CINÉMA

« Les Affluents » – Phnom Penh by night

Les Affluents © Local Films
Les Affluents © Local Films

Avec Les Affluents, le Français Jessé Miceli signe un premier long-métrage débordant de sensualité dans un Phnom Penh aussi sensuel que mystérieux. Une œuvre intrigante portée par un beau trio d’acteurs.

Mieux vaut tard que jamais. Voici précisément l’adage qui s’applique pour Les Affluents, premier film impressionnant de maîtrise du cinéaste français Jessé Miceli. En 2020, le long-métrage faisait partie de la sélection de l’ACID pour un Festival de Cannes qui n’a hélas pas eu lieu cette année-là. Les mois sont passés et aucune date de sortie n’était annoncée.

À croire que seuls quelques chanceux ayant eu le privilège de le voir dans les différentes reprises de l’ACID pourraient en parler. Mais le miracle se produit et aujourd’hui, il est désormais possible de découvrir ces fameux Affluents. Soit les portraits croisés de trois jeunes cambodgiens en quête d’émancipation. Songsa, Thy et Phearum ont la vie devant eux et plein d’idéaux. Et ce n’est pas à la campagne que leurs rêves ont une chance d’être réalisés, mais à Phnom Penh, métropole rutilante et avant-gardiste.

Un mouvement perpétuel

Les Affluents est un film en mouvement. Les personnages bougent sans cesse, évoluant d’un endroit à l’autre, notamment sur des scooters sillonnant aussi bien les zones rurales du Cambodge que les avenues grouillantes de Phnom Penh. Ce mouvement perpétuel des personnages a une valeur métaphorique puisqu’il souligne, en filigrane, les mutations contemporaines du Cambodge. Un pays qui offre de nouvelles perspectives à la jeunesse. Tel un anthropologue, Jessé Miceli observe ce ballet permanent avec une rigueur quasi documentaire. Précisons d’ailleurs que l’ensemble des acteurs sont des non-professionnels.

À mesure que le film avance, le spectateur se retrouve embarqué dans un voyage des plus oniriques où les scènes nocturnes s’enchaînent. Conte réaliste, Les Affluents révèle trois acteurs que la caméra de Jessé Miceli sublime : Songs Sek, Phearum Eang et Rithy Rom. Trois hommes qui symbolisent à merveille la jeunesse cambodgienne contemporaine. Un premier long-métrage d’une justesse remarquable et au charme évident. Envoûtant.

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