MUSIQUE

Rencontre avec Alcest : “Shelter est un album beaucoup plus positif”

Le groupe de black metal Alcest vient de sortir un album post-rock intitulé Shelter. Avec sa pop contemplative, le duo français étonne en changeant ainsi de cap et joue sur nos sentiments. Rencontre avec le batteur Winterhalter.

Maze Magazine : Une première question assez simple. Pouvez-vous nous présenter “Alcest” ?

Winterhalter : Alcest, c’est d’abord le projet solo du chanteur Neige. Avec ce groupe, il veut exprimer des visions qu’il a eues lorsqu’il était enfant. Désormais, on essaie de transmettre ensemble cette expérience à travers la musique. C’est pour cela que l’on passe par différents styles. Cet album est beaucoup plus rock et positif.

Pourquoi avoir eu envie de passer au post-rock justement ?

On ne voulait pas refaire le même genre d’album, on voulait essayer quelque chose de différent. Dans Shelter, il y a des percussions, un quatuor à cordes, du vibraphone, du piano … On a vraiment essayé de se renouveler, c’est pour cela qu’on a enregistré cet album en Islande.

Comment en êtes-vous venus à enregistrer cet album en Islande ?

En travaillant sur les nouvelles compositions, on s’est rendu compte qu’on devait s’orienter vers un studio plus rock. Il nous fallait un son plus naturel. Se diriger vers le Sundlaugin Studio était une évidence, on adore toutes ses productions. Son propriétaire n’est autre que Birgir Jón Birgisson, le producteur du groupe Sigur Rós.

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Vous vous êtes rapprochés du son de Sigur Rós, cela ne rebute pas vos fans metaleux ?

Je pense que le milieu metal s’ouvre de plus en plus au post-rock. Donc la plupart de nos fans ont bien aimé, cela reste la même musique sauf qu’on la joue différemment. Mais c’est vrai que certains se sont moins retrouvés dans cet album. Shelter est moins lourd, sans chant hurlé, avec moins de distorsion.

Cet album, c’est clairement un moyen d’ouvrir son public. Est-ce que vous comprenez ceux qui trouvent cette démarche “commerciale” ?

Quand un groupe grandit, il y a à chaque fois ces critiques-là. Si on était un groupe commercial, on aurait refait le même album avec la même formule. On se serait pas cassé la tête.

.” Ce nouvel album, c’est la preuve qu’on fait toujours la musique qu’on aime.”

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Vous l’avez intitulé Shelter, ce qui signifie refuge en anglais. Pourquoi ?

Neige écoutait beaucoup les démos pendant notre tournée aux Etats-Unis. Ces chansons l’ont aidé à tenir le coup, d’où le choix de “refuge”. Vu que cet album est très positif, certaines personnes vont peut-être l’utiliser comme un abri. C’est aussi parce que l’on parle beaucoup de l’océan, c’est là où on aime se relaxer.

C’est pour cela que vous avez choisi une plage pour l’artwork de Shelter ?

Oui, et puis c’est la même démarche de changement. Tous nos précédents albums avaient des illustrations pour pochettes. On voulait donner un côté moins baroque, être plus moderne. Se délivrer, en quelque sorte.

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Artwork de "Shelter", quatrième album du groupe Alcest

Artwork de “Shelter”, quatrième album du groupe français Alcest
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Le changement, un thème qui revient souvent. Vous gardez tout de même votre style shoegaze, ce qui est rare dans le rock français.

C’est totalement vrai. Le français n’est pas une langue évidente à chanter, le shoegaze permet d’enlever la rudesse de certains mots. En articulant peu les mots, le chant devient une autre “couche”, une mélodie supplémentaire. Et puis, y a aussi des chansons sans texte …

Il y a aussi une chanson en anglais, la première du groupe. Pourquoi ?

Away” est une collaboration avec le chanteur du groupe Slowdive, le groupe préféré de Neige. Vu que Neil Halstead est anglais, on voulait pas le faire chanter en français. Et puis, c’est une chanson que tout le monde peut comprendre !

Dernière question : qu’est-ce que l’on peut souhaiter à Alcest en 2014 ?

On souhaite que l’album soit écouté et permette d’aider certaines personnes. Pour nous, ce serait de continuer à découvrir de nouveaux pays et profiter.

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Le groupe Alcest sera en concert le 2 février au Divan du Monde (Paris).

Auteur·rice

Antoine, 21 ans. Etudiant en journalisme à Lyon, passionné par la musique.

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