Toutes les trois semaines, les rédacteur·ices de Maze vous proposent un tour d’horizon des albums et EP qui ont fait l’actualité musicale.
Alice Phoebe Lou – Oblivion
De la douceur à l’état pur, voilà ce qu’Alice Phoebe Lou nous offre avec son nouvel album Oblivion. Nous y dansons, légers, à travers les mélodies tendres de l’artiste entre piano et guitare où la voix de Phoebe Lou nous câline et nous berce. Un album hommage à ses premières années où la jeune musicienne performait dans la rue.
Plus acoustique, Oblivion cherche à nous attendrir, à nous apaiser face à la vraie star de cet album, sa voix. Son vibrato, sa vulnérabilité et sa fragilité, ses textes couverts de mots satinés et poétiques. Que ce soit à travers « Pretender », simple guitare-voix aérien, ou « Oblivion » avec son piano qui étourdit grâce à la beauté de ce titre fantasque, nous nageons dans les pensées intimes d’Alice. Nous sommes comme suspendus dans les airs le temps de 11 titres à l’éclat cristallin.
Loin de l’ambiance de ses derniers albums et de son side project farfelu et jouissif strongboi, Alice Phoebe Lou remonte le temps afin d’y trouver maturité et liberté.
Coups de cœur : Pretender, Sparkle, Oblivion, You and I, With or Without.
Sortie le 24 octobre 2025.
Thomas Soulet
Patchwork Inc. – Chicago Patchwork (EP)
Plus vraiment besoin de présenter le mythique label Colemine Records. Black Pumas, Durand Jones and The Indications, Aaron Frazer, Kelly Finnigan, Neal Francis, Kendra Morris et nous en passons, sortent de ce monstre musical soul et funk. Voici donc leur nouvelle pépite soul/funk les Patchwork Inc. Venant tout droit de Chicago, ce collectif va raviver votre amour pour les grooves et les balades qui dégoulinent de soul.
Dès les premières notes de « On and On », le riff de basse et les cocottes funky de la guitare nous possèdent et nous enivrent d’une envie folle de danser. La voix de la diva Rhea The Second, chanteuse de Chicago elle aussi, amène sa patte r’nb où la chaleur du dancefloor l’a envoutée. Puis c’est au tour de Michael Damani, lui aussi invité sur l’EP, de nous étourdir par sa voix blues et sa guitare aux accords vintages portées par des cordes et chœurs moelleux et célestes sur « It’s Just The Rain ». Mais nous fondons définitivement sur « Slowdown », où le rythme ralenti et la sensualité prennent les devants.
Un EP sucré et délicieux qui fond dans la bouche où soul, groove et low tempo s’embrasent pour créer un goût unique signé les Patchwork Inc..
Coups de cœur : On and On, Everyday, It’s Just The Rain, Slow Down.
Sortie le 17 octobre 2025.
Thomas Soulet
Astral Bakers – Vertical Life
Avec The Whole Story, leur premier album paru en 2024, Astral Bakers posait les bases d’un soft-grunge feutré, alliant habilement folk et rock . Vertical Life confirme le talent du quatuor : ici, chaque membre participe activement à dessiner l’identité sonore, et l’album se vit comme un dialogue permanent entre quatre voix et quatre instruments, mêlés dans un même souffle. Ambroise, Theodora, Nico et Zoé se répondent, se superposent, se mélangent, comme si le groupe lui-même devenait un instrument unique. Les voix, tour à tour murmurées et exaltées, portent la tension du disque : entre introspection et good old énergie grunge, elles racontent une histoire de construction, de vertige et d’enracinement.
Enregistré aux États-Unis avec Sam Evian (Big Thief, Blonde Redhead), le disque est viscéralement pensé dans l’instantanéité. Les légères imperfections sont pensées pour ajouter de la texture, et donnent à Vertical Life sa chaleur et son côté organique, presque physique.
Tout, dans ce nouvel album, contribue à cette sensation rare : celle d’un groupe en train de se trouver, et de nous emporter avec lui.
Coups de cœur : A Dog in a Manger, Within a Heartbeat, Healing.
Sortie le 10 octobre 2025
Romane Fragne
Tame Impala – Deadbeat
C’est un retour très attendu. Cinq ans après The Slow Rush, Tame Impala signe son grand retour avec Deadbeat ; littéralement « bon à rien ». Bon à rien ? Pas vraiment. Un 5ᵉ album tout sauf paresseux, qui renoue avec son style. Il est tout ce qu’on attend de Tame Impala : des mélodies psychédéliques et envoûtantes, aux paroles pertinentes et introspectives. On y retrouve sa dominante synth-pop, mais aussi son côté parfois rock, parfois disco, parfois quelque chose d’indéterminé entre les deux, qui fait sa signature.
Il ne cesse de se réinventer et cet album en est la preuve. Cette fois-ci, Kevin Parker s’aventure dans de nouveaux territoires sonores, avec « Ethereal Connection » et « Afterthought » explorant le côté house et expérimental. Plus introspectif et personnel, il retranscrit pourtant un paysage profondément australien, au goût de rave et de soleil brûlant dans « End of Summer ». On entre dans l’album par son obsédant single pop « Dracula » et on y reste pour l’envoûtant rythme latino d’ « Oblivion ».
Coups de cœur : Dracula, Oblivion, End of the Summer.
Sortie le 17 octobre 2025.
Rafaela Velasco
The Last Dinner Party – From the Pyre
Le quintette britannique, The Last Dinner Party, revient avec From the Pyre, un deuxième album aussi flamboyant que Prelude to Ecstasy. Formé à Londres en 2012, le groupe, composé d’Abigail Morris, Lizzie Mayland, Emily Roberts, Georgia Davies et Aurora Nishevci, s’est imposé en un temps record sur la scène internationale. Leur premier opus, acclamé par la critique et lauréat d’un Brit Award, avait déjà séduit par son art-rock théâtral et baroque.
Avec From the Pyre, le groupe approfondit son univers : un glam rock théâtral, gothique et décadent, où se mêlent des influences de Kate Bush à Florence + The Machine. Plus sombre et mystique, ce nouvel album est un succès dans son imagerie onirique et parfois biblique. « Rifle » ou « Woman Is a Tree » allient poésie et révolte, questionnant la guerre, la maternité ou la douleur. Entre visions apocalyptiques et ferveur pop des seventies, From the Pyre se présente comme une œuvre totale : sensuelle, politique et cathartique.
Une épopée entre rêve et cauchemar, où The Last Dinner Party confirme sa maîtrise du mélodrame et son statut de magiciennes du rock moderne.
Coups de cœur : Count the Way, I Hold Your Anger, Rifle Woman Is a Tree.
Sortie le 17 octobre 2025.
Rafaela Velasco
Joachim Pastor – PHANTOMGRID
Ambassadeur d’une techno mélodique, Joachim Pastor délivre un troisième album aussi puissant que personnel. Nourri de ses obsessions les plus profondes, PHANTOMGRID est construit tel un voyage qui explore la relation entre l’homme et la machine.
Porté par une ambiance cinématographique, ce nouvel opus nous emmène sur le chemin de la complémentarité entre le digital et l’humain. Cette alchimie entre les mondes prend vie durant les dix titres qui composent notre odyssée. Si « Phantomgrid », « Field Of Snakes » ou encore « Seeking Soul » puisent dans le grandiose et l’énergie brute, d’autres temps plus propices à l’introspection font surface avec « Happy Now ? » ou « Walk With Me » guidés par de douces notes synthétiques.
L’album s’accompagne aussi d’un documentaire mettant en lumière l’homme derrière l’artiste. Une façon de multiplier les interprétations que l’on peut faire de ce LP aussi fascinant qu’ambitieux.
Coups de cœur : Phantomgrid, Take Away The Pain, Carry On, Seeking Soul, Synthetic Recall
Sortie le 10 octobre 2025.
Gaël Saquer
Romain Garcia – EURÊKA !
Avec EURÊKA !, Romain Garcia dévoile un premier album aux couleurs estivales et habité par la nostalgie d’un été révolu. C’est dans son home studio, face à l’océan, que l’artiste a composé ce projet empreint de liberté et d’insouciance.
Entre deep house et melodic techno, le producteur laisse libre cours à son instinct pour nous faire le récit des moments qu’il a chéris. Une manière de capturer l’instant pour le rendre éternel. Chaque titre est le reflet d’un sentiment qui doit vivre. Des morceaux à la narration purement instrumentale à la pop mélancolique de « Regarder la nuit » avec le duo Pépite, l’ambition reste la même : transmettre une émotion.
EURÊKA ! porte en lui cette aura solaire et réconfortante, celle qui ravive la flamme des souvenirs passés. Face à l’éphémère, Romain Garcia répond avec sincérité et justesse, faisant de lui l’un des artistes les plus attachants de la nouvelle scène électronique française.
Coups de cœur : well.. summer is over, Eurêka, Regarder la nuit, Tokyo Mafia, Used To
Sortie le 17 octobre 2025.
Gaël Saquer








