou en-est-on ? Quels sont les risques ? Comment réagir ? Une mise au point s’impose.

La pollution aux particules fines, c’est quoi ?

Les particules fines sont des polluants atmosphériques composés d’un mélange de substances organiques et minérales. Elles sont classées plus ou moins dangereuses en fonction de leur diamètre. Les plus fines d’entre elles (moins de 2,5 micromètres) ont été classées « cancérigènes certains » par l’OMS (l’Organisation Mondiale de la Santé). En effet, ce sont celles qui sont les plus dangereuses puisqu’elles pénètrent dans les ramifications les plus profondes des voies respiratoires et dans le sang. Elles sont principalement émises par l’industrie et le trafic routier.

Un pic de pollution, c’est quoi ?

Lorsque sur une échelle de 1 à 10, l’indice de pollution atmosphérique atteint la note de 10, il y a pic de pollution. C’est ce qui s’est passé ces dernières semaines dans plusieurs régions françaises. Des concentrations de polluants atmosphériques (et donc de particules fines) nocives pour la santé ont été détectées en Ile-de-France, mais aussi dans l’Ouest, le Centre et en région Rhône-Alpes.

Quels sont les risques pour la santé ?

Les particules fines peuvent accentuer ou provoquer l’asthme, les allergies et des maladies respiratoires ou cardiovasculaires. Les enfants de moins de six ans et les personnes âgées ou malades sont les plus exposées aux risques.

Comment réagir soi-même ?

Il existe quelques conseils à suivre pour tenter de se protéger au mieux. Pendant un pic de pollution, il vaut mieux réduire ou complètement supprimer les activités physiques, en plein air bien sûr, mais aussi en intérieur. Evitez les promenades avec des enfants ou des personnes âgées. Les déplacements doivent également être limités ; il ne s’agit pas de rester cloîtré chez soi, mais si possible d’éviter les déplacements aux abords des grands axes routiers ou les déplacements annexes. Enfin, dans la mesure du possible, privilégiez les transports en commun.

Comment réagissent les pouvoirs publics ?

A Paris, la circulation alternée a été mise en place, les Vélib’ et les Autolib’ ont été mis à disposition des habitants gratuitement. Les transports en communs sont devenus gratuits pendant le pic de pollution à Caen, Rouen, Grenoble et Reims. Ces mesures visent à inciter les français à utiliser les transports en commun pour leurs déplacements, mais cela suffit-il ? La circulation alternée a divisé les politiques et la population, certains préférant payer une amende mais utiliser leur véhicule.

Aujourd’hui nous connaissons les facteurs et les conséquences de la pollution. Mais personne ne semble décidé à prendre de vraies décisions et le fond du problème n’est pas résolu. La qualité de l’air que nous respirons continue à se dégrader et d’autres pics de pollution sont prévus, à des intervalles de plus en plus courts. La France serait-elle en train de suivre la voie de la Chine ? Pékin est littéralement asphyxié par les particules fines. Cette pollution y est impressionnante car visible. Devons-nous attendre de nous réveiller dans des villes françaises cachées par d’épais nuages noirs pour réagir ?

Auteur·rice

Secrétaire générale de la rédaction du magazine Maze. Provinciale provençale étudiante à Sciences Po Paris. Expatriée à la Missouri School of Journalism pour un an. astrig@maze.fr

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