ART

L’Art et la Musique

Qu’est-ce que l’Art ? Littérature, peinture, sculpture, photographie, cinéma, performance, théâtre (de rue), cirque … Bien des activités permettent de mettre à profit une certaine créativité, un éveil particulier, s’exprimant sous toutes ses formes. N’en manque-t-il pas un ? La musique, cet art à part entière, accapare lignes et mots, par notes et arpèges. Mais pas seulement, puisqu’une industrie l’entoure. Ici, c’est plutôt le graphisme, de la pochette aux affiches qui nous intéresse. Ou bien les diverses inspirations que tel musicien a pu engendrer sur tel artiste. Parlons-en !

Depuis la Factory (rare sont ceux qui l’ignorent), la sérigraphie a autant servi à produire un art de masse, qu’à promouvoir de la musique. La Banane de Warhol pour le Velvet a fait de cet album le prestige. En effet, mis à part  les amoureux de Reed, de Cale et de leur bande, se souvient-on vraiment des autres albums du quintet ? Cette image simple, à la connotation délibérée, en a fait un symbole underground résolument pop, menée de front par un artiste talentueux. Forcément, cela a eu ses répercussions dans le futur. Assumés ou non, des artistes aujourd’hui suivent la ligne, dessinent et signent pour la musique. Chuck Sperry, est l’un d’eux. Ce sérigraphe rock collabore depuis 15 ans avec le son. D’un imaginaire colorée, explosant de détails, il rend hommage au milieu musical, ou si ce n’est un hommage, il en alimente l’image. Plus qu’un artiste, c’est un artisan de la précision, qui donne trait aux évènements, du simple concert aux festivals.
Le Californien suit de loin le chemin arty des 60’s. Dans son esthétique, l’esprit vagabond ne pourra s’empêcher de se tourner vers Lichtenstein pour les personnages. Non pas qu’ils soient similaires, mais cet aspect concis s’y réfère, ainsi que la beauté qui en émane. De Sperry au pop art, il n’y a qu’un pas. Une exposition de quelques mois lui est consacrée à Paris.
(jusqu’au 1/01/14 à la galerie l’Œil Ouvert, 75004, Paris)

Chuck Sperry pour Gogol Bordello

Chuck Sperry pour Gogol Bordello

Art et musique peuvent aussi être paradoxaux. Europunk : le punk au musée, le punk ancré dans l’establishment, le punk momifié. Il y a, soit de quoi s’en insurger, soit de quoi s’en amuser. Ce mouvement alternatif, aux images chocs ne se cherchait pas artistique, mais à contre courant d’un univers établi et codifié. Le voir entrer dans le panthéon de nos souvenirs, marque son échec et s’avère être une tentative avortée de faire bouger les choses. Malgré tout, nostalgiques et générations pour qui le punk résonne telle une légende, peuvent être attirés par ce déballage de reliques, bien vendu par La Cité de la Musique, qui a eu le bon goût d’orchestrer le tout à l’aide de concerts de qualité. Peut-on nier l’évidence ? La fibre créative de cette génération en marge des codes, autrefois forme d’une culture alternative, est devenue un mythe, un miroir effronté d’une réalité passée. Il pose une forme de beauté désespérée que l’on a encore la possibilité d’observer. On ne peut pas non plus cracher sur cette exposition, certes déplacée, et pourtant bourrée d’intérêt. Qu’en reste-t-il ? C’est ça qu’il faut se demander, en en entendant parler : des affiches, des habits, des photos, des propos, des pochettes et des disques.

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Tout ça lancé comme un pavé dans le passé ? “I don’t give a Fuck” comme dirait Peaches, tant que la musique reste.
(Exposition Europunk jusqu’au 19/01/14 à la cité de la musique)

Auteur·rice

En amour avec la diversité artistique, immergée dans les images et les sonorités, en quête d'une fameuse culture hybride, à la croisée des idées. Sur la route et sur les rails, entre la France et les festivals.

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