MUSIQUE

Peter Peter : itinéraire d’un québécois en quête du bonheur

On ne l’avoue pas assez, mais la scène québécoise est remplie de groupes et artistes aux mélodies infaillibles et à l’accent terriblement cool. Parmi eux, on trouve un certain Peter Peter. Connu en outre-Atlantique depuis belle lurette, son second album débarque enfin sur le sol français, après un an et demi d’attente. Maze l’a écouté et vous livre ses impressions.

Peter Peter. Source photo : oumf.ca

Peter Peter. Source photo : oumf.ca

Pour ceux qui ne connaissent pas Peter Peter (et à mon avis, vous n’êtes pas les seuls), petit back in time  : après quelques années passées dans un groupe pop indie en tant que guitariste, le jeune homme plaque tout pour vivre à Montréal et se lancer dans un projet solo. Très vite, il sera remarqué en remportant un tremplin local en 2008. Et c’est en postant une démo sur une machine huit pistes vintage pour le label québécois Audiogram que les choses s’accélèrent : un premier album débarque en 2011, réalisé par Howard Bilerman (il a produit entre autres, des albums d’Arcade Fire et Coeur de Pirate) qui fera parler de lui au Canada, et plus si affinités. Un second opus, nommé Une Version Améliorée de la Tristesse, arrive l’année suivante et le propulse à la tête d’une nouvelle scène montréalaise, prônant la mélancolie et les airs new-wave/pop, en français bien sur. En France, les plus connaisseurs l’avaient vu sur les premières parties de Lescop ou au Printemps de Bourges, il y a deux ans. Mais c’est surtout à partir de l’été dernier que les médias français se sont enfin intéressés au travail de ce garçon, et pour cause : il a signé sur un label de Sony, Arista. L’aventure française du prodige venu du pays de Céline Dion, du sirop d’érable et autres “magasinage” pouvait réellement commencer.

Le disque s’ouvre sur deux excellents singles aux mélodies pop new-wave et aux paroles terriblement touchantes et vraies. D’abord, le titre éponyme de l’opus : Une Version Améliorée de la Tristesse. Décidément l’un des tubes de cet album, nous permettant de “noyer la douleur et l’ennui“, comme il le chante avec son accent poétique. On aime la fin de la piste, avec le saxophone qui sublime l’air de la nuit, de la fête. Carrousel est une déclaration d’amour poétique, universelle et moderne, comme le prouve le refrain : “Tu tournes dans ma tête / Comme un carrousel/ Qui ne s’arrête jamais / Ne t’arrête jamais / Tu tournes dans ma tête / Comme un carrousel / Etre malade me plait”.  Généralement, les pistes ne dépassent pas les quatre minutes (à l’exception de la dernière piste, Les Chemins Etoilés), ce qui est une bonne chose. Mais enchaînons sur la troisième piste, Tout prend son sens dans le miroir. Evidemment ça parle de fête, dans le sens du point de vue, sous fond de rythme pop/rock imposant. “Dans mon salon, les confettis, puisque l’enfant roi a grandi”, voilà comment on pourrait résumer la vie d’un fêtard et son recul. Même si la troisième piste était joyeuse, les trois prochaines sont mélancoliques et nocturnes : Réverbère, MDMA et Beauté Baroque. La première évoque les confidences d’un homme loin de sa bien-aimée, avec de bons ingrédients côté son : 100 % pop synthétique mélancolique. Pareil pour la seconde, mêlant l’amour dans une mégapole nocturne. Quant à Beauté Baroque, encore de l’amour poétique, l’exploration d’une ville en mode “on prend des risques mais on n’a qu’une vie”. Du joli en perspective.

Source photo : lesinrocks.com

Source photo : lesinrocks.com

Le monde n’y peut rien est un slow langoureux, sentant bon les synthés 80’s et les mélodies dance down-tempo. Ça parle love, love et encore de love, en mode poétique. Par contre, la piste suivante Rien ne se perd, rien ne se crée est un titre à la guitare acoustique bien réussi, surligné par les violons au moment des refrains. Et on passe des violons aux synthés nocturnes et sombres de l’instrumental Barbès-Rochechouart, référence purement parisienne, sentant les nuits sombres (avec une touche vintage) de la capitale. Pour finir, Les Chemins Etoilés parle de la nuit, de l’amour, avec un fond 80’s pop-dance et disco pour régner sur les pistes de dance branchés.

Sous ses airs de beau gosse aux styles vintage en mieux, Peter Peter dévoile un univers poétique, romantique et sombre à coups de pop songs a faire danser plus d’un, et de faire Une Version Améliorée de la Tristesse, une bande originale de l’amour nocturne à écouter la nuit, à deux-trois heures du matin, quand ça vous chante. Et pour ceux qui voudraient le voir en concert, il sera le 6 mars prochain sur la scène du Nouveau Casino (Paris), puis le 26 mars à Toulouse, le 28 à Avignon, le 2 avril à Strasbourg, le 8 à Lille et le 26 avril au Printemps de Bourges.

Auteur·rice

La musique, c'est tout simplement ma vie. Mais j'aime aussi les séries, le cinéma, les bouquins ou la mode. Tout simplement !

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