MUSIQUE

Bagdad Rodéo – Deux

 

Deux ans après la sortie d’un premier album qui avait déjà fait parlé de lui, Bagdad Rodéo revient avec Deux, leur second opus. Pourquoi compliquer le choix du titre lorsque l’on peut faire simple ? A nouveau réalisé par François Maigret (Shanka au sein des No One Is Innocent) dont ils avaient d’ailleurs assuré les premières parties, cet album nous invite avec frénésie dans une contrée lointaine et déjantée du far ouest. Maze revient pour vous sur l’album en avant première afin de vous faire découvrir ou redécouvrir le groupe.

Avant même sa sortie, Bagdad Rodéo nous avait mis en garde avec leur premier album au titre éponyme qu’ils n’étaient pas du genre à nous laisser indifférents et confirment avec Deux qu’ils ne sont pas prêts à lâcher l’affaire. Il n’y a qu’à jeter un œil à la pochette pour se rendre compte que les deux personnages frisent le ridicule. Les titres quant à eux intriguent et sont à même de faire rire sans les avoir écouté.
C’est ainsi que l’on a pu découvrir Monsieur Delatourette, chanson expliquant que le groupe ne parvient pas à écrire des paroles sans l’usage d’un certain vocabulaire qui puisse déplaire à certaines personnes. Qu’importe ce qu’on en dise, Bagdad Rodéo n’est pas prêt à se laisser marcher sur les pieds. Critique de la variété française sur un fond de ukulélé, Dis-moi papa laisse entendre à quel point la société actuelle leur inspire le dégoût en vue de ce qu’il faut faire pour réussir. Le titre joue par la même occasion sur la censure en mettant en place des bips sonores manqués avec des commentaires en second plan mais aussi la définition d’un terme qu’ils désiraient employer en fin de morceau, ce qui peut faire rire en vue de ce qui est dit auparavant. C’était sans compter sur Mon pote Jesus, hilarant dès la première prise de parole avec l’imitation d’un accent américain mais aussi son air de banjo digne d’un western. J’aime pas les filles quant à elle n’est pas sans rappeler un certain –M– dans l’intonation de la voix en fin de titre tout en se montrant être plus déjanté que l’original avec des paroles scandant les raisons pour lesquelles ils n’apprécient pas les filles comme nous l’indique gentiment le titre. Mesdemoiselles vous êtes prévenues, ce titre est pour vous et vous invite à prendre conscience de ce que les hommes peuvent vous reprochez. Peut-être en tirerez-vous même une leçon ? On notera aussi le clin d’oeil à la Marseillaise au cours de La Balayette et son “étendards sanglants élevés” afin de la retourner à leur manière et ainsi nous montrer qu’il s’agit à présent de “Générations qui commencent quand tout s’arrête“. Et comment ne pas parler du Nouveau Milinaire, peut-être le titre qui fait le plus écho aux No One Is Innocent, marquant avec fort intérêt le fait que ce dernier n’a su faire ses preuves.
L’autodérison, Bagdad Rodéo semble en avoir à revendre tout au fil de cet opus qui révèle des titres de plus en plus drôle tout au long de l’écoute, et notamment dans son dernier titre, Au Revoir où ils se considèrent eux-mêmes comme des “cons” le répétant à tout bout de champs.

Évidemment, si vous ne raffolez pas de ce langage nous vous déconseillons ce groupe qui ne lésine pas sur les mots crus, mais si au contraire vous avez un petit penchant pour le rock tel qu’on voudrait l’entendre  alors n’hésitez pas à poursuivre votre écoute. Nous vous signalons que, même si la sortie de l’album est prévue de façon digitale le 17 décembre, il vous faudra encore patienter jusqu’au 21 janvier pour vous procurer cette petite pépite dans vos points de vente. N’hésitez surtout pas à aller de l’avant et découvrir ce groupe qui vous fera danser et rire aux éclats dès le premier morceau. C’est donc avec grand plaisir que vous nous le conseillons.

En attendant, on vous quitte avec le clip de Quand je serai mort afin que vous puissiez vous forger une petite opinion sur le sujet :

Auteur·rice

Mordue de musique, littérature, cinéma et photographie. S'adonne à la musique et à l'écriture à ses heures perdues.

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