Rencontre avec Mesparrow

A l’occasion de son passage au Nancy Jazz Pulsations le 16 octobre dernier nous sommes allés à la rencontre de Marion Gaume plus connue sous le nom de Mesparrow.

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Maze : Tu as commencé l’expérience Mesparrow lors de tes études aux Beaux-Arts de Tours en proposant des performances voix /vidéo alors qu’aujourd’hui cet aspect n’apparaît plus à tes côtés sur scène. Pourquoi avoir choisi de t’en séparer ?

Mesparrow : Mon travail aux Beaux-Arts et Mesparrow sont deux choses différentes. J’ai choisi, avec mon ingé lumière de ne pas utiliser la vidéo pour plusieurs raisons : elle focalise l’attention et parfois même prédomine sur le spectacle, sur ce qui se passe réellement, et aussi pour des raisons techniques. L’utilisation de la vidéo en concert n’est pas toujours évidente, pas assez de profondeur, les instruments des autres groupes qui ne permettent pas de placer des écrans,… Et pour moi, s’il y a vidéo, il y du sens, et je ne voyais pas vraiment comment l’utiliser là.

J’ai toujours plein d’idées en vidéos que j’aimerais pouvoir réaliser. J’espère pouvoir le faire lors de ma pause après la tournée, mais dans un cadre précis, pas forcément destinées au live.  Peut- être en parallèle, sur le net, ou en installation dans un contexte “d’art” et non de musique.

Tu as décidé de partir en Angleterre. Ta musique a-t-elle prit un tournant là-bas ?

Oui, c’est là-bas que j’ai composé mes premiers “vrais morceaux à la pédale de boucle”. C’est aussi là-bas que je les ai testés sur scène, que j’ai développé l’écriture de textes en anglais, et que je me suis permise d’affirmer quelque chose de vraiment personnel.

Comme de nombreux artistes aujourd’hui tu as décidé de t’exprimer en anglais. Est-ce une question de facilité ?

 C’est plus une question de pratique, de contexte dans lequel on baigne, que de facilité. Mais j’ai des rapports différents aux deux langues. En Angleterre, j’écrivais en Anglais, c’était naturel et intéressant de travailler la langue, d’être revenue en France a changé des choses, j’ai à nouveau envie d’écrire en Français, et l’impression de perdre mon Anglais.

En 2011 tu as participé au Chantier des Francos où tu as notamment pu jouer aux côtés de François & The Atlas Mountains et Le Prince Miiaou. Que t’as apporté cette expérience ? 

Ce sont les deux groupes avec lesquels j’ai le plus tourné et c’est vrai qu’on s’est très bien entendus, on a la même vision des choses je crois et beaucoup de références communes.

J’ai beaucoup aimé échanger avec eux , et c’était sympas de se retrouver de temps en temps. Le chantier des Francos nous a appris beaucoup de choses, et nous apporté un vrai soutient qu’on ne trouve pas vraiment ailleurs. L’équipe de l’époque dirigée par Kévin Douvilez était vraiment très présente sur le suivi.

De ta musique émane une grande sincérité, comment t’es venue l’idée de monter un tel projet ?

Ou là ! C’est venu simplement. Je ne me suis pas dit “tiens je vais faire telle musique et je veux arriver à ça”, au contraire, j’ai cherché à faire mon petit truc dans mon coin, en espérant que ça parle à quelques personnes. J’avais tellement envie d’expérimenter avec ma voix et en même temps, peur que ce soit trop dur d’accès… Je n’avais aucun recul.

Contrairement aux artistes émergents actuels tu t’es fait connaître par le biais du live sans avoir à sortir d’album, rare sont ces cas. Comment te sens-tu vis-à-vis de cela ?

Je ne sais pas trop. Ça s’est fait comme ça. Les morceaux ont d’abord existé sur scène, venant de la performance, j’avais plus envie de jouer que d’enregistrer.

Pour en revenir à l’album justement, j’ai cru comprendre que ça n’avait pas été facile pour toi d’adapter tes titres au studio. Comment as-tu fonctionné pour obtenir le résultat escompté ?

J’ai choisi de travailler avec Thomas Poli (ndlr : musicien du groupe Montgomery et occasionnellement guitariste de Miossec ou Dominique A). Je lui ai demandé s’il voulait bien arranger les morceaux, leur apporter de la matière sans pour autant les dénaturer, comme il travaille ses claviers et guitares de la même manière que je travaille ma voix très rapidement nous avons trouvé un mode de fonctionnement. Je souhaitais garder la voix au centre et que les instruments viennent porter la voix, les voix. Peter Deimel a apporté son savoir-faire dans l’enregistrement aussi, choix de micros anciens, de travail du son.

Au final Keep This Moment Alive apparaît comme très intimiste, ce qui se ressent aussi lorsque tu es sur scène. Quel effet cherches-tu à produire sur ton auditoire ?

C’est drôle, je n’ai pas toujours conscience, ni de recul mais je crois que je cherche surtout à interpréter mes morceaux au plus juste, et suivant les morceaux, me rapprocher du public, très près pour avoir un vrai contact, puis repartir plus loin et raconter une histoire. J’aime passer par différentes émotions.

The Symphony laisse entendre des bruits d’oiseaux que tu fais toi-même, est-ce pour te rapprocher de ton nom de scène ?

Ce n’est pas voulu. Sur The Symphony j’aime beaucoup les sons organiques mais je n’ai pas cherché à faire des bruits d’oiseaux, plutôt des chuchotements qui se transforment en rythmiques. J’ai sur un interlude toute une ambiance vovale sur la forêt où là, je cherche à retrouver des chants d’oiseaux et autres sons de la forêt.

Pourquoi avoir choisi Mesparrow d’ailleurs ?

J’aimais l’idée d’un oiseau. J’ai trouvé sparrow, le moineau et j’ai tout de suite aimé car c’est un tout petit animal tout simple, et ça me rappelait les oiseaux dans le jardin. Et puis j’ai ajouté ME, moi-moineau… Voilà !

Dans le cadre du Nancy Jazz Pulsations tu as pu te produire avant Shannon Wright, artiste que tu apprécies. Étais ce un honneur pour toi de jouer dans ces conditions ?

Oui, un honneur et un plaisir car j’ai pu voir un peu de ses balances, discuter avec elle et lui dire que j’aimais beaucoup sa musique. Ça fait partie des chances d’être sur la route. On peut faire de très belles rencontres, découvrir des super groupes. Shannon Wright est un exemple pour moi car elle a toujours fait sa musique sans chercher à plaire. C’est une musique juste et sincère, remplie d’émotions variées, c’est ce que j’aime.

Vous pouvez la retrouver en tournée dans toute la France :

7 novembre : Ubu Club – Rennes
8 novembre : Théâtre Pierre Fresnay – Ermont
9 novembre : Théâtre Municipal Roger Ferdinand – Saint Lo
15 novembre : Vauban à Brest
16 novembre : La Sirène, La Rochelle
21 novembre : Espace Culturel François Mittérand – Canteleu
23 novembre : MJC Picaud / Studio 13 / La Tangente – Cannes
30 novembre : Le Sax – Acheres
10 décembre : La Gaité Lyrique – Paris
12 décembre : L’Astrolabe – Orléans
14 décembre : Le Vip – Saint-Nazaire
20 mars : Théâtre Le Marais – Challans

Elise

Mordue de musique, littérature, cinéma et photographie. S'adonne à la musique et à l'écriture à ses heures perdues.

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