SOCIÉTÉ

L’édito politique : la rentrée, c’est maintenant

Fini l’êtat de grâce pour François Hollande et son gouvernement, si tant est qu’il y en est eu un. Aucun répit n’est accordé au chef de l’Etat, mais ce dernier le savait. Les attentes des Français sont grandes, au même titre que leurs difficultés. Mais la particularité de ces 100 jours de présidence socialiste, c’est qu’on ne décèle pas de réelle marque de fabrique. Ce gouvernement n’a pas vraiment d’identité, il n’est pas dans l’action mais plutôt dans la réaction. Cela peut être une bonne chose, mais les deux semaines de vacances estivales de François Hollande, l’augmentation du prix de l’essence, le chômage en hausse, tout cela a agit sur la popularité de l’exécutif, qui s’éffondre déjà. Le parallèle avec la mandature précédente est impossible, la crise n’était pas là lorsque Nicolas Sarkozy devint Président. Pour revenir aux socialistes, sans parler d’amateurisme, l’exercice du pouvoir semble parfois quelque peu bancale. Notamment dans les relations entre partis, puisque les Verts sont d’emblée mis en face de leurs contradictions lorsqu’Arnaud Montebourg parle du nucléaire comme d’une “filière d’avenir”. Mais même si le pouvoir peut paraître flou de temps à autre, ce n’est rien face à la cacophonie qui règne en face. L’UMP, déchu de l’Elysée pour la première fois depuis 1995, non majoritaire au bout de 10 ans de règne, ne sait pas vraiment comment faire pour incarner une opposition constructive. Sa guerre interne où s’affrontent déjà 5 candidats (ndlr Nathalie Kosziusco-Morizet, Bruno Le Maire, Jean-François Copé, François Fillon et Henri Guaino dernier en date) bloque l’ex-parti majoritaire dans un vacarme assourdissant, où les réactions fusent à chaud comme pour occuper le terrain le plus vite possible. Une guerre des chefs associée à une complète nostalgie du sarkozysme, l’impossibilité de tourner la page, certains allant jusqu’à espérer un retour de l’ex-président Sarkozy pour la reconquête de 2017 comme Guillaume Peltier l’a fait sur Twitter, l‘UMP se saborde pour l’instant lui-même. A gauche, on essaye de jeter l’héritage de Sarkozy à la poubelle (défiscalisation des heures supplémentaires supprimée, abrogation de la TVA “sociale”, création de postes dans l’Education). A droite, on ne jure encore que par lui. Et ni d’un côté ni de l’autre on ne parle des défis, des enjeux, des réformes. Mais en attendant, la France et les Français regardent, voient, pensent, et attendent le “changement”. Encore.

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