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Revoilà qui ? Bibi !

Les Français ne sont pas les seuls à s’être rendus aux urnes dans le courant du mois de mars. En effet, les Israéliens étaient appelés, le mardi 17 mars à renouveler les députés de leur unique chambre parlementaire : la Knesset. Celle-ci se compose de 120 députés, renouvelés par scrutin proportionnel plurinominal une fois tous les quatre ans. La nouveauté de cette élection, depuis la loi du 11 mars 2014, c’est le rehaussement du seuil électoral, qui passe de 2 à 3,25 % des suffrages. Cette élection s’est soldée contre toute attente par un succès pour le premier ministre sortant, Benjamin Nétanyahou.

Ces élections sont d’une importance capitale pour le pays, en effet ce sont celles qui détermineront la conduite de la politique de la nation pendant quatre années. Elles permettent de désigner le premier ministre : le dirigeant du parti, ou de la coalition majoritaire à la Knesset. C’est un rendez-vous politique important et les israéliens ont répondu présents avec un taux de participation de 72,36 %, ce qui représente plus de 4 millions d’électeurs.

A la sortie des urnes, et faisant mentir tous les sondages qui le donnaient perdant, c’est le premier ministre sortant Benjamin Nétanyahou et son parti Likoud qui sont sortis en tête des suffrages. L’autre surprise de ce scrutin législatif c’est la présence de la liste des partis arabes en troisième place. Le Likoud remporte ainsi une trentaine de sièges, déjouant les pronostics grâce notamment au durcissement de ton de son leader à la fin de la campagne. Cette manœuvre politicienne a sûrement permis à la droite nationaliste de Benjamin Nétanyahou de récupérer quelques voix aux partis qui faisaient campagne à sa droite.

L’Union Sioniste, la coalition formée par les travaillistes, essuie quant à elle un revers difficile. En effet son leader, Isaac Herzog, avait été donné vainqueur par tous les sondages et ce, durant la totalité de la campagne électorale. Les travaillistes ne remportent ainsi que 24 sièges.

La liste des partis arabes remporte elle 14 sièges au Parlement. Ayman Odeh, un avocat de formation n’ayant jamais eu accès à un mandat de député, menait cette liste qui avait une responsabilité certaine : regrouper tous les partis arabes, habituellement divisés du fait de leurs légères divergences idéologiques et de leurs ambitions. Ayman Odeh a fait campagne sur les droits des Arabes en Israël, ce qui a permis de récolter plus de 400 000 voix, et notamment celles de la jeunesse.

Mais ces scores sont loin d’être suffisants pour diriger le pays. En effet, la majorité à la Knesset est de 61 sièges, il faut donc que les partis israéliens réussissent à s’entendre pour former une coalition et ainsi avoir une chance d’obtenir cette majorité.

Sorti en tête des élections et voulant briguer un quatrième mandat à la tête du pays Benjamin Nétanyahou a réussi à convaincre et a ainsi réussi à obtenir une majorité à la Knesset. Réunissant au moins 67 des 120 parlementaires élus, il s’est entouré des députés de son parti, des deux partis nationalistes (Foyer juif, Israël Beiteinou), de deux formations ultraorthodoxes (Shass et Liste unifiée de la Torah) et du parti de centre droit Koulanou, de Moshe Kahlon.

Ce n’est donc pas un gouvernement d’union nationale qui dirigera le pays pour les quatre prochaines années, comme l’aurait pourtant souhaité Reuven Rivlin, le président israélien, mais bien Benjamin Nétanyahou, pour la quatrième fois, et cette fois-ci avec une majorité très à droite. On peut donc imaginer qu’il y aura peu de changement concernant la politique israélienne et ses différentes positions en matière internationale sur le nucléaire iranien ou la création d’un Etat palestinien par exemple.

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