MUSIQUE

Liz Cherhal : il est arrivé quelque chose

Crédit photo : Ronan Lanoë

Sous ses airs sages, la charmante Liz Cherhal laisse bien vite voir un personnage déjanté et joyeux qui sait habilement parler de choses tristes ou cruelles avec humour.

Liz touche à tout, de la passion du théâtre à la musique, en passant par des études de sociologie, autant de cordes dont elle joue parfaitement en concert comme sur le disque.

Après quelques années de projets musicaux en groupes et de tournées avec son spectacle « Il est arrivé quelque chose », Liz Cherhal enregistre un album fin et subtil, doux et cruel qui ne laisse pas indifférent et pour lequel rien n’a été laissé au hasard. A la fois au centre de sa création et co-productrice, elle signe la maîtrise des moindres détails pour un disque si délicieusement personnel qu’il touche forcément l’auditeur.

14 morceaux à l’orchestration soignée et variée (hautbois, timbales, guitare électrique, accordéon, programmation rythmique faite à l’ordinateur et même une chorale) qui se mêle avec les genres pour créer un ensemble parfaitement harmonieux. Tous les thèmes y sont abordés : l’amour, la famille, la mort, toujours de façon légère et agréable, sans en être moins saisissant, chaque chanson est écrite justement, à la fois incisives et caressantes, les paroles parfaitement écrites s’enroulant avec la musique dans un ensemble merveilleux.

En concert, on la retrouve en compagnie de Cédric Cartier, guitariste, et Nicolas Bonnet, contrebassiste, et de son fidèle accordéon, les chansons ainsi interprétées presque nues n’en sont pas moins héroïques. Aller voir Liz Cherhal en concert est d’autant plus une bonne idée qu’elle gratifie le public de blagues, de sketches savoureux.

Liz Cherhal fait partie de ces personnes qui savent faire rire en racontant des choses tristes ou des choses quotidiennes, et dans la vie quotidienne, c’est très appréciable.

A l’occasion de la sortie de son album « Il est arrivé quelque chose », Kalmia Productions, sortie le 7 Novembre 2011, nous lui avons posé quelques questions.

Crédit photo : Ronan Lanoë

Avez vous senti une différence sur la tournée après la sortie de l’album ?

  Pas vraiment, il y avait plus de monde, c’est chouette, comme l’album est diffusé nationalement, ça permet de remplir des salles dans le nord, dans le sud, dans l’est, alors qu’avant je ne remplissais pas ces salles là.

Comment s’est déroulé le passage de chansons de scène, déjà existantes, à une version album, plus orchestrée ?

  J’ai tout maquetté, c’est à dire que j’ai tout enregistré, toute seule chez moi avec des instruments logiciels et quelques vrais instruments, mais c’était vraiment du boulot d’ordinateur, et ça je l’ai fait toute seule afin de pouvoir bien réfléchir à comment faire pour qu’une chanson qu’on joue en live soit aussi également efficace sur un album et pour moi ça passe par les arrangements, et il faut les réfléchir différemment  pour un album que pour un concert, il faut que les chansons soient parfois un petit peu plus courtes, parfois un petit peu plus pêchues, il faut qu’il se passe des choses dans la musique pour contrecarrer le fait qu’on ne nous voit pas quand on nous écoute sur un disque. Il faut penser à tout ça pour que le disque soit attrayant même si on ne nous voit pas.

C’était une volonté d’aller dans la réécriture ?

  Complètement, pour moi, un disque et un concert sont deux choses totalement différentes et indépendantes. J’aime bien l’idée que des gens qui me voient en concert n’aient pas entendu mon disque, et que des gens qui écoutent mon disque ne m’aient pas vue en concert, que les deux choses existent indépendamment, et c’est pour ça que je ne voulais pas du tout faire un live, parce que les lives, c’est vraiment pour les gens qui ont vu le concert. Peut-être que je le ferai plus tard, mais pour cet album là, je voulais vraiment qu’il ait sa vie et son identité propre en dehors des concerts.

C’est un album à la fois très personnel et très proche des gens qui l’écoutent, comment abordez-vous ce rapport personnel/universel ?

  Sans doute qu’on vit tous un peu les mêmes choses et que quand on a l’impression d’être seul face aux différents évènements de sa vie, en en parlant et en partageant, on se rend compte que ces choses qui nous arrivent, elles arrivent aussi ailleurs, je pense que c’est pareil pour les chansons, quand on a l’impression d’écrire une chanson vraiment intime et personnelle, quand on la chante devant des gens on se rend compte qu’elle résonne dans la vie des gens qui sont en face, c’est troublant et agréable à la fois.

Ca vous touche que les gens se sentent tous concernés ?

  Oui, complètement, je suis toujours très sensible aux gens qui m’écrivent, qui viennent me parler à la fin des concerts, ça me touche beaucoup.

Est-ce que vous considérez que vous avez des racines profondes dans la région Nantaise, vous avez été en résidence à Cap Nort…

  Je suis originaire de Chateaubriand, et quand j’ai commencé à faire des études j’ai été vivre à Nantes il y a plus d’une dizaine d’années, et j’ai un très fort attachement à Nantes parce que c’est une ville que j’aime beaucoup, j’ai énormément d’amis et de collègues dans cette ville, et c’est là que j’ai vraiment commencé, donc pour moi c’est vraiment ma région, depuis que j’y suis je n’ai pas bougé… Je n’habite plus dans le centre ville de Nantes mais j’habite vraiment pas loin, et c’est une ville dans laquelle je retourne vraiment dès que je peux, et quand je suis en tournée, je ne dis pas « j’habite à 20km de Nantes », je dis « je viens de Nantes », c’est un repère aussi pour tout le monde, on sait à peu près où c’est, on sait ce qu’il s’y passe, on sait qui est le maire, c’est un peu ma carte d’identité quand je voyage.

C’est important pour vous de bouger en transmettant une identité ?

  Non, pour moi ce n’est pas important, mais pour les gens qui me rencontrent ça l’est, et j’aime bien quand je rencontre des musiciens savoir quelle est leur région d’origine, dernièrement j’ai beaucoup côtoyé de musiciens de Lyon, là-bas il y a une vraie dynamique de musiciens, de chanteurs, il y a un vrai truc musical qui s’y passe, alors quand je rencontre des gens qui me disent venir de Lyon je suis particulièrement attentive parce que je sais qu’il y a des choses intéressantes qui sont entrain de s’y développer, et ça fait des repères, comme quand on rencontre des gens et qu’on leur demande ce qu’ils font dans la vie, où ils habitent…

Vous pensez qu’il y a un lien entre la création et la géographie ?

  Peut-être, en tout cas c’est sûr que l’endroit où on est a une influence sur la manière dont on écrit, tant par l’environnement que par les gens qu’on y croise, parce que quand on côtoie des musiciens qui ont une certaine manière de jouer, une certaine culture ça influence, alors forcément l’endroit où on est influence la manière d’écrire.

D’ailleurs sur la pochette de l’album vous avez ajouté la phrase « toute ressemblance avec des personnages existants ou ayant existé n’est absolument pas fortuite », c’est une façon de l’ancrer dans le réel ?

  Oui, et de dire « attention, je ne raconte pas que des bêtises », c’était presque une blague, un genre de figure de style pour dire que ce que je raconte est vrai, je n’ai pas inventé. A part des chansons comme « Je t’aime à la folie furieuse » où là j’ai inventé, mais il est évident que les gens qui écoutent savent que j’invente,  mais d’autres chansons comme « Il est arrivé quelque chose », « C’est une occasion » ou « l’homme chrysanthème », je ne les ai pas inventées. Cette petite phrase que j’ai rajouté à la fin, j’ai voulu le faire à cause de cette phrase qu’on voit quand on regarde des films qui dit le contraire « toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé est fortuite », là je voulais marquer le coup et dire  « Non, ce que je raconte n’est pas du faux, c’est que du vrai. »

Vous abordez des thèmes assez personnels, assez sombre, mais toujours avec humour, c’est naturel pour vous de pouvoir rire un peu de tout ?

  Oui (rires), parce que j’aime bien rigoler, j’aime bien faire des blagues, j’aime bien qu’on m’en fasse, comme tout le monde, pour moi, le moteur de la vie c’est vraiment l’humour, ça nous permet de sortir de bien des situations. Aussi, en concert, il ne faut pas être que sérieux, parce que sinon on peut vite devenir chiant et prétentieux, donc  pour moi, faire des blagues et des chansons drôles c’est une manière de faire que la vie soit un peu plus douce, malgré tout ce qui nous tombe dessus régulièrement.

D’ailleurs, sur scène vous faites beaucoup de blagues, de petits sketchs, qui au final font autant parti du spectacle que les chansons.

  Oui, voilà, et puis j’aime bien parler entre les chansons, parce que ça permet de créer quelque chose de très vivant, de très spontané, et puis je fonctionne beaucoup sur de l’impro, alors que je ne peux pas faire ça en chanson parce que j’ai des musiciens et qu’on joue des choses calées, alors qu’entre les chansons je peux me permettre à peu près tout ce que je veux, et j’aime beaucoup ces moments de discussion où je peux parler, faire des blagues un peu comme je veux, ça permet de créer des concerts qui sont uniques, il ne se passe pas la même chose d’un soir à l’autre, les gens réagissent différemment, je n’ai pas toujours les mêmes idées… Le côté négatif c’est que parfois je n’ai rien à dire, ce n’est pas forcément négatif, la magie n’opère pas comme ça, il se passe d’autres choses, des choses plus poétiques, plus posées qui sont bien aussi, il y a des concerts où je suis plus dans la musique, dans la chanson, et où je ne vais pas raconter ma vie entre chaque chanson, ça dépend, c’est vraiment sur le moment : qu’est-ce-qui se passe, qu’est-ce-que j’ai envie de dire, comment sont les gens, est-ce-qu’ils sont là pour m’entendre parler ou pour écouter de la musique ? Ca dépend, et ça se fait vraiment sur le moment.

Est-ce que ça se passe de la même façon avec les chansons qui ne sont pas sur l’album ? Vous décidez sur le moment lesquelles vous allez interpréter ?

   Oui, avec les musiciens on se demande ce qu’on a envie de jouer, après il y a des incontournables, comme les chansons du disque. Pour celles qui ne sont pas enregistrées, on décide un peu avant, la veille en répet’, ou dans le camion en allant au concert, ce qu’on va jouer, ça permet de faire des concerts un peu différents à chaque fois, du coup on se surprend les uns les autres et c’est très agréable.

Du coup, c’est une bonne idée d’aller vous voir en concert tous les soirs !

  Exactement, exactement ! (Rires)

Vous êtes vraiment une artiste de scène, ça fait longtemps que vous tournez, pourquoi avoir pris le temps de se poser pour enregistrer l’album ?

  Il faut le temps pour enregistrer un disque, et comme j’ai beaucoup travaillé toute seule en amont, deux ans pour tout le maquettage, alors je me suis posée : oui et non, parce que pendant ce temps là, je faisais aussi des concerts, alors tout ça s’est fait un peu en même temps et c’est seulement cette année entre janvier et juillet où on a décidé d’arrêter les concerts pour que je puisse avoir le temps d’être en studio, parce que c’est difficilement possible d’être à la fois en studio et en tournée… C’est faisable, mais dans ce cas-là il n’y a plus du tout de vie de famille, on ne voit plus les copains. J’avais vraiment envie de prendre le temps, et puis ce n’est pas la même énergie d’être en studio et en tournée, pour enregistrer on arrivait entre 8 et 9h du matin, on arrêtait à 17-18h, alors qu’on a pas ce genre d’horaires quand on fait des concerts. J’ai bien aimé ce travail là, j’avais l’impression d’aller au bureau, je partais à 8h de chez moi, j’arrivais au studio, c’était chouette. J’ai bien aimé ce travail, et surtout j’ai bossé avec des gens qui étaient sympas et qui bossaient très bien, tout ça fait que je suis très contente d’avoir pris le temps de faire cet album, aujourd’hui j’en suis très contente.

Pourquoi le faire maintenant, bien après l’EP « Il est arrivé quelque chose » ?

  Un album, c’est un peu comme une carte de visite, c’est un arrêt sur image de ce que je suis en ce moment, et c’est important aussi par rapport aux professionnels, de dire « regardez, Liz Cherhal, c’est ça », Liz Cherhal c’est ce genre de musique, cette chanteuse là. C’est vraiment une carte de visite de musique, et c’est important pour être reconnu actuellement, même si plus personne n’achète de disques, c’était important de le faire pour fixer mes chansons sur un support, telles que je les aime actuellement. C’est agréable le boulot de studio, et ça a aussi relancé ma tournée, donc c’était très bien de le faire maintenant.

Et la pochette de l’album, les photos de vous un peu « sale gosse » avec la vaisselle cassée, c’est aussi une façon de montrer celle que vous êtes maintenant ?

  Oui, c’était ma volonté, ce que je voulais pour ce visuel c’était de réussir à exprimer de la violence sans montrer de sang, d’armes, de larmes, pouvoir transposer ce qui se passe dans mes chansons sur une photo, et pour moi c’était ce qu’il y avait de plus cohérent : mettre de la vaisselle cassée, parce que quand on voit tous ces petits bouts de vaisselle par terre on imagine bien ce que j’ai pu faire avant pour que ce soit comme ça. Pour moi c’était ça l’idée : pouvoir faire une belle photo, avec derrière une idée de violence et de malheur.

Les chansons « Marie-Françoise » et « Mystère » sont sous forme de dialogue, vous vouliez donner la parole à quelqu’un ou quelque chose d’autre ?

  Je ne sais pas, c’est une bonne remarque, je n’y avais pas pensé, je n’y réfléchis pas tellement quand j’écris, je ne me dis pas « tiens, je vais faire une chanson en dialogue pour changer », ça s’est fait comme ça. C’est vrai que la chanson « Mystère » est un dialogue entre deux personnes, et souvent on me demande pourquoi je ne l’ai pas chantée en duo, et curieusement je n’y ai absolument jamais pensé. (rires) Je ne sais pas pourquoi ça s’est fait comme ça, ça doit donner un petit peu de reflets aux chansons, mais ce n’est pas une façon de diversifier mon style, ça s’est vraiment fait dans l’instinct.

Et comment ça se passe pour écrire des chansons comme « Les panneaux blancs » ?

  Celle-là en particulier, ça m’est venu en voiture, entre Angers et Nantes, sur la route d’Ancenis il y a ces panneaux, je n’ai rien inventé, j’ai juste roulé sur cette route, j’ai vu ces panneaux et j’ai trouvé ça hallucinant ces deux panneaux qui se suivent, je me suis dit « le deuxième gars qui s’est planté en voiture il devait lire le panneau d’avant, c’est pas possible ! ». On roule, on roule, il y a ces panneaux qui en plus font peur, qui attirent l’oeil, c’était la nuit, mon oeil a vraiment été attiré par ce premier panneau et ça m’a un peu déconcentrée de ma conduite, quand j’ai vu le deuxième je me suis dit que c’était évident que le deuxième à s’être planté était victime du premier panneau. J’ai fait une chanson, c’était juste une constatation.

On a l’impression que tout vous inspire, les thèmes sur l’album sont variés, et les chansons que vous jouez sur scène ont des sujets très divers, comme la recette du caviar d’aubergine, c’est facile pour vous d’écrire sur ce genre de choses ?

  En fait, j’ai l’impression qu’on peut écrire sur tout et n’importe quoi, tout dépend de la manière dont c’est fait, du style, tout dépend de la musique qu’on va coller dessus, mais à mon avis on peut vraiment écrire sur tous les thèmes, et quand j’écris en tant que Liz Cherhal, pour moi-même, j’écris sur ce qui m’entoure, sur les événements qui m’ont marquée, qui m’ont touchée, sur des gens que j’ai rencontré, sur ce que je mange… Après, quand j’écris pour les autres, généralement j’ai une commande, on me dit de faire une chanson sur ceci, sur cela, et là je n’ai pas à me demander sur quoi je vais écrire et c’est vraiment cadré, j’aime bien aussi travailler comme ça. En ce qui concerne les chansons que je chante moi, je n’ai pas de limite sur les thèmes que j’aborde, il faut juste que ce soit des choses qui me touchent, qui touchent mon environnement proche. Comme « Tu vas bien… » c’est une constatation comme « Les panneaux blancs », ça fait partie de ces chansons blagues, j’ai fait des études de sociologie alors je me pose en spectatrice de tout, ça a été ma manière de faire pendant mes études, maintenant quand j’écris je me place un peu comme ça : je regarde ce qui se passe et je le raconte, sans juger. « Tu vas bien… » c’était aussi une façon de positionner la profession de chanteur, vraiment en tant que métier, au-delà du travail qu’on fait on est aussi autre chose. Je me sens musicienne et chanteuse, c’est mon travail, mais il y a aussi des fois où je n’ai juste pas envie qu’on me considère comme une chanteuse et une musicienne, j’ai juste envie qu’on me considère comme une amie, une cousine, une voisine, au-delà de ma profession, parce que parfois c’est pesant de n’être que la chanteuse, c’est juste une partie, on est aussi des personnes normales (rires) au-delà de tout ça.

Vous avez fait pas mal de promo dernièrement, il y a une question que vous avez marre d’entendre ?

  Peut-être « de quoi parlent vos chansons », c’est tellement dur de répondre que du coup je ne sais jamais quoi dire, du coup je réponds des trucs différents et du coup c’est incohérent. (rires) Voilà, cette question là me mets toujours mal à l’aise, c’est dur de parler des thèmes qu’on aborde, si on les écrits, c’est justement parce qu’on ne veut pas en parler, alors cette question là me déstabilise.

Vous avez ouvert un blog il y a quelques mois, c’est une façon d’être proche des gens qui vous écoutent, de vos amis, de faire vivre ce que vous vivez ?

  Quand je l’ai ouvert, je voulais écrire très souvent dessus, et en fait, je n’ai pas le temps, alors c’est un peu nul, je n’ai mis que deux articles dessus et je n’ai pas le temps d’en faire d’autres pour le moment, peut-être que pendant les vacances je pourrai m’y mettre un peu plus. En fait, j’aime bien écrire des histoires, je le fais depuis longtemps et c’était pour les rendre publiques, je l’avais déjà fait avant sur mon myspace, je mettais en ligne des textes comme ça, parce que j’avais envie qu’ils vivent en dehors de mes cahiers, mais peut-être que ça peut permettre aux gens qui m’écoutent d’être plus proches, mais ce n’était pas ma volonté première. Au départ, je voulais vraiment juste diffuser mes textes et faire passer un bon moment aux gens qui les lisent, mais je n’en ai mis que deux en ligne, pour l’instant ça ne marche pas très fort !

Auteur·rice

June De Witt
J'ai 23 ans, j'écris de la fiction, je bois du thé, et je suis plutôt sympa. La dernière fois que j'ai été cool c'était en 2009. J'ai pas mal d'avis sur pas mal de sujets, mais si je t'ennuie, sache qu'on peut toujours parler du chat de mon coloc à la place.

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