Roman Ausen fait des débuts remarqués dans le paysage musical actuel. Son nouvel EP Night Tracks II nous plonge dans un monde pop aux riffs exquis des années 70.
Après un live charnel au BADABOUM fin septembre et un autre round le 15 octobre, Roman Ausen sait comment défendre ses nouvelles compositions et jouer avec la curiosité de son public. Nous avons fait quelques pas en sa compagnie dans le quartier de la Place des Fêtes dans le vingtième arrondissement. Entre Jeff Buckley, peinture et saxophone, Roman nous raconte le chemin qu’il a parcouru vers cette nouvelle ère musicale.
Night Track I était ton introduction pour t’imposer sur la scène parisienne, quel est le but de Night Tracks II ?
Le but avec Night Tracks II est de clore un premier chapitre stylistique pour que je puisse me tourner vers de nouvelles sonorités que j’avais envie d’incorporer à ma musique depuis un petit moment.
Est-ce que tu peux nous citer trois albums qui t’ont inspirés pour faire cet EP ?
C’est pas facile de citer des albums entiers. Parfois c’est juste un morceau qui va m’inspirer ou alors un passage de 10-15 secondes dans un autre morceau. Mais pour citer trois artistes, je dirais : George Michael, Sade et Diamond Cafe !
Parlons de la couverture de l’album digne d’un tableau. Il y a quelques références cachées non ?
La couverture de l’album, comme le reste de mes visuels depuis le début, a été réalisée par Ben Cabirol. Dès qu’il m’a partagé les premiers tests, j’ai su qu’elle allait devenir ma préférée. C’était pas facile de la garder pour moi jusqu’à ce qu’elle soit dévoilée mais je suis très content des retours qu’il y a eu dessus ! Je voulais quelque chose qui soit différent des pochettes qu’il avait pu me faire auparavant, en apparaissant d’une autre manière, sans être sur un fond uni noir.
Il faut la voir comme un condensé des trois covers précédentes (« After Midnight »- « Borderline » – « Soft Play »). Chacun des éléments qui constituent ces couvertures trouve une place sur l’artwork de l’EP. Le fond, semblable à celui d’un appartement, fait référence à l’endroit où tout prend forme quand je compose mes musiques, c’est-à-dire chez moi.
La pose est directement inspirée d’une photo de Horst P. Horst. En la voyant, je trouvais qu’il y avait un petit côté Bowie qui m’a directement plu ! C’est marrant d’ailleurs qu’elle te fasse penser à un tableau, car des peintres comme Magritte par exemple, ont servi de référence dans les couleurs notamment. Si on regarde bien, on peut même apercevoir les initiales de Ben qu’il a dissimulées comme un peintre laissant sa signature sur son tableau.
Dans ce deuxième chapitre, tu as décidé de faire une reprise du prodige Jeff Buckley. Penses-tu avoir des points communs avec lui ?
Haha, mis à part qu’on est nés à deux jours d’écart et que ça fait de nous deux Scorpions, je ne pense pas que la liste des points communs soit immense ! Jeff Buckley est une énorme référence pour moi, même si, au vu du style que je fais, ce n’est peut-être pas la plus évidente à discerner.
Si j’ai choisi de reprendre « Everybody Here Wants You », c’est parce que je trouvais que c’était un des seuls morceaux de sa discographie qui avait naturellement le potentiel de coller avec le reste de mon EP. Je pense être resté fidèle à l’original en lui donnant peut-être un côté plus 80s, mais je n’ai pas voulu partir dans tous les sens.
J’ai eu l’occasion, en novembre dernier, d’être invité pour aller voir le ballet GRACE – Jeff Buckley Dances par Benjamin Millepied. C’était la première fois que j’allais voir un spectacle comme ça et ça m’a vraiment marqué. Je pense que j’ai eu une sorte de déclic qui m’a donné envie à mon tour de lui rendre hommage à travers cette reprise.
Le titre « Soft Play » est un titre assez sensuel, surtout le passage du saxophone digne d’une ballade des années 80. On voit que tu as le sens du détail.
Merci beaucoup ! « Soft Play », c’est le premier morceau que j’ai composé cette année et le dernier single sorti avant l’EP au complet. C’est un des rares morceaux que j’ai composés piano/voix, c’est pour ça qu’il prend une place assez importante dans le rendu final ! À ce moment-là, j’étais pas mal inspiré par une vieille démo de Michael Jackson qui s’appelle « Loving You » et par les lignes de basse de McCartney quand je me suis remis à écouter et redécouvrir certains morceaux des Wings !
Après avoir eu l’occasion d’ajouter du saxophone sur « After Midnight », le premier single de l’EP, j’ai eu envie d’en mettre à nouveau ! J’ai donc une fois de plus fait appel à Alexandre Visquis, en lui soumettant une démo vocale du solo que j’imaginais au niveau du pont, et quelques temps plus tard, on s’est vus chez lui pour enregistrer tout ça. Il a directement compris ce que je voulais, c’était vraiment bien de pouvoir l’avoir sur ce morceau.
Tes textes parlent de désir et de la nuit. As-tu des passages qui te marquent plus que d’autres quand tu joues ces titres en live ?
Je pense que les morceaux, d’un point de vue purement musical, renvoient à cette ambiance nocturne et assez sensuelle. ais pour ce qui est des paroles, contrairement au premier EP (hormis « Borderline »), ça parle plutôt de désillusions amoureuses, de la difficulté à passer à autre chose et des regrets liés à la sensation d’avoir laissé passer une histoire. Par la suite, j’aimerais tendre encore plus vers ce côté-là, en ne mettant pas les paroles au second plan (sans pour autant prétendre faire de la chanson à texte) mais en ayant quelque chose de plus personnel.
Jouer ces morceaux en live, ça leur donne une autre dimension ! C’est forcément différent quand tu passes du moment où tu es seul chez toi à enregistrer piste par piste au clic tes morceaux, à celui où tu es sur scène avec tes musiciens. Tu rallonges certaines parties, tu changes le tempo etc… C’est une sorte d’aboutissement, donc je n’ai pas vraiment de passages qui me marquent plus que d’autres, je dirais que c’est un tout.

Sur le communiqué de presse tu parlais d’un premier album, as-tu des choses à nous dire dessus ?
Après ces deux EP et l’envie de me tourner vers un style un peu différent, je ne me vois pas à nouveau proposer un 4-5 titres. Je pense que pour beaucoup d’artistes, le cap de l’album est une étape qui vient donner un poids supplémentaire à ton projet et il me tarde d’en arriver là ! J’ai commencé à composer pour l’album cet été. Il me manque 2-3 maquettes mais je suis vraiment satisfait des dernières trouvailles !
J’ai testé pour la première fois lors d’une date en juin, d’en jouer une toute nouvelle, qui figurera sur l’album et que je considère vraiment comme le point d’ancrage de ce futur projet, et ça m’a vraiment conforté à l’idée de creuser vers cette nouvelle direction ! Pour le moment, tout ce que je peux dire, c’est que ces morceaux sont plus inspirés par les années 60-70. Je définirais ça comme étant de la pop cinématographique.
Des projets pour 2026 ?
J’aimerais pouvoir faire plus de concerts, et pas uniquement à Paris ! J’ai eu la chance de rencontrer et de constituer un live band solide avec qui je m’entends super bien et je pense que ça ne peut que valoir le coup de multiplier les occasions pour continuer de défendre ce projet en live et pas uniquement via les réseaux. J’espère également pouvoir suffisamment avancer sur l’élaboration de l’album. Je ne veux pas qu’il soit survolé, donc je prendrai le temps qu’il faut pour proposer, je l’espère, une suite à la hauteur.








