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SimCity 5, ou la débâcle d’EA

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Nous sommes nombreux a avoir passé des heures, si ce n’est des jours, à construire, et gérer sa ville. Certains sont peut-être plus familiers de Roller Coaster Tycoon, jeu de gestion de parc d’attraction. Donc forcément, l’annonce de SimCity 5 avait mis en ébullition la sphère vidéo-ludique  A sa sortie le 7 mars 2013, c’est avec avidité que les joueurs se sont jetés sur le nouvel opus d’EA et Maxis.

Bonnes intentions, mauvaise application

Les avis sur le jeu sont plutôt mitigés, et ce n’est rien de le dire. Afin de réduire les tentatives de piratage du jeu, objectif honorable soit dit en passant, Electronic Arts a imposé aux joueurs un mode en ligne, même en solo. Les souvenirs de Diablo III font encore frémir les gamers, et l’erreur 37 – serveurs occupés – revient hanter les rêves de certains. Résultat, après de nombreuses plaintes des joueurs, d’explications fallacieuses des responsables d’EA et à coups de pétitions, la réponse se fait entendre : John Riccitello, l’homme à la tête d’EA, démissionne le 19 mars. En même temps, il faut remettre les choses en perspective : quand on demande à Electronic Arts une explication sur ce mode online, ils se justifient en amenant les statistiques devant être mises à jour. Le souci, c’est qu’un pirate bien intentionné a démontré que le jeu fonctionnait à la perfection en mode hors ligne. Le dos contre le mur, il ne restait donc plus qu’au président d’EA le choix de démissionner.

SimCity 5 ou SimCity Online ?

L’avis général des joueurs, c’est que le jeu a été mal nommé : il devrait s’intituler Simcity Online. L’objectif de Maxis en créant ce jeu était de passer d’un jeu en solo à un MMO, basé sur la stratégie. Des cartes accueillant jusqu’à 18 joueurs simultanément, un mode d’échange entre les cités, des modes de jeu divers et fonctionnels : le jeu semble plutôt complet dans l’ensemble.

Le hic, et ce n’est pas sa première occurrence, c’est ce principe de mode online obligatoire. Une façon d’appliquer des DRM ( Digital Rights Management – Gestion des droits digitaux) qui ne plaît pas à grand monde. Forcément, quand on nous l’applique de force, ça n’aide pas. En plus d’être imposé, ce principe empêche la revente et l’occasion, ce qui réduit énormément le marché des jeux vidéos qui, au final, tourne beaucoup autour de cette occasion.

Aujourd’hui, ce principe de DRM est utilisé par de nombreuses entreprises, de Sony à Amazon, à la déception des utilisateurs. La solution est-elle de pirater tous les jeux produits par ces compagnies ? Ou alors faut-il carrément boycotter les jeux pour signaler le mécontentement ? Difficile à dire. Seule preuve concrète aujourd’hui de l’impact de l’action des joueurs : la démission du président d’EA. Ne reste plus qu’à son successeur d’être plus ouvert et moins focalisé sur ces histoires de piratage. Quant au jeu en lui même, il n’y a plus qu’a attendre les mises à jour de l’éditeur, qui répareront peut-être les défauts de SimCity 5.

 

Pierre Guesde

Auteur·rice

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