CINÉMA

Matt Damon, l’anti-star

A l’affiche de Ma vie avec Liberace, qui a fait l’ouverture du Festival du film américain de Deauville, Matt Damon n’a pas fini d’occuper les salles obscures et de camper à la tête du box office grâce aux nombreux films qu’il a de prévus tout au long de l’année prochaine, entre le Interstellar de Nolan, le Monuments Men de Clooney, Elysium et son premier film en tant que réalisateur, A foreigner. Mais ce qui frappe dans son planning destiné aux succès c’est la diversité. Et c’est par ce mot que l’on peut définir sa déjà très belle carrière. Diversité de films et de genres, diversité de succès, diversité de stars ou d’anonymes pour l’épauler, diversité de récompenses et diversité du public qu’il arrive à intéresser.

Damon commence jeune le cinéma, il a alors à peine 18 ans. Mais pourtant dès ses premiers films il côtoie déjà des acteurs de renom, notamment Julia Roberts dans Mystic Pizza. Cependant, il connaîtra véritablement le succès grâce à son audace et à son talent. C’est avec son ami, Ben Affleck, qu’il écrit le scénario du très bon Will Hunting. L’histoire de ce génie aux relations familiales difficiles vivant dans la banlieue de Boston sera portée à l’écran par Gus Van Sant. Et on retrouve au casting les deux scénaristes ainsi qu’un certain Robin Williams. Le film est un franc succès, autant d’un point de vue critique que commercial. Fort de son Oscar comme scénariste, Matt Damon est courtisé par le tout Hollywood en tant qu’acteur et il est désormais la coqueluche du public.

L’acteur joue alors pour Francis Ford Coppola dans L’idéaliste et incarne le soldat Ryan dans le film de Steven Spielberg. Il apparaît aussi dans Ocean’s Eleven aux côtés de George Clooney pour la caméra de Steven Soderbergh. Et il incarne Jason Bourne dans la célèbre trilogie. L’acteur ne côtoie plus les stars, ce sont elles qui viennent à lui. Son talent et sa popularité en font l’acteur « bankable » du cinéma américain. Malgré cela il parvient à garder cette diversité dans les films qu’il réalise, alternant blockbusters, films de guerre, drames, comédies ou films d’auteurs. Il garde aussi une formidable humilité pour un acteur de ce rang et si désiré à Hollywood.

La suite de sa carrière reste à son image, diversifiée. Il joue aux côtés de Di Caprio ou Nicholson, devant la caméra de De Niro ou d’Eastwood ou encore des frères Coen. On l’a récemment vu dans Promised Land, qu’il a co-écrit avec son ami réalisateur Gus Van Sant et il est à l’affiche de Ma vie avec Liberace, film dans lequel il incarne un homosexuel aux côtés de Michael Douglas. Loin d’Hollywood il continue à vivre son rêve éveillé et sa passion du cinéma. Qu’il soit réalisateur, scénariste, producteur, monteur ou artiste, il reste cet homme simple et passionné, à la carrière impressionnante et au talent indéniable. Adulé par le public ou par les critiques il demeure cet acteur en marge d’Hollywood, une sorte d’anti-star, la preuve étincelante que l’on peut allier célébrité et qualité. Il démontre ainsi que l’on peut rester en haut de l’affiche en se focalisant sur la qualité de ses films plutôt que sur les gains qu’ils peuvent rapporter.

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