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(Re)Voir – « Flashdance » : L’essence des eighties

Flashdance - © Paramount Pictures
Flashdance - © Paramount Pictures

Diffusé sur CINE + EMOTION au mois de novembre, Flashdance est le film des années 80 par excellence. Kitsch ou brillant ? Alors que Paramount envisage un remake, le moment semble idéal pour se replonger dans ce film inégal, et pourtant culte.

Flashdance est de ces films au charme fou, qu’on aime malgré tous ses défauts. Dans la lignée de La Fièvre du Samedi Soir, ce conte de fée pop et rythmé a re-dynamisé le genre du film de danse, en l’ancrant dans son époque et ses codes. En 2020, Paramount annonçait vouloir adapter Flashdance en série. Quarante ans après sa sortie, l’histoire d’Alex garde une place particulière dans les esprits. Détruit par la critique et adoré du public, le film d’Adrian Lyne est rentré dans les annales et divise toujours.

Une mise en scène devenue légendaire

Il est un point sur lequel tous les avis s’accordent : la mise en scène de Flashdance est son principal atout. Jeu d’ombres, flash de lumière rappelant l’époque disco : la photographie du film est reconnaissable entre mille. Sublimée par un halo de lumière blanche, Jennifer Beals crève l’écran, magnifique rebelle du haut de ses 20 ans. Ces caractéristiques si particulières, Flashdance les doit d’abord à des contraintes techniques. Jennifer Beals n’étant pas danseuse, des doublures ont été utilisées pour toutes les scènes de danse, soit la grande majorité du film. Ce travail sur la lumière est le pur produit d’une époque sans effets spéciaux, où l’ingéniosité était le maître-mot pour venir à bout des difficultés techniques.

Mais cette patte si particulière est également la marque très affirmée du cinéma des années 80, avec ses films kitsch à la mise en scène hyper saturée. Visuellement, Flashdance impressionne, en proposant des scènes de danse novatrices et inoubliables, qui inspireront des centaines de films de danse par la suite.

Flashdance – © Paramount Pictures

La génération MTV

Au-delà de sa mise en scène, Flashdance est surtout resté dans les esprits pour sa bande son mythique, allant de « Flashdance… What a Feeling » d’Irene Cara à « Maniac  » de Michael Sembello. Tout autant de titres ayant côtoyé le top des classements et accaparé les chaînes de télé grâce au film d’Adrian Lyne.

En effet, si Flashdance est un symbole des années 80, le film est également, et surtout, un hommage visuel aux années de gloire d’MTV. Lancée en 1981, la chaîne américaine est souvent associée à l’avènement du clip musical. Ces vidéos de quelques minutes, écrites sur le modèle des courts-métrages, ont révolutionné l’industrie de la musique et le paysage télévisuel mondial. Dès les premiers instants, MTV rassemble des millions de fans dévoués, pour qui la chaîne deviendra une référence et même un guide de vie. Qui peut oublier le fameux I Want My MTV  ! Lors du lancement de la chaîne, ces mots retentissent sur les ondes :

«  Ladies and gentlemen, rock and roll  !  »

John Lack

Passer sur MTV devient l’objectif ultime pour les stars de l’époque et le public voue un véritable culte à cette chaîne pas comme les autres. À la sortie de Flashdance, de nombreux critiques noteront que le film est construit comme une succession de clips MTV. Cette parade se dévoile, au détriment de toute histoire, qui non contente d’être reléguée au second plan, est en fait quasi inexistante. On retrouve pour la énième fois l’histoire d’amour fusionnel de la jeune ingénue et de son riche patron. Aucun accent n’est mis sur la psychologie des personnages. Ici seule la surface et le superficiel comptent vraiment. 

Sur un tube pop, une petite histoire s’écrit. Puis une autre, et une autre encore. Ces clins d’œil témoignent de la tradition, établie dans les années 80, d’accompagner toute sortie de film de la sortie d’un clip tiré de sa bande son. Ce manque cruel de récit n’empêchera pas Flashdance de décrocher 4 nominations aux Oscars. Mais c’est sans surprise que les seules récompenses obtenues par le film célèbrent sa musique.

Flashdance – © Paramount Pictures

Les enfants terribles d’Hollywood 

Réalisé par Adrian Lyne (9 semaines 1/2, Lolita)  et produit par le duo Don Simpson et Jerry Bruckheimer (Top Gun, Bad Boys, Pirates des Caraïbes), Flashdance était, pour une partie de l’équipe, les débuts d’une longue histoire d’amour avec Hollywood. Alors très peu connus, leurs noms allaient bientôt être associés à certains des films les plus populaires des années 80. Cette aventure intense, teintée de scandale et d’excès, laissera derrière elle de nombreux blockbusters, se disputant les records d’entrées en salles.

S’il ne fallait trouver qu’un attrait à Flashdance, ce pourrait être celui de capter un moment, une ère hollywoodienne aujourd’hui révolue. Un peu vieilli mais toujours enthousiasmant, le film reste un classique à revisiter avec légèreté.

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