MUSIQUE

Damien Saez : Miami

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 Six mois seulement après son magnifique triple album, voila que Damien Saez est de retour. Cette fois, il nous emmène à “Miami“. Un voyage plus brut dans le son, et rapide dans la durée, que “Messina”. Dix titres qui se rapprochent plus de l’album “J’accuse”, sans en devenir une simple copie. On commence à connaître l’artiste, et on sait qu’aucun album n’est pareil. Saez prévient qu’il s’agit plus d’un album que l’on consomme vite, au contraire de “Messina”, comparant

” ses œuvres entre de la grande cuisine et du fast-food. Ce n’est pas pour autant que l’album n’est pas appréciable, ou mauvais. Un bon hamburger n’a jamais fait de mal à personne. Et bien, c’est un peu pareil. L’album navigue encore et toujours entre poésie, rébellion, amour et contestation. Un constat sur l’Amérique, où plutôt comment un môme d’Europe peut l’apercevoir, dixit Saez. “

Pour y voir” ouvre le bal avec une ambiance quelque peu tendue, et des paroles que seul lui peut trouver et créer ; “Sûr que dieu est en nous, Quand on finit enfer, Bouffé par les vers, Bouffé par les vers, Que j’écrirai pour toi, Pour y voir la mer“.
Les Infidèles” nous fait reconnaître ce que nous donne Saez dernièrement dans ses chansons dans un registre plus rock et électrique. Femmes, religion, alcool et rage viennent s’accumuler dans ce morceau.
Rochechouart“, morceau plus dansant est une vraie réussite. Un texte écrit semble t-il en rapport avec la vie de son frère. “Miami” le single de l’album nous était déjà connu. Quoi qu’un peu facile au premier abord, il vient bien rythmé l’album et au final est un morceau qui nous reste en tête. Mention spéciale pour les chœurs “Miami Miami ! Cocaïne Cocaïne ! Ola Ola !“. Titre assez barré et exotique. Il est temps de faire place, “Le Roi” arrive. Un Roi qui va nous parler de drogues, encore. “Je suis le roi je suis le roi, J’ai les dents blanches au bout des doigts, Camarade sniffe avec moi, En or tu te transformeras.” Mais pas que. L’argent, le sexe, le système. Le morceau monte en intensité avant de redescendre dans une tension palpable. Puisque cet album parle beaucoup, (trop ?) de drogues. La chanson qui suit s’intitule tout simplement “Des Drogués“. Une vraie réussite. Saez qui chante en anglais au début avant d’enchainer une liste qui nous rend accro. Le texte ne parle pas seulement des drogues que l’on fume ou que l’on sniffe, mais de toutes les drogues de notre époque. A l’heure du règne virtuel, chantons “Dédrogue-toi !“. Musicalement le morceau est également très bon. On poursuit en allant faire un tour dans une “Cadillac Noire“. On y prend encore des drogues, des filles et on s’envoie en l’air. Mais on n’y est pas heureux, non, on cache notre peine, nos cœurs brisés, notre mal-être. Saez va nous parler sexe avec des métaphores associés à la voiture. On peut dire ce que l’on veut, cet homme sait écrire remarquablement. On passe d’une virée à une ballade avec “Rottweiler“. Musique mélancolique, à fleur de peau. Il est pour moi le morceau le plus noir de l’album. Saez livre dans ses mots toute la haine et la détresse que peut ressentir un Homme dans sa vie. Le texte est bon, même si on commence parfois à ressentir du “recyclage”.

Le prochain morceau est beau, calme mais Saez en anglais n’a jamais été vraiment ma tasse de thé. De ce fait, “No More” ne m’atteint pas comme il le devrait. On termine l’album avec les filles, bien évidemment, et le temps qui passe. Un thème qui revient également souvent chez Saez dans ses dernières productions. “C’est pas le temps qui passe, C’est la vie qui nous dépasse, Dans le ventre des filles, On projette en sourdine, Un dernier tango.” Le texte est toujours très bon. “Que sont-elles devenues ?” navigue entre calme et ambiance mystérieuse. Saez termine en parlant de drogue et sur cette phrase évocatrice “Ouais j’ai le blues.

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Certains seront déçus après le chef d’œuvre “Messina”, mais cet album reste un bon album dans son ensemble, certes, pas le meilleur de Damien Saez, mais toujours très respectable. En espérant que Saez reviendra plus tard avec de nouvelles inspirations ; on ne peut que saluer le travail de l’artiste, et on vous conseille vivement d’acheter l’album. Pour une fois que Saez prend la peine de mettre un livret avec des photos. On notera également que la pochette est encore une fois censurée.

L’artiste est en tournée depuis Mars, les dates de la tournée sont disponible sur saez.mu.
Album dans les bacs depuis le 18 Mars.

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