MUSIQUE

Skip The Use – Little Armageddon

Skip The Use revient avec le surprenant Little Armageddon !

SKIP-THE-USE-24-JANVIER-14

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Deux ans après la sortie de Can Be Late qui les a propulsés sur les devants médiatiques, les charismatiques Skip The Use reviennent avec un nouvel album, Little Armageddon dans les bacs depuis le 24 Février dernier.

Suite à la sortie de leur premier single Nameless World il y a quelques mois, Skip The Use avait semé le doute sur la tournure de cet album, le titre entremêlant sonorités reggae et pop, laissant quelques fans sur leur fin, le groupe nous ayant habitué à tout autre chose avec Can Be Late (2012) et Skip The Use (2010). Pas de crainte à avoir cependant puisque Little Armageddon est loin d’être un album “reggae” comme certains ont pu le dire. Il propose un mélange très éclectique passant d’un rock puissant et chargé de saturations à des titres plus électro voire même reggae, revenant aux sources du groupe, le rendant alors inclassable. Une fois encore le tout a savamment été écrit par le chanteur et leader Mat Bastard avec l’aide de son guitariste Yann Stefani pour les compositions. Quant à la production, les lillois ont choisi de s’entourer de Dimitri Tikovoï (Placebo, The Horrors, John Cale, Goldfrapp, Sissor Sisters …) et d’Adrian Bushby (Muse, Foo Fighters, Jamiroquai), mixeur aux multiples Grammy Awards, l’album ayant voyagé entre le Sarm West Studio (Londres), l’ICP (Bruxelles) et Question de Son (Paris).

Comme nous le mentionnions précédemment Skip The Use est loin d’avoir sorti un album de reggae et les deux morceaux ouvrant l’album, Second To None et 30 Years ne nous diront pas le contraire. En effet, ce sont deux titres aux guitares efficaces qui nous sont proposés, amenant doucement l’auditeur dans ce nouvel univers des plus surprenant sur tous les points. S’en suit Nameless World dont on retiendra plutôt la version live après l’avoir entendu au Virgin Radio Live en décembre dernier à la version studio qui nous avait laissé septique à la première écoute, mais qui, au fil du temps gagne en valeur, les refrains et riffs entêtant s’imprégnant facilement de nos esprits pour ne plus en sortir. Un de nos premiers coup de cœur s’était d’ailleurs effectué lors de ce concert puisque le groupe y avait révélé Birds Are Born To Fly. Entêtant en raison des “lalala” qui nous ramène à ce que l’on connaissait de Skip The Use, il est aussi l’une des premières preuves à un retour au rock, prouvant ainsi qu’ils ne comptent pas l’oublier. Malgré des paroles simples la musique, elle, nous transporte aussi bien en live qu’à l’écoute de l’album. On s’attardera tout autant sur Little Armageddon en raison de sa rythmique qui nous renvoie aux rock US tel que les Black Keys le font mais que l’on retrouve aussi chez les français Dead Stereo Boots. Le groupe funk The Haggis Horns est d’ailleurs venu poser ses cuivres sur ce dernier qui nous remémore les heures de Carving. Un second coup de cœur arrive avec l’électrique Gone Away dont on imagine facilement des influences en provenance d’artistes comme Nirvana ou encore Puddle Of Mudd, au travers duquel on retrouve l’entrain des albums précédents. Et qu’importe la version (studio, live, acoustique), elle garde une dimension brute et poignante, surtout concernant la version acoustique.

Et puisque nous vous parlions d’un mélange des genres précédemment, il est tout naturel que The Taste nous ouvre à une chanson plus calme et “funk”, une envolée se produisant en milieu de titre. On relèvera également que les chœurs interprétés pas le Capital Children’s Choir rappellent ceux réalisés pour Ghost. Un changement s’opère de nouveau avec The Story Of Gods And Men, le synthétiseur amenant un caractère presque commercial à la chanson taillée pour une diffusion sur les ondes radiophoniques. Il n’est d’ailleurs pas sans nous rappeler Coldplay dans un premier temps, puis Stef 2 d’Indochine sur le pont. On remarque tout autant la portée des “love” sur le refrain qui, après avoir pu observer la chanson dans sa version en live sont évidemment repris par le public sans problèmes. Avec ce titre, on peut le dire, Skip The Use tend réellement à ce qu’ils désirent être, soit un groupe populaire. On retrouve le même aspect avec Lust For You dont nous ne feront pas la traduction. Curieusement le synthétiseur se rapproche du titre Love Today de Mika et se détourne même pleinement vers les musiques électroniques (MGMT, Breakbot), la voix de Mat ayant été trafiquée pour l’occasion. Et pour la première fois dans la carrière du groupe, Mat Bastard a décidé de nous dévoiler un titre entièrement écrit en français, Etre Heureux, montrant qu’il est tout à fait capable de nous offrir un texte plein de sens et de mélancolie, les paroles s’attardant sur la nécessité de devoir oublier ses problèmes, la religion mais aussi le système pour “être heureux“. Le groupe signe là le plus beau morceau de l’album, l’acoustique prenant le dessus sur l’électrique, des violons lui permettant de gagner en ampleur. On en aurait presque les larmes aux yeux.

La version simple s’achève sur We Are Bastards, sorte d’hymne pour le groupe et leur fans qui nous propose un titre plus qu’à la hauteur de nos espérances puisqu’il nous offre un retour vers une guitare claire et une rythmique des plus entraînantes dans la lignée de P.I.L , chose qui manquait jusque là. Mat Bastard n’a pas non plus lésiné sur les mots en décriant : “We’re not the men to follow, no we got nowhere to go. You’ll find us in the back row, we’re gonna hurt the radio“, impliquant qu’ils ne comptent absolument pas changer d’optique pour notre plus grand plaisir. Le morceau nous montre également que selon eux la musique est faite pour être produit entre amis qu’importe le résultat, et ce notamment grâce à : “ I make music with my friends, another shit song again“. Une chose est sûre, nous avons hâte de pouvoir l’entendre dans sa version live.
A noter que l’édition deluxe comporte trois titres supplémentaires, Hollywood, No Hero et In For The Kill, tous les trois proposant des sonorités rock qu’il est dommage de voir apparaître uniquement dans cette version. Le premier nous enverra tout droit vers des influences entre blues et rock US, se rapprochant quelque peu de Little Armageddon et n’étant pas sans nous rappeler les anciens morceaux de Skip The Use. Le second, No Hero promet un certain impact live et s’attarde sur des paroles prônant le fait qu’il soit loin d’être un héros avec notamment le refrain : “Oh no I’m not a hero of our time“. Pour conclure, In For The Kill nous offre une plongée vers les générations précédentes, et en particulier vers les années 80 puisque le piano couplé à la guitare nous feront penser à Under Pressure interprété par Freddy Mercury et David Bowie, le morceau s’en distinguant tout de même par la suite, une envolée permettant de gagner en puissance.

En somme Skip The Use n’a en rien perdu sa folie et de son ardeur des premiers jours en nous offrant d’excellents titres mêlant rock, pop, électro et reggae. Et malgré la présence de quelques morceaux tendant vers le commercial on leur pardonne facilement, les autres nous poussant à revenir à la charge, la plupart résonnant dans les esprits longtemps après l’écoute.

Retrouvez Skip The Use en tournée dans toute la France :

07 Mars : Mondial du tatouage, Grande Galle Charlie Parker, La Vilette
20 Mars : Festival Live In Tignes, Tignes
30 Mars : Festival Chorus, Puteaux
01 Avril : Stéréolux, Nantes
03 Avril : Transbordeur, Lyon
04 Avril : La Laiterie, Strasbourg
05 Avril : L’Aéronef, Lille
07 Avril : Le Trianon, Paris
08 Avril : L’Etage, Rennes
09 Avril : Le Bikini, Ramonville
10 Avril : Le Krakatoa, Merignac
23 Avril : Printemps de Bourges, Bourges
07 Juin : Jardin Du Michel, Bulligny
13 Juin : Les Francos Gourmandes, Tournus
17 Juillet : Les Vieilles Charrues, Carhaix Plouquer
19 Juillet : Festival Crazy Week, Nice
09 Aooût : Le Chien à Plumes, Langres
10 Octobre : Zénith de Paris
11 Octobre : Zénith de Lille

 

Auteur·rice

Mordue de musique, littérature, cinéma et photographie. S'adonne à la musique et à l'écriture à ses heures perdues.

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