CINÉMA

FFA 2019 – « Sous son regard l’étincelle » : Coup d’oeil d’un photographe

© Philippe R. Doumic

Lors de la Nouvelle Vague, un photographe a approché les plus grandes stars de l’époque : actrices, acteurs, réalisateurs… Tous sont passés devant son objectif et certaines de ses photos ont fait le tour du monde. Pourtant son nom est tombé dans l’oubli. Retour sur l’un des plus grands photographes de cinéma : Philippe R. Doumic.

C’est avec une grande émotion que Laurence Doumic présente pour la première fois le film réalisé sur son père lors du Festival du film francophone d’Angoulême. Un film intime construit à la manière d’une enquête. Des recherches de plusieurs années pour arriver à un résultat assez incroyable : nous replonger dans le cinéma de la Nouvelle Vague.

Des stars en pagaille

Les visages sont familiers mais plus jeunes. Alain Delon, Catherine Deneuve, Lino Ventura… Ils sont tous là. Laurence Doumic raconte comment elle a retrouvé ces clichés, entreposés dans une pièce de la maison familiale. Une suprise pour elle qui va vite se tranformer en certitude qu’elle est en possession d’un trésor. La plus grande question se pose alors : « comment faire découvrir ces photos ? ». Car Philippe R. Doumic est une légende. Ses photos ont fait le tour du monde. La plus connue est étrangement non signée. En tout cas, elle l’est restée pendant longtemps. Jean-Luc Godard, lunettes de soleil sur le visage, cigarette entre les lèvres, regardant une pellicule. Elle fait souvent la couverture de livres sur la Nouvelle Vague, à juste titre, puisqu’elle représente à elle seule toute une époque. Une époque peut-être révolue où les stars se confiaient plus facilement. Où Doumic à pu entrer dans leur intimité, les prendre au volant de leur voiture, sur leur canapé, captant un regard plus naturel.

Tous les invités de ce film s’accordent sur ce point : rédacteurs aux Cahiers du cinéma, anciens agents de stars, anciens photographes… Philippe R. Doumic captait une facette particulière de toutes ces stars. Dans une anecdote, nous apprenons que même le très secret Jean Gabin engage le photographe pour prendre des photos de lui et de sa famille lors de vacances au bord de la mer.

© Philippe R. Doumic

Une reconnaissance tardive

Photographe expérimenté, Doumic est pourtant tombé dans l’oubli. Ou alors n’a-t-il jamais vraiment été connu à cause de sa discrétion ? Il a travaillé pendant plusieurs années pour UniFrance, un organisme chargé de promouvoir le cinéma français à l’étranger. Pourtant, ses clichés ne sont pas forcément signés.
Le film, comme à l’image d’une enquête policière, débute grâce à une découverte. En mars 2013, Sébastien Cauchon, co-réalisateur du film, achète une photo d’un très jeune Jean-Paul Belmondo. Aucune signature mais au dos se trouve le tampon officiel d’UniFrance et un nom, celui du photographe. Débute alors une longue recherche sur la carrière de ce dernier. Et un long voyage. Car aujourd’hui Philippe R. Doumic est même entré dans les archives des Oscars, côtoyant ainsi les photographes de stars de l’âge d’or d’Hollywood.

© Philippe R. Doumic

Avec un sujet aussi intime, on pourrait croire que Laurence Doumic et Sébastien Cauchon réalisent plus un film de famille qu’un documentaire. Mais ce n’est pas le cas. C’est une plongée, à travers les yeux d’un photographe talentueux, dans une époque révolue du cinéma, au temps des « monstres ».
Diffusé prochainement sur OCS, le documentaire est de la même gamme que les autres. Et vaut largement le coup d’oeil.

Impensable d’imaginer que toutes les photos de Philippe R. Doumic auraient pu rester secrètes. Comme le dit si joliment Sébastien Cauchon, le co-réalisateur, c’est lui qui a créé : « le plus beau générique du cinéma français. »

La bande annonce du film de Laurence Doumic et Sébastien Cauchon.

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