MUSIQUE

Live Report : Festival les inRocks

Vendredi 9 novembre 2012. Il souffle un vent rock dans la banlieue de Lyon, puisque le très fameux festival des Inrocks Volkswagen pose ses valises le temps d’une soirée dans la non moins réputée salle du Transbordeur. Et nous n’avons pas résisté bien longtemps à l’appel de la Force musicale, quand on connait le nombre d’artistes propulsés en France par ce festival depuis 1988. De Muse à Oasis en passant par Gossip, LCD Soundsystem, les Libertines, les Whites Stripes, Coldplay ou encore Pulp, les grands noms de la musique internationale se sont succédés, généralement en tant que petits groupes débutants pour plus tard finir idoles intergénérationnelles. Les inrocks, fidèles dénicheurs de talents, pouvaient-ils seulement décevoir pour leurs 25 ans ? La réponse semblait écrite d’avance.

Si le festival les inrocks investi les plus belles salles parisiennes pendant une semaine de novembre, la particularité, et surtout ingéniosité, résident certainement dans la présence simultanée du festival dans plusieurs villes de France. Ainsi, de jeunes pousses anglophones allaient sillonner l’hexagone grâce au magazine culturel. Nous avons donc pris la tension en province, et sommes parti à la découverte de rockeurs aux lendemains prometteurs. Retour sur cette exquise soirée.

Team Me (droits reservés oceanofnoise.fr)

20h – Nous sommes supposés avoir une heure de retard. C’était sans compter qu’arriver une heure en retard à un concert de rock, c’est arriver à l’heure. Et avec du recul, quelle chance inouïe que de ne pas être passé à côté du live des TEAM ME, un groupe norvégien qui n’a derrière lui qu’un jeune album. Dans nos iPod, TEAM ME nous baladaient gentiment. Sur scène, le groupe stimule, transporte et exalte d’une fraicheur incroyable. Sur cette scène, ce sont nos amis, ce sont des gens qu’on a toujours connu. Ils partagent, ils nous rappellent à quel point c’est bon d’être jeune. Mais il va sans dire que qualifier ou enfermer un groupe dans sa jeunesse est assez réducteur, voire idiot. De leur rock insouciant, on en ressort définitivement marqué.

21h – Pourquoi sommes-nous tout chamboulés ? Ce premier groupe ? L’ambiance ? Plus rien ne nous arrête et certainement pas notre attente impatiente du groupe Citizens que nous apprécions énormément depuis plusieurs mois. Quand ils arrivent, c’est une jouissance. Leur album était un bijou de notre protégé Label Kitsuné, le groupe ne devait pas décevoir. Objectif atteint, et plus que ça. Les Citizens ont de l’énergie à revendre, ils maitrisent parfaitement nos émotions et nous prennent pas les sentiments. Nos voix survivront elles ? Nos muscles tiendront-ils encore toute la soirée ? Quand ils repartent après 40 minutes de concert, on leur aurait bien crié « Ramenez nous avec vous, nous vous suivons jusque dans votre Londres natal, on ne vous quitte plus jamais ! ». Étrangement, le dernier groupe qui avait provoqué cet effet chez nous s’appelle Franz Ferdinand et son leader a produit Citizens. Quoiqu’il en soit, on ne demande qu’à recroiser ce groupe. Avec quelques chansons et de l’expérience en plus, le potentiel est inestimable.

Citizens (droits reservés oceanofnoise.fr)

22h – Cette fois on consomme l’entracte assis, le temps de dévisager comme il se doit ces gens qui aiment la musique. On ne peut même pas être mauvaise langue, pas d’élitisme musical ce soir. Les hipsters côtoient les hippies, les teens profitent autant que les couples de quadra… Et tout le monde est uni par l’attente des Maccabees. Encore un groupe originaire de Londres, mais l’ambiance n’est définitivement pas la même. Cette fois on joue sur les atmosphères, les envolées sont rares mais tellement agréables. Un groupe dans des nuages de romantisme qu’on sentait rétro et qui nous plongerait effectivement presque dans des effluves de nostalgie.

23h – Notre cœur subit les montagnes russes et le looping final se trouve entre les mains de Spiritualized. Au bout de la nuit, l’Anglais Jason Spaceman mettra Lyon à ses pieds. Sa musique acide prend tout son sens dans une foule suante à une heure tardive. Et ses douces descentes resteront inscrites jusqu’au coucher. L’expérience de l’artiste ne trompe pas, Spiritualized réussit son coup et ne peut laisser repartir personne indifférent.

Ce condensé d’émotions même s’il ne doit avoir lieu qu’une fois par an est trop bon pour être boudé. Alors réservez déjà novembre 2013, car où que vous soyez en France, les inrocks viendront à vous, et de bon cœur.

Spiritualized (droits reservés oceannoise.fr)

Auteur·rice

Co-créateur et rédacteur en chef de MazeMag, musicocinéphile. Animateur radio à ses heures perdues.

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