SOCIÉTÉ

Sotchi, c’est fini !

Six nouvelles disciplines aux JO de Sotchi

La commission exécutive (CE) du Comité International Olympique (CIO) réunie les 5 et 6 avril à Londres à l’occasion du Congrès « SportAccord », a décidé d’inclure six nouvelles disciplines au programme des Jeux Olympiques d’Hiver de Sotchi 2014.

Saut à ski féminin

Cette discipline avait demandé sans succès son admission au programme des Jeux de Vancouver 2010. Le saut à ski féminin a réussi son « examen de passage » lors des championnats du monde de ski nordique 2011 à Oslo du 23 février au 6 mars.

saut à ski féminin

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Relais mixte en biathlon

Même principe que le relais biathlon traditionnel mais en l’occurrence, organisé avec des équipes constituées de deux hommes et deux femmes. Cette épreuve est déjà organisée lors des championnats du monde de biathlon.

Half-pipe en ski (messieurs et dames)

Même principe que le half-pipe en snowboard : un demi-tube de neige dans lequel on exécute des figures spectaculaires en prenant son impulsion sur les bords. Les sauts en ski ont une amplitude plus importante qu’en snowboard.

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stefcande.com

Épreuve par équipes en patinage artistique

L’épreuve associe huit patineurs (deux hommes, deux femmes, un duo en couple et un duo en danse sur glace) d’une même nation, dont les points s’additionnent pour déterminer un classement. Cette épreuve a été organisée pour la première fois lors des championnats du monde de Tokyo en 2009.

Relais en luge

Trois compétiteurs par nation se relaient sur la piste de luge, et l’équipe la plus rapide l’emporte. La FIL (Fédération Internationale de Luge) organise déjà cette épreuve sur les différentes étapes de la Coupe du Monde.

– David Di San Bonifacio

Coline Mattel, l’avènement d’une championne olympique

La jeune Française de 18 ans a décroché la première médaille olympique de bronze de l’histoire du Saut à ski individuel dame à l’occasion de la vingt-deuxième édition des Jeux Olympiques d’Hiver.

Coline Mattel, l’espoir français du saut à ski a décroché, à 18 ans, la première médaille de bronze olympique dans cette catégorie à l’occasion des JO d’Hiver de Sotchi. Originaire des Contamines, Coline Mattel n’en est pas à son coup d’essai, elle a participé à de nombreuses compétitions comme les championnats du monde avec à la clé plusieurs médailles. Quand Coline ne monte pas sur ses skis elle se consacre à sa deuxième passion, le théâtre. Un moyen de s’épanouir et de gérer le stress des compétitions.

Face à la piste

Ce que ressent Coline durant le saut est unique : « En vol, la sensation est exceptionnelle. On ne peut pas dissocier ce qu’il s’y passe, c’est une question de fluidité et d’enchaînement. Il y a la vitesse et puis le fait de se sentir portée ». Et puis, il y a l’attente, avant le saut, la montée d’adrénaline qui ressemble fortement à ce que ressent Coline lorsqu’elle monte sur les planches d’une scène de théâtre. “Avant de monter sur scène, j’ai le trac, je ressens un peu la même pression au saut à ski. Au moment où on se lâche sur la piste d’élan, ou quand on monte sur scène, on ne peut pas reculer. Il y a une même idée et les mêmes sensations”.

La consécration

Deuxième après la première manche (99,5 m), Coline a su imposer son style, malgré un second saut un peu court (97,5 m), et a ainsi obtenu les points nécessaires à sa consécration. Coline peut être ravie, elle se place devant la grande favorite japonaise Sara Takanashi, quasi-imbattable cet hiver qui a finalement terminé quatrième.

– David Di San Bonifacio

L’épopée Rasta Rockett

Avant-derniers sur la piste du Centre de glisse Sanki mais premiers niveau cote de sympathie. L’équipage jamaïcain de bob à 2 composé de Marvin Dixon et Winston Watts a connu une histoire rocambolesque tant pour se qualifier pour cette Olympiade que durant le cours de la compétition.

Pour pouvoir réaliser leur rêve olympique, ils ont dû soulever des fonds, après avoir glané sur la glace la dernière place qualificative pour les JO. Mais l’appel lancé sur les réseaux sociaux et sur les sites de financement participatif a eu un succès retentissant, avec près de 100 000 dollars recueillis. Watts et Dixon ont même été dépassés par leur succès, appelant leurs supporteurs à arrêter leurs dons (dont l’un des principaux contributeurs fût un certain … Usain Bolt), ayant recueilli la somme nécessaire.

Et comme dans le film de Disney inspiré de l’aventure du bob jamaïcain aux Jeux Olympiques de Calgary 1988, le périple ne pouvait se réaliser sans mésaventures : entre perte des bagages en transit avec la Russie et boîtes de compléments alimentaires s’étant renversées dans leurs casques et leurs combinaisons. Pas sûr cependant que cela soit suffisant pour inspirer un « Rasta Rockett 2 ».

– Samuel Ladvenu

France Télévisions va toujours plus loin

Chargé de la retransmission des JO, France Télévisions n’a pas daigné changer son équipe de commentateurs. Et cela ne lui a pas permis de gagner : le CSA a été saisi pour des propos borderline, et surtout misogynes.

Le couple infernal du patinage artistique composé de Nelson Monfort et de Philippe Candeloro rafle la mise. Déjà ciblé pour incompétence flagrante lors des dernières compétitions, Nelson Monfort tient à rappeler que les athlètes « ne sont pas du tout, contrairement à ce que certains clichés pourraient laisser entendre, des mastodontes. Ce sont des jeunes femmes extrêmement fines, extrêmement jolies, extrêmement élancées, dont l’aérodynamisme n’a d’égal que le charme », comme apparemment la patineuse italienne Francesca Lollobrigida mais qui n’a malheureusement pas pour elle « la plastique de sa glorieuse homonyme ». Quant à Philippe Candeloro, c’est à se demander ce qu’il lui reste de sa carrière, tellement ses propos sont axés sur le physique des patineuses : en parlant de Kaetlyn Osmond, « Je connais un anaconda qui serait bien allé embêter cette Cléopâtre canadienne » restera l’une de ses plus belles performances. Mais il ne faut pas oublier leur compatriote Annie Dumont qui s’extasie sur les sauts – obligatoires lors du programme court – de  Brian Joubert avec des « Ça c’est la classe ! » légèrement dépassés.

La palme du chauvinisme revient à l’indétrônable Patrick Montel qui a reproché à Mathieu Crépel (plusieurs fois champion du monde), consultant pour les épreuves de snowboard, de tout commenter en anglais … Lionel Chamoulaud a choisi son camp et ne parle pour cela que de « surf des neiges ». Montel a aussi été l’auteur d’une magnifique désillusion en direct, lançant à la biathlète française Anaïs Bescond, qui arrive péniblement à sa hauteur, « Je suis sûr qu’il y a une médaille au bout » alors que celle-ci est en train de se faire dépasser par deux concurrentes en grande forme. Pour lui redonner courage, il tente de se rattraper avec un « Ce qui ne te tue pas te rend plus fort, tu le sais … » et fait un énorme bide en direct.

Notons aussi des précisions indispensables qui nous ont été révélées par les plus grands experts comme « Je ne sais pas si vous le savez, mais Shaun White est une immense star aux États-Unis », « JB, qui porte encore son bonnet fétiche » ou encore « On pense à son papa qui a dû fermer son Sport 2000 à Pralognan-la-Vanoise. »

Najat Vallaud-Belkacem souhaite que le contrôle soit renforcé, pour que la distinction entre blagues lourdes et sexisme avéré soit plus aisée à faire. En attendant, France Télévisions avance ses chiffres d’audience pour contrer les critiques : plus de 9 millions de Français étaient derrière leur poste pour soutenir Coline Mattel en saut à ski.

– Marion Bothorel

Les adieux de la star Brian Joubert

Le parcours compliqué de Brian Joubert s’est terminé, à la treizième position sur la patinoire de Sotchi. Les larmes ont été difficiles à retenir, pour lui comme pour ses fans, notamment russes, présents dans la salle. Car Brian Joubert est une star, internationale.

Lui-même l’a dit à RTL : « Je suis plus populaire en Russie, au Japon ou en Corée du Sud qu’en France ». Sa relation avec le public français a toujours été compliquée : c’est peut-être dû à une grande pression sur ses épaules, une forte attente envers celui qui dit avoir fait beaucoup de sacrifices, surtout entre 10 et 15 ans. Si ce nom ne nous est certainement pas inconnu, peu sont capables d’énumérer ses réussites, lui qui reste le patineur français le plus titré.

Sur le circuit depuis 2002, trois fois vice-champion du monde, trois fois champion d’Europe et huit fois champion de France, son palmarès est bien plus important que celui de Philippe Candeloro, avec qui il ne partagerait pas la « même vision » de ce sport (ce que Nelson Monfort n’a pas manqué de souligner en lançant, durant le programme court de Joubert : « J’adore vous voir encourager Brian, Philippe, j’adore, j’adore ça ! »).

Ce patineur a toujours eu beaucoup de mal avec les grands rendez-vous populaires ; lâchant à Vancouver, un « Putain de Jeux Olympiques … Je n’y arriverai jamais », il ne finit que seizième. Homme de caractère, il compte au cours de sa carrière plus de dix changements entre six entraîneurs, avec une courte période où il décida de s’entraîner seul, et de nombreux conflits avec sa fédération. Annonçant depuis longtemps Sotchi comme sa dernière compétition, il a amorcé sa préparation plus sereinement qu’à l’accoutumée – l’obsession de la médaille envolée – ce qui lui permit de patiner aux JO cette fois-ci avec plaisir.

Sur une prestation qualifiée de plus qu’honorable, Brian Joubert a eu du mal à retenir ses larmes et les commentateurs n’ont pas manqué de souligner une dureté dans la notation pour des adieux qui, selon eux, auraient mérité bien plus. Quant à son avenir, il n’est aucunement question de raccrocher les patins : s’offre à lui le choix entre quelques saisons de galas en professionnel ou bien la tentation du patinage en couple, avec son ancienne compagne, Valentina Marchei.

– Marion Bothorel

La révélation de Sotchi : Martin Fourcade

C’est évidemment le nom qu’on retiendra de ces Jeux Olympiques d’Hiver de Sotchi. Âgé de 26 ans, ce natif des Pyrénées-Orientales, après toute une scolarité à Font-Romeu, se révèle mondialement dans le sport résolument obscur qu’est le biathlon. Portrait d’une double révélation.

Ce sport d’origine militaire combine –  pour ceux qui ont réussi à échapper aux gros plans de tir à la carabine – ski de fond et tir sur cibles. Les athlètes sont financés en partie par l’armée pour des raisons historiques : le but était de s’entourer des meilleurs skieurs, surveillant les frontières et capables de pister d’éventuels fraudeurs sur de longues distances. Démilitarisé depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, ce sport ne rassemble que 300 licenciés en France mais ses adeptes, souvent militaires de carrière, remportent comme à Vancouver beaucoup plus de médailles que le ski alpin.

Et l’homme ? Martin Fourcade forme avec son aîné, dit Simon-le-stressé, un binôme complémentaire. Pour l’imiter, il choisira le ski de fond et le combiné nordique, pour le suivre, il quittera sa famille pour aller en sports-études dans les Alpes. Il se raconte sur un site très personnel où l’on peut savoir grâce à une roadmap exactement où il se trouve, combien il pèse, sa playlist, ses acteurs/actrices et ses films préférés … Dans un discours à la première personne, il retrace son parcours, ses succès et échecs, ses baisses de moral (lorsqu’il décide de rentrer chez ses parents ou quand les quinze heures de bus pour aller à l’entraînement lui feront une nouvelle fois opter pour le sports-études).

Après une année 2012 qualifiée de « folle » (huit victoires et trois titres aux mondiaux de Ruhpolding, Allemagne), Martin Fourcade domine sa discipline. Il le devrait pour beaucoup à une équipe de France très soudée, dont fait évidemment partie Simon, qui lui fit déjà décrocher l’argent Olympique à Vancouver.  Si l’or au 20km et à la poursuite de 12,5 kilomètres, et l’argent lors de la course mass-start (15km, départ en ligne), ne lui permirent pas d’égaler Jean-Claude Killy, le sprint final de sa dernière course ne doit lui laisser aucun regret : parti de loin, il devra finalement être départagé par la photo-finish et ne céder l’or que pour quelques centimètres.

Devant les sénateurs ébahis par ses performances, Martin Fourcade, modeste, se serait contenté de leur expliquer, avec son petit cheveu sur la langue, qu’  « une mutation sur le gène HFE améliore depuis [s]a naissance l’exploitation du fer par [s]on organisme. »

– Marion Bothorel

Top 3 des ratés des Jeux Olympiques

37 milliards d’euros : voilà pour le coût faramineux des Jeux d’Hiver les plus chers de l’Histoire. Malgré tout, de nombreux problèmes logistiques ont émaillé ces Jeux, pour le plus grand bonheur des internautes. Maze Magazine revient sur les plus remarquables d’entre eux.

  1. Le perçage de porte

Membre de l’équipe américaine de bobsleigh, Johnny Quinn a eu un léger problème. Prenant sa douche dans la salle de bain de sa chambre d’hôtel, il s’est retrouvé coincé, sans téléphone portable pour appeler à l’aide. Alors, quoi de plus efficace que… de défoncer la porte. Le bobeur a ensuite tweeté avec humour « Avec aucun téléphone pour m’aider, j’ai utilisé mon habitude des poussées au bobsleigh pour me dégager » !

…With no phone to call for help, I used my bobsled push training to break out. #SochiJailBreak pic.twitter.com/apZRefgvCO

— Johnny Quinn (@JohnnyQuinnUSA) 8 Février 2014

  1. La poubelle-douche

Le 16 février dernier, Heather Moyse, pousseuse canadienne au bobsleigh, n’a pas trouvé de baignoire dans le village olympique. Pour faire trempette dans une eau au sel de sulfate de magnésium destinée à décontracter les muscles, l’athlète a fait avec ce qu’elle avait sous la main : une poubelle !

No bath tubs in the Mountain Village… So just chillin’ in a garbage bin doing a hot Epsom salt ‘bath’ ! #NoExcuses pic.twitter.com/HwdyaPUO7K

— Heather Moyse (@HeatherMoyse) 16 Février 2014

  1. L’anneau qui ne s’ouvre pas

C’est le fail de la quinzaine ! Lors de la cérémonie d’ouverture, seuls quatre des cinq flocons représentant les cinq anneaux olympiques se sont ouverts. Mais, pas de soucis, dans la mère patrie de Poutine, tout est prévu. Bénéficiant d’un léger différé de 15 secondes dans la retransmission, la télé russe en a profité pour passer des plans de coupe du public au moment du plantage ! Habile !

– Samuel Ladvenu

Yuri Kadobnov / AFP

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