Les marches du Palais des Festivals se parent de rouge, et Cannes s’apprête à accueillir son évènement le plus attendu de l’année. À cette occasion, et en amont de cette 79ème édition, découvrez les films qui composent les différentes sélections cannoises.
Le cru 2026 de Cannes marque un retour fort du cinéma d’auteur international et, a contrario, une présence hollywoodienne plutôt réduite. Fidèle à la tradition, c’est un film français qui donnera le coup d’envoi du festival. Hors compétition officielle, il sortira dans les salles le jour même. Pierre Salvadori présentera ainsi son long-métrage La Vénus électrique, comédie romanesque dans un Paris du début du XXème siècle.
Une sélection officielle remplie d’auteur·ice·s installé·e·s
Pour sa sélection officielle, le jury présidé par Park Chan-Wook a choisi des cinéastes confirmé·e·s. Ainsi, l’on retrouvera parmi les 21 cinéastes sélectionné·e·s Pedro Almodóvar avec Amarga Navidad, Asghar Farhadi avec Histoires parallèles, ou encore Hirokazu Kore-eda, qui présentera Sheep in the Box. Ce dernier fait partie des deux anciens palmés, avec le cinéaste roumain Cristian Mungiu. Invité régulier de Cannes, Mungiu présentera son nouveau film Fjord, avec l’actrice Renate Reinsve.
Côté nouveaux·elles venu·e·s, l’on compte notamment Arthur Harari qui avec L’Inconnue signe son entrée en compétition officielle. Emmanuel Marre rejoint le club très fermé des sélectionné·e·s avec Notre Salut, ainsi que Javier Calvo et Javier Ambrossi, qui signent La Bola Negra. Les femmes cinéastes, au nombre de cinq, font également toutes leurs débuts en compétition.
Une part de femmes cinéastes qui stagne
Pour ce qui est des réalisatrices, le plafond de verre demeure. 5 femmes font partie des 21 sélectionné·e·s de la compétition officielle. C’est moins que l’année passée, où l’on comptait 7 prétendantes à la Palme d’Or. Parmi elles, l’Autrichienne Marie Kreutzer présente Gentle Monster, porté par Léa Seydoux et Catherine Deneuve. L’Allemande Valeska Grisebach présentera, quant à elle, L’Aventure rêvée. Ces deux cinéastes sont notamment passées par la section Un Certain regard (respectivement en 2022 et 2017) – il s’agit là d’une trajectoire très classique du festival.
L’on retrouvera cette année trois Françaises en compétition. Jeanne Herry (Pupille) viendra présenter Garance, qui suit une actrice aux prises avec l’alcoolisme, incarnée par Adèle Exarchopoulos. Léa Mysius (Ava, Les Cinq Diables) confirme son affection pour l’étrange avec Histoires de la nuit, adapté du roman de Laurent Mauvignier. Un film porté par un casting cinq étoiles, avec notamment Hafsia Herzi, Monica Bellucci, ou encore Benoît Magimel. Enfin, Charline Bourgeois-Tacquet (Les Amours d’Anaïs) présente La Vie d’une femme, qui réunit Léa Drucker et Mélanie Thierry.

Cinéastes émergent·e·s
Pour Un Certain Regard, le jury a sélectionné 15 longs-métrages donc 5 sont des premiers films, et donc éligibles à la Caméra d’Or. C’est Teenage Sex and Death at Camp Miasma de Jane Schoenbrun, à la fois slasher queer et teen movie, qui fera l’ouverture de cette sélection. Cette dernière, considérée comme la « tête chercheuse » de la sélection officielle, vise à promouvoir les cinéastes émergent·e·s et ceux de pays à la production cinématographique moins développée. C’est le cas par exemple d‘Elephants in the fog d’Abinash Bikram Shah, premier film népalais en compétition dans cette sélection.
La Semaine de la critique, plus ancienne sélection parallèle, sélectionne uniquement des premiers et seconds films. C’est le Syndicat français de la critique de cinéma qui s’en charge, contribuant souvent à lancer des carrières de jeunes cinéastes. Le cru 2026 rassemble 7 longs-métrages et une dizaine de courts, dans une sélection très internationale. Ainsi, l’on retrouvera des coproductions du Yémen et de la Jordanie notamment avec The Station de Sara Ishaq, du Kosovo et de la Suisse avec Dua de Blerta Basholli, ou encore du Mexique et Brésil avec Seis meses en el edificio rosa con azul de Bruno Santamaría Razo.
Œuvres singulières
Côté Quinzaine des cinéastes, ce sont 19 longs et 9 courts métrages qui sont réunis cette année. Y figureront des œuvres singulières et éclectiques, fidèles à l’ADN de cette sélection, venant notamment du Nigéria, du Soudan, du Guatemala ou encore du Venezuela, avec une présence notable de films documentaires et d’animation. C’est Butterfly Jam de Kantemir Balagov qui ouvrira le bal, porté notamment par l’acteur Barry Keoghan.
Enfin, l’ACID, Association du cinéma indépendant pour sa diffusion, défend de son côté le cinéma indépendant et fragile. Ce sont 9 films qui ont été sélectionnés cette année, dont 6 premiers longs-métrages, et une majorité d’œuvres françaises (à la réalisation ou en coproduction). L’on attend notamment Living Twice, Dying Thrice de Karim Lakzadeh, ou encore La Détention de Guillaume Massart. L’on pourra aussi compter sur des œuvres engagées, comme Mauvaise étoile de Lola Cambourieu et Yann Berlier, qui ouvrira la sélection, ou Dans la gueule de l’ogre de Mahsa Karampour, documentaire iranien sur un frère et une sœur exilé·e·s dans deux pays différents.
Évènement inattendu, la présence de John Travolta, qui présentera son tout premier film en tant que réalisateur.Vol de nuit pour Los Angeles sera ainsi montré hors compétition, dans la section Cannes Première. Enfin, on notera également la présence de Quentin Dupieux avec non pas un, mais deux films. Full Phil sera présenté en séance de minuit, tandis que Clôture fermera la Quinzaine des cinéastes. L’on aurait peut-être souhaité qu’au moins l’une de ces deux places soit attribuée à un·e autre cinéaste.
Le 79ème Festival de Cannes se déroule du 12 au 23 mai 2026. Le programme complet de la Sélection officielle est à découvrir sur le site du festival.








