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REPORT – Nina Battisti a posé ses « foutus bagages » à La Maroquinerie

Crédit : Alice Joly

Le 18 mars, Nina Battisti a investi la scène parisienne de la Maroquinerie. L’occasion pour elle de présenter son nouvel EP, Foutus bagages, sorti début mars. Un projet dans lequel elle explore ce que l’on porte en soi, souvent malgré nous.

À 23 ans, Nina Battisti n’a rien d’une artiste débutante. Formée au piano dès l’enfance au conservatoire, elle grandit en Corse avant de quitter l’île à 17 ans pour rejoindre Paris. Elle intègre le Cours Florent Musique, où elle affine son écriture. Chez Nina Battisti, l’émotion ne reste jamais abstraite : elle se matérialise, prend corps, s’expose. Son univers, entre pop sensible et écriture à vif, s’inscrit dans une génération qui choisit d’exposer ses fragilités plutôt que de les lisser.

Avec Foutus bagages, elle met des mots sur ce que l’on traîne souvent sans le nommer (souvenirs, peurs, liens qui persistent…). Ce n’est pas la première fois que l’artiste nous livre ses névroses. Déjà dans son premier EP Le cabaret des pleurs, sorti en mai 2025, l’artiste nous parlait de sa difficulté à être seule. Encore une fois, c’est un chemin de guérison qu’elle nous propose avec Foutus Bagages et ses chansons.

Sur scène, l’intime prend corps. Accompagnée d’un batteur, d’un guitariste et d’une pianiste, Nina Battisti déploie un répertoire aux contours mouvants et étonnants. Piano-voix épuré, envolées pop, textures électroniques, pulsations presque techno : le concert navigue d’un registre à l’autre sans jamais perdre en cohérence. Certaines inflexions rappellent Juliette Armanet, notamment dans le rapport au piano et cette manière de faire monter l’émotion sans la brusquer. 

Mais c’est dans les contrastes que le live trouve sa plus grande force. D’un côté, des moments suspendus, presque fragiles, comme Ne t’endors pas sans moi, interprété dans un dépouillement total en piano-voix. De l’autre, des morceaux plus denses, où le son s’épaissit et le rythme s’accélère, à l’image de Papa et maman ou Une fille comme moi. Portée par une énergie débordante, Nina Battisti occupe la scène sans retenue. Vêtue d’une grande robe blanche, elle passe de la retenue à l’explosion, danse et se déchaîne, en étant habitée par ses textes.

Une présence scénique maîtrisée, et équilibrée entre douceur et intensité contrôlée.

La chanteuse en a aussi profité pour partager la scène avec plusieurs artistes : Zélie, pour un duo complice, avec qui elle a interprété la chanson « baby » sortie sur les toutes plateformes le 17 avril dernier.

Elle a aussi partagé la scène avec Lunedel, le temps d’une chanson, qui assurait sa première partie.

Elle a aussi invité le duo Do Not Do, qui a fait danser la salle avec son énergie pop-électro.

Autant de présences qui enrichissent le concert sans jamais en détourner le centre de gravité. Avec Foutus bagages, Nina Battisti confirme qu’elle fait partie de ces artistes capables de transformer l’intime en véritable expérience collective.

L’artiste est d’ailleurs à retrouver sur scène le 24 mai au Vulneraire Festival.

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