CINÉMA

Jack et la mécanique du cœur – Besoin de remettre les pendules à l’heure ?

Un film venu d’un album ?  Un Tim Burton à la française ? Jack et la mécanique du cœur n’a pas manqué d’annonces pour sa sortie en salle. Mais qu’en est-il vraiment ?

Jack est né le jour le plus froid du monde. Sa mère tombe devant la porte de la chamane du coin et se fait aider par celle-ci. Mais le Docteur Madeleine voit que le cœur du petit est totalement gelé. Elle décide de le sauver, et elle remplace son cœur défectueux par une horloge à coucou. Pour survivre, Jack devra respecter trois règles sans faillir : ne pas toucher à ses aiguilles,  maîtriser sa colère et surtout ne jamais ô grand jamais, tomber amoureux. Ce film d’animation, plus ou moins pour adulte, va donc vous transporter dans un univers lointain et magique plein de défis.

Monde de référence : tous les rouages du cinéma

Ce monde magique est né de l’imagination du chanteur Mathias Malzieu (Dionysos) bien qu’un peu différent dans son roman, puis dans un album illustré par Nicoletta Ceccoli. Ils ont fini par imaginer ces personnages aux têtes énormes, avec leurs gros yeux emplis de nostalgie. On sent très bien l’inspiration des auteurs comme Tim Burton et Mary Shelley, romancière anglaise du XVIIIème siècle. Cette dernière est la « maman » de Frankenstein. On voit pas mal de références et d’influences diverses dans ce film. On retrouve Alain Bashung, interprète fantôme le temps d’une chanson dans la peau de Jack L’Éventreur. On croise aussi Georges Méliès, pionnier des effets spéciaux au cinéma.

C’est d’ailleurs un des points forts, un des plus touchants de Jack et la mécanique du cœur : l’hommage au cinéma. Bons cinéphiles que vous êtes, ça fera toujours plaisir. On assiste à une jolie mise en abyme avec la création de la première caméra et des premiers films en courts métrages. Le septième art est ce qui rapproche les personnages, c’est ce qui les séduit et surtout c’est ce qui leur montre la vérité.

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Une fable musicale plus ou moins enrayée

Dans cette aventure où l’on passe du western au slam, l’interprétation musicale n’aura pas toujours été facile. Hormis pour le maestro Mathieu Malzieu qui gérait sa partition, ç’a été un exercice de voix pour tout le monde ! Olivia Ruiz a été confrontée au doublage le plus dur qu’elle ait connu. « La seule consigne qu’il m’a donnée c’est sois toi-même. C’est très compliqué de se sentir proche et impliquée ». Les critiques sont alors d’autant plus redoutées. Quant à l’actrice espagnole Rossy de Palma, elle s’est laissée tenter pour une première fois dans un doublage.

Il ne faut cependant pas être hermétique à l’univers rythmé de Dionysos, ni à celui d’Olivia Ruiz ou encore de Grand Corps Malade, sans quoi l’heure et demie vous paraîtra tout de même un peu longue. Il n’y a donc aucun point noir dans tout ça. Qu’ils aient tous des voix hors-normes certes, mais sont-elles vraiment destinées à doubler des enfants d’une douzaine d’années maximum ? On ressent un certain décalage, comme une VF un peu loupée …

Une mécanique un peu rouillée

Dans ce film qui célèbre avec ferveur et extravagance la magie du rêve, Miss Acacia se retrouve être un poil agaçante et Jack franchement mou du genou. Finalement ce sont les personnages secondaires qui remportent la palme haut la main : ils sont mieux réalisés, plus touchants, et plus drôles. Tel que le papy au dos xylophone qui est un peu rouillé, ou les amies espagnoles au style débridé. Tous les personnages sont des « rejetés », des « étrangers », des personnes pas tout à fait normales et insoignables. Et leur particularité tient là-dedans, tout comme leur charme un peu désuet et si irrésistible.

La fin est, elle aussi, un peu pliée. Pour un conte plein de magie et dans un univers d’enfant, on s’attend à autre chose. Elle a « juste » l’avantage d’être surprenante.

En somme, plus de déception que de voyages magiques après tout ce qui avait été annoncé. Les fans de musique ou des univers décalés ou encore les enfants rêveurs peuvent toujours s’y risquer sans trop de craintes, mais attention aux désillusions.

Auteur·rice

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