A travers les siècles, les canons de la beauté ont évolué et les femmes ont recherché la « perfection ». Prenons par exemple la Grèce Antique avec ses corps musculeux et presque masculins, le XVIIème siècle avec ses formes voluptueuses et pour finir les tailles de guêpe du XIXème siècle. On retrouve cette évolution dans les travaux d’Anna Utopia Giordano, dans lesquels l’artiste transforme les corps des modèles de grandes peintures (Naissance de Vénus de Botticelli ou encore la Vénus d’Urbino de Titien) selon les exigences actuelles.
Car oui, nous pouvons parler aujourd’hui d’exigences envers le corps de la femme. Ces dernières ont souvent cherché à correspondre aux critères, à suivre la mode. Publicités, films, mode, clips, presse… Les magazines nous proposent sans cesse des moyens pour maigrir ou pour lutter contre les rides. Paradoxalement on peut lire des douzaines d’articles nous expliquant comment nous accepter : cet antagonisme n’illustre que mieux les codes contradictoires de nos sociétés, surtout envers les femmes.
70 000 femmes sont touchées par l’anorexie en France. On a remarqué que cette maladie était plus présente en Occident et parmi les jeunes filles adolescentes blanches. Une des raisons de cette maladie serait le fait qu’elle soit un moyen de maîtriser son corps dans un milieu nocif et agressif, bien qu’on puisse difficilement isoler chaque facteur. Un exemple de la nouvelle mode en matière de maigreur : le thigh gap. Si vous n’en avez pas encore entendu parler, cela consiste chez les filles, à avoir un écart entre les deux cuisses lorsque l’on a les jambes serrées. Une nuée de messages vantant le thigh gap ont fleuri sur Twitter, accompagnés de conseils pour obtenir le meilleur écart possible. Il faut savoir que ce n’est pas morphologiquement possible pour toutes. Cette nouvelle « tendance » montre bien que le corps des femmes et des jeunes filles est toujours influencé par les modes, que nous sommes dans une perpétuelle recherche d’une « perfection ».
Dernièrement, la « Fat Shaming Week » (ou comment tourner en ridicule les femmes corpulentes) a été lancée aux États-Unis par le site machiste Return of Kings (le Retour des Rois).
Sur ce site on peut toujours lire des articles nous expliquant pourquoi une « grosse » ne mérite pas l’amour, devrait aller en prison ou encore des conseils pour tourner en ridicule ces femmes lors de rendez-vous romantiques. Vous pouvez aussi lire les 5 bonnes raisons de sortir avec une fille ayant des troubles alimentaires. Le pire reste le fait que cette semaine à thème si sympathique a rencontré un franc succès sur Twitter, notamment avec le hashtag #fatshamingweek. On peut dire que les twittos se sont défoulés en raillant les jeunes femmes souffrant de surpoids. Voici un exemple : « I see a lot of comments saying “I can’t believe #fatshamingweek is a thing.” Oh yeah ? I can’t believe FAT ACCEPTANCE is a thing ». Cependant les réponses ne se sont pas fait attendre avec le hashtag #bodyconfidenceweek.
Pour les rédacteurs du site R.O.K., le surpoids est uniquement dû au fait de manger trop et de ne pas faire de sport. Ils en oublient ainsi les raisons médicales (hormonales par exemples) qui peuvent être à l’origine de ce problème. Il faut savoir que l’obésité est une maladie importante aux États-Unis qui peut entraîner des problèmes articulaires ou cardiaques par exemple. Au début de l’année 2013, treize états américains comptaient plus de 30 % de personnes en surpoids dans la population. Les choses doivent changer, c’est une question d’ordre sanitaire. Cependant toutes les personnes ne l’appréhendent pas de la même manière et si certains se sentent mal dans leur peau, d’autres le revendiquent et s’acceptent comme tels. Être « gros » ou « obèse » peut être considéré comme un problème mais n’est pas non plus une honte, il faut voir toutes les personnes qui ont réussi, bien qu’elles ne rentraient pas dans une taille 36 : Beth Dito, Amber Riley, Robin Wilson…

Beth Ditt
Le plus gênant dans ce phénomène d’agression verbale est que les instigateurs le font d’une façon extrêmement violente, dégradante et misogyne tout en manquant de respect aux personnes visées. De plus, ces personnes ne le font pas foncièrement dans le but d’aider les personnes en surpoids, mais les culpabilisent pour les ramener à un idéal de féminin mince et docile. Les individus ne supportant plus de voir leur pouvoir patriarcal réduit se vengent sur le corps des femmes à l’aide du fat shaming ou du slut shaming.
Ce dernier phénomène est le fait de se moquer d’une femme à cause de son comportement et ses tenues qui seraient trop sexuels. Ces phénomènes ont causé plusieurs suicides aux États-Unis. On se retrouve face à un vrai paradoxe : on demande implicitement à la femme d’être « conformément » sexy, mais cette prise de pouvoir sur la sexualité fait peur et l’on cherche donc de nouveaux moyens pour la contrôler. Nous leur proposons d’aller écouter Bootylicious des Destiny’s Child et on salue au passage les femmes (et hommes !) assumant leur physique quel qu’il soit.








