CINÉMA

Les ciné-critiques de Novembre

L’année se termine bientôt, et entre les rush d’Octobre et de Décembre, il y a eu Novembre, surfant un peu au creux de la vague avec moins de sorties et moins de qualité dans tous les genres … Mais il y a quand même eu quelques titres qui seront peut être dans le top de l’année ! Retour sur les films du mois.

Thor et Loki, son frère

Commençons avec un indétrônable de chez Marvel : Thor, le Monde des Ténèbres. (Sorti le 30/10) Alors que les 9 royaumes de l’univers sont sur le point de s’aligner, le maléfique elfe noir Malekith revient dans le but de tout plonger dans les ténèbres avec les pouvoirs d’une arme dévastatrice appelée Aether, qui avait été longtemps cachée. Alors que Thor termine les combats pour la réunification des royaumes, Jane Foster, sur Terre, se retrouve confrontée à une faille entre les mondes où les objets se volatilisent. Propulsée dans un autre monde, elle se fait contaminer par l’Aether. Thor revient alors sur Terre la chercher et l’emmène sur Asgard afin de la protéger et de se préparer à la guerre contre les elfes noirs, sans oublier Loki, à qui ils devront demander de l’aide malgré son emprisonnement … Suite de Thor et de Avengers, cette aventure nous plonge encore une fois dans l’univers passionnant de Marvel pour le plus grand plaisir des fans ! L’histoire est sympa, la 3D et les images des différents mondes sont réussis, mais surtout, la performance des acteurs est à noter : on adore Chris Hemsworth dans le rôle-titre, mais on aime surtout Tom Hiddleston qui joue le très ambigu Loki, ainsi que Natalie Portman en Jane Foster et Antony Hopkins en Odin. En somme, un bon film de super-héros, peut-être pas le meilleur de la firme Marvel (mais il y en a tellement) mais un très bon divertissement.

Moins divertissant mais un peu plus puissant : Snowpiercer. (Sorti le 30/10) Adapté de la BD éponyme de Jacques Lob et Jean-Marc Rochette, Snowpiercer Le Transperceneige est une histoire de science-fiction où la Terre est retournée à une ère glaciaire et où les hommes survivants se sont réfugiés dans un train à mouvement perpétuel. Seulement, dans ce train, les hommes sont rangés par classes sociales : à l’arrière les plus pauvres, contraints de vivre les uns sur les autres, sans lumière du jour et avec un faible rationnement, et à l’avant les plus riches ayant la belle vie. Curtis et Gilliam, en chefs de file, se lancent alors dans une révolte pour remonter le train, rencontrer son créateur et faire inverser la balance. C’est sans compter les moyens de l’avant … On pourrait croire à un simple film apocalyptique qui remet en cause les classes sociales comme on en a l’habitude, mais Snowpiecer va au-delà. C’est un film très dur, qui nous confronte à nos peurs dans un huis clos  où violence, noirceur et cannibalisme se croisent, et qui arrive à nous dégouter de la nature humaine. Impossible d’en sortir sans vouloir se remettre en question. Snowpiercer est aussi dur qu’esthétiquement réussi, surtout pour des décors enfermés dans un train, et la lumière s’immisce dans les images au fur et à mesure qu’ils avancent dans le train, jusqu’au final, ouvrant sur de l’espoir pour l’humanité. On remarquera peut-être un léger manque d’accessibilité du film, qui malgré son message nous presse d’en finir. Néanmoins, Snowpiercer fait dans la science-fiction politique qui retourne le ventre.

Autre adaptation, mais de roman, La Stratégie Ender. (Sorti le 06/11) Après une attaque d’extraterrestres visant à envahir la Terre qui a échoué, le monde se prépare au retour de ces parasites en formant des jeunes dans une école de guerre spatiale. Entre deux confrontations laser en apesanteur, le jeune Ender est vite pressenti pour devenir le futur commandant des armées. Vont alors s’en suivre des simulations de combat où il dirige son équipe, mais des simulations pas si virtuelles que ça … Adapté du roman d’Orson Scott Card, ce résumé peut paraitre bien réducteur, mais c’est bien tout ce qui s’y passe. Manque de noirceur, manque d’approfondissement de l’histoire et des personnages, manque de rythme : tout se passe quasiment toujours bien même si Ender pleure tout le temps. Bref, le film est plat, cruellement plat, à l’exception des sons jaillissants et de tout l’arsenal visuel de science-fiction qui donne mal à la tête. L’auteur qui avait toujours dit non pour une adaptation de son livre à l’écran aurait dû dire non pour celle-là aussi. Seule qualité du film, son casting, même si la plupart des jeunes sont inconnus : Asa Butterflied (Hugo Cabret) dans le rôle principal, Harrison Ford, très loin de ses grands rôles, qui joue le colonel Graff et Ben Kingsley. En somme, à trop vouloir simplifier et rendre plus accessible une histoire à l’écran, elle s’en retrouve complètement dénaturée. La Stratégie Ender est à éviter, même (et surtout) pour les fans du livre. Critique complète par là !

Retour à la BD (française qui plus est) avec Quai D’Orsay.  (Sorti le 06/11) Jeune diplômé, Arthur Vlaminck est recruté par Alexandre Taillard de Vorms, ministre des Affaires étrangères, pour lui écrire ses discours. Mais ce ministre pas très futé s’avère être très difficile sur son discours, trouvant toujours quelque chose à redire, quelque chose à changer, ou une citation à ajouter. Sa devise : légitimité, lucidité et efficacité. Une vraie tornade qui contamine tout le cabinet de sa folie, jusqu’au discours au conseil de sécurité des Nations Unies. Adaptation de Bertrand Tavernier de la BD éponyme de Christophe Blain et Abel Lanzac, Quai D’Orsay est une comédie politique où tout part dans tous les sens et qui tourne en dérision la face cachée des politiques. Entre les gags drôles, bien que trop rares et répétés, on regrettera quand même un manque de rythme et quelques longueurs qui nous font attendre un grand final qui se trouve n’être « que » le discours à l’ONU et qui nous donne une impression de « tout ça pour rien ». Coté casting, on retrouve Thierry Lhermitte en bon ministre légèrement cinglé, Raphael Personnaz dans le rôle de ce pauvre Arthur complètement dépassé, sans oublier Niels Arestrup qui fait le directeur de cabinet, le seul à avoir la tête sur les épaules et à gérer les crises. En bref, Quai D’Orsay ne vous fera pas hurler de rire mais reste un film sympa.

Et la plus grande déception du mois est Cartel (Sorti le 13/11) Un avocat en manque d’argent se lance dans le trafic de cocaïne à la frontière américano-mexicaine. Il plaide la caution d’un maillon de la chaîne de ce trafic qui se fait tuer peu de temps après. Tout le cartel accuse alors l’avocat de l’avoir fait sortir pour qu’il se fasse tuer et pour que la cargaison de drogue soit détournée. S’ensuit une descente aux enfers ou aucun de ses proches ne sera épargné. Avec Cartel (The Counselor, titre anglais plus adapté) tout était là pour nous ouvrir l’appétit : un casting 5 étoiles (Michael Fassbender, Penelope Cruz, Cameron Diaz, Brad Pitt et Javier Bardem), un réalisateur de renom (Ridley Scott) et une bande annonce qui laissait présager un thriller bien rythmé. Il n’en est rien, on ne sait pas pourquoi tous ces grands noms sont allés se mettre dans un film pareil. Pas d’histoire, incompréhension totale du scénario et des personnages (mais qui sont donc ceux joués par Bardem et Pitt ? qui est vraiment le personnage joué par Diaz ?), une descente aux enfers tirée par les cheveux où on pourrait trouver un semblant de réflexion à voir les « puissants » se faire manipuler par la cruauté et la cupidité. Pas de rythme non plus : les scènes d’actions croisent des scènes où les personnages parlent, parlent, et parlent encore entre eux (et ils aiment parler de la sexualité du personnage de Diaz avec une voiture) même si certaines répliques relèvent justement le niveau. Seuls les fils des câbles à décapiter sont tendus, violence qui ne fait que rajouter à l’ « inregardabilité » du film. Au final, Cartel est à éviter.

Un peu d’humour et de tendresse dans ce monte de brutes avec Les Garçons et Guillaume, à table ! (Sorti le 20/11) « Le premier souvenir que j’ai de ma mère c’est quand j’avais quatre ou cinq ans. Elle nous appelle, mes deux frères et moi, pour le dîner en disant : « Les garçons et Guillaume, à table ! » et la dernière fois que je lui ai parlé au téléphone, elle raccroche en me disant : « Je t’embrasse ma chérie » ; eh bien disons qu’entre ces deux phrases, il y a quelques malentendus. » Voilà l’argument de ce film, qui raconte la recherche identitaire de Guillaume qui a grandi très proche de sa mère qui voyait en lui la fille qu’elle n’avait pas eue. Jusqu’à ce que lui-même se prenne pour une fille qui aime les garçons … C’est son histoire que Guillaume Gallienne a voulu raconter, à la base de sa pièce de théâtre et entrecoupée de différentes scènes de sa vie où il joue son propre rôle … et celui de sa mère ! Entre sensibilité et humour, on suit avec lui son évolution en rigolant beaucoup et en rigolant beaucoup moins parfois. On regrettera peut être un coming-out (homo ou hétéro peu importe) final un peu trop rapide, mais qui ne gâche rien au plaisir du film qui traite vraiment de façon intelligente un passage de sa vie pourtant compliqué. Le plus du film : la scène de lavement vraiment dingue avec Diane Kruger que l’on ne s’attendait pas à voir là ! Vous pouvez lire la critique complète par ici !

Et l’un des films les plus attendu de l’année est enfin sorti : The Hunger Games, L’Embrasement. (Sorti le 27/11) Victorieuse des 74èmes Hunger Games avec Peeta, Katniss est devenue le symbole de la rébellion dans les Districts les plus appauvris de Panem. A chaque étape de leur tournée de la victoire, les foules se soulèvent et Katniss devient réellement gênante pour le Capitole et le Président Snow. Mais l’édition spéciale des 75 ans des Hunger Games arrive, les Jeux de l’Expiation, et la règle sera de choisir des tributs parmi les vainqueurs … Katniss retourne dans l’arène, mais entre ennemis et alliances, et alors que l’horloge des catastrophes tourne, elle ne devra pas oublier qui est l’ennemi … Il est vrai, si vous ne connaissez rien à la saga Hunger Games vous aurez autant de mal à suivre le film qu’à comprendre ce bref résumé. Mais pour les initiés des livres et du premier film, ce deuxième épisode est un régal : plus sombre, plus dramatico-politique, plus approfondi, plus rythmé malgré une petite longueur nécessaire au début, plus spectaculaire et très fidèle au livre (sauf quelques détails perturbants il est vrai). Une réussite totale pour une adaptation d’un livre façon blockbuster pour ado qui dépasse même cette dimension-là. Jennifer Lawrence, qui a été oscarisée de la meilleure actrice entre les deux volets, porte beaucoup mieux la complexité du rôle de Katniss : en effet, là où l’on reprochait la mauvaise gestion de la love story du film, on comprend bien ici que tout n’est que comédie, ou pas. Bref, si on doit arrêter de le comparer au premier, L’Embrasement est tout de même le divertissement de cette fin d’année, et qui va peut-être marquer l’entrée des Hunger Games dans les meilleures sagas aux côtés de Harry Potter. La critique entière, c’est par ici !

Et pour finir avec un superbe film de décembre, Casse Tête Chinois ! (Sorti le 03/12) 15 ans après son escapade d’étudiant Erasmus dans l’Auberge Espagnole et 10 ans après tous ses voyages de trentenaire dans les Poupées Russes, la vie de Xavier est un véritable casse-tête chinois. Dans ce dernier épisode de la trilogie, il va être emmené vers New-York,  où vivent ses deux enfants et leur mère, Wendy, mais aussi une de ses amies lesbienne, Isabelle, qu’il va aider à avoir un enfant, et dont la compagne va lui prêter son appartement à Chinatown, et il va être vite rejoint par Martine, son ex, et ses enfants, mais va aussi se marier avec une sino-américaine pour avoir la nationalité, le tout en tentant d’écrire son livre et en travaillant clandestinement pour payer les frais d’avocat. Rien de plus simple ! Xavier va pourtant réussir à démêler tout ça sous nos yeux, et trouver enfin peut être le bonheur … Casse-Tête Chinois conclut magnifiquement la trilogie phare de Cédric Klapish pour toute une génération qui en 10 ans nous aura fait suivre 15 ans dans la vie de Xavier, toujours aussi bien incarné par Romain Duris. Son personnage est toujours aussi touchant, tout comme les hauts et les bas de sa vie. L’humour dans le film est très présent, on rigole de situations qui nous semblent familières et on rigole même de tout, alors que le film traite de sujets d’actualité comme l’immigration, la mondialisation, le travail clandestin, l’homoparentalité, les familles recomposées … Coté casting, on retrouve bien sûr Romain Duris dans le rôle de Xavier, entouré « des femmes de sa vie » : Kelly Reilly est Wendy, Cécile de France est Isabelle et Audrey Tautou est Martine. Une bien belle bande qu’on a plaisir à retrouver ! En somme, Casse-Tête Chinois est un immanquable de cette fin d’année !

Pour décembre et pour les fêtes, préparez vous à aller souvent au ciné ! La Reine des Neiges pour le dessin animé de fin d’année, le remake de Carrie, Le Cinquième Pouvoir avec Benedict Cumberbatch, le nouveau film de Valérie Lemercier 100 % Cachemire, le biopic sur Mandela : Un long chemin vers la liberté, mais surtout The Hobbit : La désolation de Smaug, deuxième épisode de la trilogie du Hobbit par Peter Jackson, Le Loup de Wall Street avec DiCaprio dans le rôle titre et Scorsese à la réalisation et Don Jon avec et par Joseph Gordon-Levitt.

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